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Le producteur de granulés 3 Bois développe les distributeurs automatiques de vrac StationBois

Article paru dans le Bioénergie International n°76 de décembre 2021

Livraison de granulés en vrac à domicile, photo GBA

La société des Granulés de Bois d’Auvergne, connue sous sa marque 3 Bois, est implantée depuis mai 2016 sur l’ancienne base aérienne 277 de Varennes-sur-Allier, reconvertie en zone d’activités. Elle y occupe 15 000 m² de bâtiments pour sa chaîne de production, le stockage de ses matières premières et manufacturées, ses ateliers et son magasin d’usine. Après un peu plus d’un an d’installation, Michel Markiewicz et Florent Demonet, les deux associés, ont lancé la production en 2017. Avec la montée en puissance de leurs capacités de production, ils ont cherché à diversifier au maximum leurs canaux de distribution et ont entrepris de mettre au point et de commercialiser des distributeurs automatiques de granulés de bois en vrac, une manière de lutter contre l’utilisation des emballages en plastique dans nos sociétés.

Des associés qui ont de la bouteille

La presse à granuler CPM chez GBA, photo Frédéric Douard

Florent Demonet, 44 ans, est un ancien scieur de bois, donc le matériau de base et son commerce, il connaît bien. Le spécialiste des granulés, c’est Michel Markiewicz, 54 ans. En 2008, il est responsable de la conception et de la construction de l’usine EO2 à Saint-Germain-près-Herment, à l’est de Clermont-Ferrand. Il met l’usine en service, en assure la gestion puis en 2011, il passe directeur commercial chez Weya, la filiale de montage et d’exploitation de chaufferies clés en main d’EO2. Plus tard, il participe à la conception et la construction de l’usine Biosylva de Cosne-Cours-sur-Loire dans la Nièvre. Il met également cette usine en service et y sera responsable de production jusqu’à l’obtention des certifications EN+ et Din+. Suivront plusieurs audits d’usines de granulés avant qu’en 2014, l’enfant du pays revienne à Varennes, pour y monter cette usine de granulés avec Florent.

Un objectif de granulation à 40 000 tonnes par an

Durant la saison de chauffe 2020-2021, la production de granulés de l’entreprise a atteint les 20 000 tonnes. Aujourd’hui, avec les nouveaux investissements en cours, comme le second générateur d’air chaud, la capacité de l’usine va passer à 40 000 t/an, une production certifiée DIN + et EN +. L’ensemble de ces investissements, réalisé en grande partie avec des équipements d’occasion, se chiffre à près de 7 millions €.

Les matières pré-séchées, stockées dans un silo sur fond extracteur vibrant Vibrafloor

La production est réalisée en base avec de la sciure et des plaquettes de bois achetées dans les scieries de la Montagne bourbonnaise mais aussi de la Loire et du Puy-de-Dôme. Ces approvisionnements sont complétés par du bois rond depuis que l’entreprise a installé une ligne d’écorçage.

La difficulté du métier de granulateur de bois est de travailler des matières premières vivantes, donc hétérogènes, en toutes saisons, et de les transformer en un produit de qualité régulière. L’écorçage, la fraîcheur et la propreté des approvisionnements, le séchage, la rigueur des processus, les contrôles de suivi de la production, le criblage et l’entretien des machines sont autant de facteurs à maîtriser en permanence pour y parvenir.

Halle de séchage sur grilles RMIG chez BGA, photo Frédéric Douard

À Varennes, la chaîne des processus commence par l’écorçage des billons, le leur broyage, puis le séchage en mélange avec des autres sources d’approvisionnement arrivées en sciures ou plaquettes. Ce séchage, qui se doit d’être précis au degré près, se fait ici en deux étapes, ce qui donne une certaine souplesse à la chaîne de production. Les produits broyés et mélangés sont d’abord entreposés sur 2 000 m² de plancher séchant, équipé de grilles perforées, et alimenté en air chaud par un premier générateur fonctionnant aux déchets de bois, écorces notamment. Lors de cette étape, le bois va perdre de 15 à 20 % d’humidité. Ensuite, pour alimenter la chaîne de granulation, qui à partir de cette étape est en flux tendu, les matières pré-séchées, stockées dans un silo sur fond extracteur vibrant Vibrafloor de 112 m² avant d’être réduites à la fraction de granulation par un second broyeur.

Le deuxième générateur d’air chaud Villoria Otero chez GBA, photo Frédéric Douard

Le séchoir à bande chez GBA, photo Frédéric Douard

Ensuite, la matière passe dans un séchoir à bande, alimenté par un second générateur d’air chaud fonctionnant également aux déchets de bois. Ce séchage réalisé à basse température permet de limiter les apports énergétiques, conférant au granulé un bilan carbone plus favorable, et permet de produire un granulé dont la matière n’est pas altérée thermiquement.

En sortie de séchoir à bande, la matière ainsi prête alimente une presse de quatre tonnes de capacité par heure. Puis, les granulés sont refroidis, criblés et rejoignent une zone de stockage à plat, recouverte d’un béton lisse pour éviter toute pollution du produit par des poussières minérales. Les granulés seront une nouvelle fois tamisés soit sur la chaîne d’ensachage soit sur la chaîne de livraison en vrac, pour garantir le taux de fines exigé par les certifications et surtout par les utilisateurs.

Stockage à plat et crible chez GBA, photo Frédéric Douard

Une offre de distribution diversifiée

Pour maîtriser ses prix de vente, tout en préservant sa marge, la politique de l’entreprise est la vente directe. Ceci implique que l’organisation technique et commerciale de la société soit en capacité d’écouler 100 % de la production. Pour cela, les associés ont tablé sur tous les moyens possibles de vente directe.

Les deux camions souffleurs de granulés Transmanut de 3 Bois, photo Frédéric Douard

La vente à emporter à l’usine est le premier de ces moyens. Le magasin d’usine ouvert aux particuliers permet d’écouler un pourcentage non négligeable de la production, mais aussi de vendre d’autres produits complémentaires comme des bûches densifiées, les allume-feu, des barbecues et leurs consommables mais aussi des produits de paillage en bois déchiqueté.

Le sac volcan, photo GBA

Concernant les sacs, la volonté de l’entreprise est d’en limiter la consommation. Pour cela, l’équipe commerciale a développé un sac réutilisable permettant des achats en vrac. Et comme ce sont très majoritairement soit des femmes soit des personnes âgées qui font les courses et qui alimentent les poêles, il fallait réfléchir à des contenants différents des sacs classiques de 15 kg et pas faciles à empoigner. Après de longues investigations, la solution choisie a consisté à créer et fabriquer localement des sacs de 15 litres, soit de 10 kg, avec poignées confortables, et avec une grosse base afin qu’ils ne se renversent pas dans les coffres de voiture. Et pour leur donner une identité locale et reconnaissable, ils ont été appelés Sacs Volcans© !

Pour la livraison à domicile, l’entreprise dispose de trois camions à plateau bâché avec hayon et chacun un transpalette tout terrain. Pour les livraisons en vrac soufflé, elle dispose de deux camions avec pesée embarquée : un porteur de 12 tonnes de capacité équipé pour du granulé et un porteur de 14 tonnes pouvant s’équiper d’un caisson souffleur de granulés ou d’un caisson souffleur de plaquettes. En effet, l’entreprise ayant les capacités techniques de broyage du bois rond pour sa production de granulés, elle propose également le bois déchiqueté à la livraison pour les chaufferies. Cette fourniture réalisée en plaquettes séchées et dépoussiérées peut également se faire en fond mouvant ou en benne. Elle représente 15 000 tonnes à l’année. Pour sa fourniture en vrac, l’entreprise s’est faite certifiée Chaleur Bois Qualité CBQ+ ISO 9001, afin de mettre en valeur son service de qualité garantie.

Le caisson souffleur de plaquettes Transmanut de 3 Bois, photo GBA

90 % de la production de granulés est pour l’instant vendue en sacs, notamment suite au développement de la livraison à domicile sur palette, ou demi-palette, une offre qui séduit fortement étant donné la faible trésorerie disponible chez les consommateurs de la région. L’ensemble de ces livraisons se fait dans un rayon de plus de 150 km autour de Varennes.

Pour assurer ses missions de production et de distribution, l’équipe 3 Bois est forte de 22 personnes : 12 à la production, 4 aux livraisons, 4 sur les services et 2 administratifs.

Les Stations Bois

StationBois, photo GBA

Pour diversifier encore plus leurs capacités de distribution, et encore une fois limiter la production de sacs jetables, Michel et Florent ont mis au point un distributeur qui délivre les granulés en vrac en libre-service.

Trois ans de développement et de tests ont été nécessaires pour proposer les Stations Bois. Réapprovisionnées pour l’instant en totalité par les granulés de Varennes, elles ont vocation à être vendues sur l’ensemble du territoire français. En septembre 2021, six distributeurs étaient déjà implantés dans l’Allier, l’Indre et le Puy de Dôme : chez Auchan à Châteauroux et à Domérat (Montluçon), chez E.Leclerc à Bellerive (Vichy) et à Avermes (Moulins), au Carrefour de Ménétrol (Riom) et au Cora de Lempdes.

Ces machines sont destinées à servir 300 clients consommant environ 150 tonnes par an, idéalement 300 tonnes lorsqu’elles atteignent leur pleine capacité.

Utilisation des Stations Bois

Il faut d’abord choisir le nombre de doses de granulés souhaitées, des doses de 15 litres, puis deux options se présentent : avec ou sans les sacs réutilisables vendus par la Station Bois. Dans le second cas, il faut bien sûr prévoir ses propres contenants ou revenir avec les sacs réutilisables acquis précédemment.

Doses de granulés délivrées par une StationBois en sac Volcans, photo BGA

Suite au paiement sur le terminal de la Station, par carte bancaire ou sans contact (NFC Apple Pay ou Android Pay en s’identifiant grâce à un QR-code), il ne reste plus qu’à placer le contenant sur le support situé sous la goulotte de distribution et qu’à appuyer sur le bouton Distribution.

Granulés emballés, photo GBA

La dose est délivrée en une seule fois et il faut répéter l’opération autant de fois que le nombre de doses commandées.

Contacts :

Frédéric Douard, en reportage à Varennes-sur-Allier

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