Un bon niveau de cogénération pour les 150000 t de bois du projet DRT à Veille-St-Girons

Le site de DRT à Vielle Saint-Girons dans les Landes, photo DRT

Le projet de cogénération biomasse de Veille-Saint-Girons dans le département des Landes rassemble les entreprises DRT (Dérivés Résiniques et Terpéniques), Cofely, Caisse des dépôts et Solarezo (Producteur d’énergie). Il vient d’être retenu parmi les 15 dossiers de l’appel à projets du gouvernement français dit CRE 4.

Le projet s’est bâti autour de l’entreprise DRT qui depuis 1932, en plein massif landais, valorise la colophane et l’essence de térébenthine obtenus par distillation de la térébenthine, résine huileuse naturelle extraite par le gemmage des pins. Le souhait de DRT est en effet de substituer les consommations d’énergies fossiles de son usine de Vielle-Saint-Girons, tout en valorisant ses sous-produits. Une société projet, nommée BIOMASS ENERGY SOLUTIONS VSG, devrait être mise en place entre les quatre protagonistes pour financer, construire et exploiter l’installation pour une durée minimale de 20 ans.

L »installation, dont l’investissement a été estimé à 55 millions €, devrait entrer en service en 2014. Elle produira de l’électricité vendue sur le réseau et de la vapeur vendue à DRT. Elle permettra de substituer totalement la consommation d’énergie fossile consommée par le site à l’exception des périodes d’arrêt de la cogénération.

Un projet énergétiquement assez  performant
L’efficacité énergétique globale prévue est de 67%, soit 97 GWh d’électricité et 214 GWh de chaleur produits à partir de 460 GWh de biomasse. Ceci est supérieur au minimum requis par l’appel à projet ou à ce qui est exigé des cogénérations au gaz naturel (60% minimum dans les deux cas). Notons néanmoins qu’il est possible de faire mieux, en tendant vers les 80%, mais cela exige des règles du jeu qui ne sont malheureusement pas d’actualité en France.

Pour augmenter le rendement énergétique et environnemental d’une centrale de cogénération étant connue la consommation de chaleur, il est possible d’agir sur deux variables :

  • à production électrique constante, ce qui est demandé actuellement en France pour des raisons de gestion du réseau électrique, il faut baisser la puissance électrique pour diminuer la part de chaleur perdue, un acte vertueux qui n’est pas encouragé par le système actuel de vente d’électricité subventionnée. Tout le dilemme du producteur réside en effet dans le prix de l’électricité, qui plus il est élevé, plus il lui permettra de jeter de la chaleur en augmentant ses recettes !
  • adapter en permanence la production électrique aux besoins thermiques, ce qui est de loin la meilleure solution environnementale puisque dans ce cas, il n’est pas de moment où l’on produise de l’électricité sans avoir besoin de toute la chaleur ! La production électrique est donc exactement proportionnelle à la production thermique, et il n’y a pas de perte par dispersion volontaire de la chaleur ! La limite de ce système de gestion peut venir ici, d’une part que l’investisseur ne valorise pas en permanence 100% de son investissement puissance, d’autre part qu’il perde de l’argent dès que la valeur d’électricité non-produite dépasse le coût de la chaleur qu’il n’a pas voulu jeter et enfin des exigences de gestion de l’acheteur d’électricité.

Trancher la question du choix de l’efficacité énergétique en l’absence de règles d’éthique environnementale contraignantes n’est donc pas simple, et il est clair qu’en attendant cela, c’est presque uniquement le prix de l’électricité qui dicte le niveau d’efficacité à instaurer.

Côté emploi

Le projet devrait générer une quinzaine d’emplois directs sur le site et environ 35 dans la filière bois-énergie locale. Car loin de suffire à l’alimentation en combustible, les sous-produits de DRT ne représentent que 10% de la fourniture de combustible. Le complément majoritaire sera composé d’écorces, de billons de tempête, de bois scolytés, de souches, de rémanents et de plantations énergétiques provenant du massif landais. Cette fourniture sera assurée par Solarezo, également connue pour ses parcs photovoltaïques, et qui deviendra également pour l’occasion actionnaire de la société.

Laurent Giraud, Président de Solarezo a déclaré : « Solarezo a fait le choix stratégique de contribuer à l’émergence au niveau régional d’une nouvelle filière bois-énergie respectueuse des usages préexistants de la ressource forestière et des sylviculteurs aquitains. Nous offrirons des combustibles biomasse-énergie élaborés sur notre plateforme d’Ygos-Saint-Saturnin dans les Landes et l’approvisionnement de ce très beau projet CRE 4 de Vielle-Saint-Girons va constituer la colonne vertébrale de notre déploiement stratégique. »

>> Résumé des chiffres clés

  • Chaudière AET de 33 t/heure de vapeur et 18,5 MWé
  • Production électrique : 18,5 MWé
  • 55 M€ d’investissement
  • 50 emplois directs et indirects créés
  • 150.000 t/an de biomasse valorisées
  • 9 M€/an dans la filière bois-énergie locale
  • Production de 97 GWh d’électricité et 214 GWh de vapeur
  • Plus de 60 % d’efficacité énergétique

Frédéric Douard, Bioénergie International


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Frédéric DOUARD

Frédéric DOUARD : rédacteur en chef du magazine Bioénergie International, animateur du Portail francophone des bioénergies. Pour me contacter : fdouard arobase bioenergie-promotion.fr

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1 réponse

  1. Simon Gaillard dit :

    Si l’affaire a été subventionnée au titre du Fond Chaleur à 40 %, il s’agirait donc de 22 M€. Si l’aide n’avait été d’1 M€ de moins, très probable que le projet se serais fait aussi. A 1 € / W ds les petites puissances, avec 1 M € et le même %tage d’aide, une dizaine de projets de 200 kW auraient vu le jour.

    Il reste que voilà un projet au rdt global élevé.

    simon.gaillard@gmail.com