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Saumur Énergies Vertes : produire et distribuer localement du biométhane et du bioGNV

Article paru dans le Bioénergie International n°80 de septembre 2022

Touristes allemands à la station bioGNV de Saumur durant l’été 2022, photo SEVE

La société Saumur Énergies Vertes (SEVE) a été créée en 2017 par trois associés à parts égales : Lucien Gerbier, dirigeant de LBG Environnement, entreprise spécialisée dans le compost, et d’Anjou Bois Energie, deux entreprises domiciliées à Cizay-la-Madeleine dans le département de Maine-et-Loire ; la SémA-E, société d’économie mixte détenue en majorité par la Communauté d’agglomération Saumur Val de Loire, elle intervient dans la collecte et le traitement des déchets ; et Agriopale Services, société des Hauts-de-France qui exploite plusieurs plateformes de compostage, unités de méthanisation et stations bioGNV. L’originalité de SEVE est d’avoir d’emblée porté ensemble les projets de production et de distribution de biométhane pour aller jusqu’au consommateur en matière de mobilité et offrir sans plus de délai un service local alors inexistant. L’unité de production est située dans le village de Chacé, sur la commune de Bellevigne-les-Châteaux, au sud de Saumur, et la station bioGNV au rond-point du Carrousel à Saumur même.

Le projet de méthanisation

La production de biométhane a débuté le 1er septembre 2020 avec un débit d’injection moyen de 200 Nm³/h dans le réseau GRDF. Le passage à 300 Nm³/h est d’ores et déjà prévu pour 2023.

Les investissements se sont montés à 4,6 M€. Ils sont portés à 50 % par la SEM, pour l’achat du terrain et ses équipements, et à 50 % par Saumur Biométhane, une société à 50/50 entre LBG Environnement et Agriopale, pour ce qui concerne les équipements d’exploitation. L’ingénierie de la production de biogaz a été réalisée par Agriopale de par son expérience depuis 2015. La construction a été confiée à la société BioConstruct.

Depuis la gauche, Lucien Gerbier, président de SEVE, Cédric Maubuisson, responsable d’exploitation et Valentin Naud, responsable du site, photo Frédéric Douard

Ce projet réalisé en milieu urbain a rencontré des interrogations et même des craintes de la population, ce qui a conduit à le localiser en zone industrielle. Sa construction a duré un an à partir de juillet 2019. Notons que, Cédric Maubuisson, le responsable d’exploitation, titulaire d’un diplôme universitaire en méthanisation obtenu à Bar-le-Duc, a été embauché dès le début de la phase de travaux, pour suivre ceux-ci et pour se former à l’exploitation qui allait suivre. Autre particularité du projet, les personnels d’exploitation sont mutualisés au sein du parc d’unités de méthanisation d’Agriopale. Ainsi, Cédric est responsable de trois sites de production de biogaz, celui de Saumur et deux autres dans le Pas-de-Calais, Quelmes Énergie et Landacres Énergie. Le suivi des achats et de la biologie sont également mutualisés entre les sites du groupe nordiste. Sur le site de SEVE, Valentin Naud, titulaire d’un Certificat de spécialisation Responsable d’unité de méthanisation de la première promotion de Laval, assure le fonctionnement quotidien.

Les cuves de digestion et de stockage de digestat chez SEVE, photo Frédéric Douard

La production du biogaz

Incorporateur des intrants solides à l’unité de méthanisation de Chacé, photo Frédéric Douard

Agitateur à pales sur le digesteur de l’unité de méthanisation de Chacé, photo Frédéric Douard

Pour assurer la production, une ration de 30 tonnes de biomasse est actuellement nécessaire quotidiennement. Elle est constituée de résidus agricoles, de restes de fruits et légumes, de plantes épuisées, de liquides agro-alimentaires, de mycélium de champignons et de déchets verts. Ces produits sont collectés localement auprès d’agriculteurs, de maraîchers et d’entrepreneurs. Cette ration est diluée avec de l’eau claire récupérée sur la plateforme, sans recirculation. En 2023, pour le passage à 300 Nm³/h, la ration passera à 45t/j, par ajout de CIVE et de nouveaux produits agro-alimentaires.

La production de gaz vert est réalisé sur un terrain de 10 000 m². Un bâtiment de 1 000 m², fermé et avec traitement d’air par lavage acide, accueille les matières solides avant incorporation. Le lavage acide a été préféré aux biofiltres pour le gain de place et l’investissement moindre (80 k€). Les intrants liquides sont réceptionnés dans quatre cuves de 100 m³ enterrées et brassées.

Après passage dans une fosse d’hydrolyse enterrée de 640 m³, la digestion est réalisée dans deux digesteurs de 2800 m³. Une chaudière de 250 kW fonctionnant au biogaz permet de maintenir la température des digesteurs lorsque cela est nécessaire.

Les pompes de circulation du digestat de l’unité de méthanisation de Chacé, photo Frédéric Douard

En fin de cycle, le digestat est passé au séparateur de phase afin de pouvoir gérer plus facilement les épandages qui ne sont pas réalisés à proximité immédiate du site. Le digestat liquide est stocké dans une cuve couverte de 5 000 m³.

La purification du biogaz par Arol Energy

L’unité de purification installée à Chacé a été fabriquée dans la vallée du Rhône en France. D’une capacité de 300 Nm³/h de biométhane, elle est dimensionnée pour pouvoir évoluer vers une capacité de 400 Nm³/h par simple ajout de membranes.

La conception mise en œuvre par Arol Energy permet de récupérer le maximum de chaleur possible de l’unité de purification, sur le compresseur mais également sur le groupe froid. La chaleur ainsi récupérée permet de réduire de manière significative la consommation en biogaz de la chaudière pour le chauffage les digesteurs et permet d’injecter plus de biométhane sur le réseau.

Les équipements de purification du biogaz mis en place par Arol Energy, photo Frédéric Douard

La sécurité est également au cœur de la conception d’Arol Energy avec la mise en place d’équipements exclusivement certifiés ATEX et d’une ventilation forcée en continu assurée par deux ventilateurs redondants. Avec ses nombreux détecteurs de gaz, et ses nombreux détecteurs de fumée reliés à une centrale de détection incendie, cette unité ne fait aucun compromis sur la sécurité. Le contrôle semestriel réglementaire de ces organes de sécurité est intégré aux prestations de maintenance préventive.

Depuis le début de l’injection à Chacé, les équipes d’Arol Energy assurent toutes les opérations de maintenance préventive et répondent au téléphone en cas de besoin. Grâce à son système de supervision en local et à distance, les ingénieurs d’Arol Energy diagnostiquent et résolvent la plupart des problèmes à distance. Lors d’une panne d’équipement, un technicien de maintenance est envoyé sur site.

Intervention d’un technicien biométhane, photo Arol Energy

Fort de son expérience, Arol Energy a mis en service, à ce jour, 35 unités qui injectent du biométhane sur le réseau gazier français. L’entreprise propose également une seconde technologie d’épuration, par lavage aux amines, avec le plus haut rendement et la plus faible consommation électrique du marché. Son produit AE-Amine a démontré ses performances avec une référence qui tourne depuis plus de cinq ans.

La station bioGNV

L’utilisation du bioGNV contribue à répondre efficacement au défi majeur de la transition énergétique et à préserver la qualité de l’air. Le bioGNV réduit en effet de 80 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux carburants fossiles. De plus, il améliore significativement la qualité de l’air puisqu’il permet aussi de réduire de 95 % les émissions de particules fines et de 50 % les émissions d’oxydes d’azote par rapport à la norme antipollution Euro 6 !

La station SEVE à Saumur photo Frédéric Douard

Carte d’abonné à la station bioGNV de SEVE, photo Frédéric Douard

Un autre avantage du bioGNV est son prix attractif. En effet, le kg de gaz, qui correspond environ à un litre d’essence, est ici vendu à seulement 1,4 €, prix public. Un tarif abonné, encore plus avantageux, est appliqué pour les clients réguliers. Il est dégressif et déterminé en début d’année en fonction de l’estimatif de consommation du véhicule. Il faut pour cela être équipé en véhicule à gaz naturel. Pour les poids lourds, l’achat d’un véhicule au gaz est aujourd’hui encore 20 % plus cher qu’un véhicule diesel, un différentiel compensé par les économies réalisées sur l’achat du carburant. Quant aux véhicules légers, ils ne coûtent désormais pas plus cher à l’achat. Lucien Gerbier signale également que des mécanismes ont été mis en place pour compenser ces surcoûts d’investissement : carte grise véhicule GNV gratuite, sur-amortissement de 140 %, aides au financement… et il ajoute : « un moteur GNV est moins bruyant qu’un moteur diesel, une caractéristique appréciable pour les conducteurs mais aussi pour les riverains notamment lors du passage des bennes à ordures ménagères le matin ou la nuit. »

La station bioGNV de Saumur est ouverte depuis janvier 2020. Elle permet de valoriser localement le biogaz produit par le méthaniseur de Chacé, par le jeu du dispositif des garanties d’origine. Première à avoir ouvert dans le Maine-et-Loire, elle accueille aujourd’hui chaque jour une vingtaine de véhicules, particuliers, utilitaires et poids lourds. « Notre objectif est d’atteindre les 25 camions par jour à la pompe afin de rentabiliser la station », précise Lucien Gerbier. Notons que de nombreux vacanciers de passage en Anjou, et notamment d’Europe du nord, ont été heureux de retrouver leur carburant préféré durant cet été 2022 !

L’un des deux compresseurs de gaz à la station bioGNV de SEVE, photo Frédéric Douard

La collectivité, au travers de la SEM, a joué un rôle important pour mobiliser des utilisateurs de gaz et pour mettre en place cette offre de gaz vert et local. Des bus et camions à ordures de la collectivité, ainsi que des flottes d’entreprises locales amorcent cet usage d’un carburant local et renouvelable. Et bien entendu, le parc des véhicules de LBG Environnement et d’Anjou Bois Énergie sont en cours de conversion complète au gaz vert.

Petite contrainte encore de mise avec les équipements actuels, c’est l’autonomie des véhicules qui est réduite par rapport au diesel. Le retour d’expérience affiche 550 km d’autonomie pour un camion avec semi-remorque ou pour un porteur avec remorque, au lieu de 1000 km avec du gazole.

Notons aussi en passant que la station du Carrousel héberge un grenier de distribution automatique de granulés de bois.
L’investissement de la station s’est monté à 1,3 M€ pour trois pompes, alimentées par deux compresseurs de 110 kW à partir du réseau GRDF.

Les bonbonnes de stockage tampon de gaz compressé à la station bioGNV de SEVE, photo Frédéric Douard

Signalons enfin deux choses. Tout d’abord, la station du Carrousel héberge aussi un grenier de distribution automatique de granulés de bois. Sinon, le groupe Agriopale, en plus de la station de Saumur, développe un réseau de stations bioGNV sous la marque GAZIE, pour l’instant dans le Nord et le Centre de la France.

Et pour conclure, que les initiatives de Lucien Gerbier, précurseur infatigable des bioénergies, continuent de servir d’exemple, car la transition énergétique c’est maintenant !

Grenier de distribution automatique de granulés en vrac à la station bioGNV de SEVE, photo Frédéric Douard

Contacts :

Frédéric Douard, en reportage à Chacé et Saumur


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