Le réseau de chaleur de Chambéry opère sa transition énergétique avec le bois

Informations clés – Réseau de chaleur Croix-Rouge – Combustible : 14 000 tonnes de bois déchiqueté – Chaudière bois COMPTE R de 7 MW – Eau surchauffée à 140°C – Besoins couverts par le bois : 4 000 équivalents logements ou 32 000 MWh/an – Rejets de particules limités à 20 mg/m3 à 11% d’O2 – Mise en service : 2011 – Investissement : 5,2 M€ – Délégataire : Cofely – Article paru dans Bioénergie International n°22 de décembre 2012 – janvier 2013
Chaufferie bois de Chambéry le Haut Croix Rouge, photo Ville de Chambéry

Chaufferie bois de Chambéry le Haut Croix Rouge, photo Ville de Chambéry

Le réseau de chaleur de Chambéry est en France un grand réseau. Avec ses 60 km et ses 200 MW répartis sur trois chaufferies (Bissy, Bassens et Croix-Rouge), il dessert aujourd’hui près de 25 000 équivalents logements en livrant 220 000 MWh/an. Il a successivement été alimenté au fioul lourd, au charbon puis au gaz.

La chaudière Compte R. de Chambéry, photo F. Douard

Une réflexion sur sa diversification énergétique a été lancée par la ville en 2005 sous l’égide de Henri Dupassieux, 3ème adjoint au Maire de Chambéry, chargé du développement durable, des économies d’énergies dans l’habitat et les bâtiments communaux, des concessions. La première diversification a vu le jour en 2008 avec le raccordement au réseau principal de l’unité de valorisation énergétique de Chambéry Métropole, alimentant alors 25% des besoins avec ses 16 MW de capacité. Et moins de 3 ans après en 2011, la ville et son délégataire, le SCDC filiale de Cofely, mettaient en service la chaufferie bois de la Croix Rouge sur le petit réseau nord de Chambéry-le-Haut, permettant à la ville d’atteindre les 38 % d’énergie de récupération et d’énergie renouvelable dès 2013.

La chaufferie bois de la Croix Rouge, une chaufferie citadine, obligatoirement irréprochable

  • Une chaudière COMPTE R. de 7 MW en eau surchauffée à 140°C
  • Besoins couverts par le bois : 4 000 équivalents logements ou 32 000 MWh/an
  • Traitement des fumées : cyclone et filtre à manches (rejets<20 mg/m3 à 11% d’O2)
  • Intégration paysagère et limitation des nuisances sonores pour les riverains
  • Silo à manutention automatique par grappin, avec autonomie de 3 jours
  • Investissement : 5,2 M€

L’échangeur haut à tubes de fumée avec ses ramoneurs pneumatiques, photo Frédéric Douard

Le filtre à manches Tecfidis de Croix Rouge, photo Frédéric Douard

Cette chaufferie bois intègre les équipements les plus performants en termes de combustion et de filtration des poussières. La chaudière a été fournie par le constructeur auvergnat COMPTE R. qui construit ces modèles de chaudières spécifiques en pression sur son site de Cestas près de Bordeaux. Dans ces modèles de chaudières, l’eau d’alimentation est chauffée dans deux échangeurs successifs : le premier à tubes d’eau verticaux à membranes juste au dessus du foyer (partie parallélépipédique rouge) puis à tubes de fumée horizontaux (partie cylindrique métallisée). Cette décomposition avec chambre secondaire tube d’eau permet de diminuer très fortement la charge thermique globale et de par la mise en place d’un apport d’air étagé de diminuer fortement les rejets gazeux (principe bas CO et bas NOx).

Cela marche parfaitement puisque sur cette première installation les objectifs sont plus qu’atteints avec des rejets en NOx < 300 mg/Nm3 à 6 % d’O2 (ou 200 mg/Nm3 à 11% d’oxygène) pour des teneurs en CO < 100 mg/Nm3 à 6% d’O2 et des poussières < 10 mg/Nm3 à 6% d’O2. Ceci bien entendu sans conséquence sur le rendement global qui atteint des valeurs comprises entre 87% à allure nominale et 90% aux allures partielle (25 à 50%). Les émissions de la chaudière sont contrôlées par une régulation fine de la combustion et par deux filtres successifs : un filtre multicyclone COMPTE R. et un filtre à manches TECFIDIS pour limiter l’émission de poussière, ici à Chambéry à moins de 20 mg/Nm3 d’air à 11% d’oxygène, soit 2,5 fois moins que les exigences réglementaires.

Les cendres de grille sont transportées par voie humide vers une benne et les poussières du filtre à manches sont collectées en voie sèche dans des big-bags.

La sortie des cendres de grille en voie humide et des poussières en sacs, photo Frédéric Douard

Mais la principale particularité de cette chaufferie est que la livraison se fait dans le bâtiment portes fermées, et ceci pour éviter toute gêne sonore ou de poussière aux habitations présentes dans l’immédiat voisinage de la chaufferie. Et pour atteindre cet objectif, en plus du hall de déchargement des camions qui se ferme totalement à la réception du bois, des matériaux à forte atténuation acoustique ont été utilisés dans la construction du bâtiment, des silencieux ont été placés à toutes les bouches de ventilation et même le grappin n’est programmé pour ne travailler qu’entre 7 et 23 h. Tous ces dispositifs font que de l’extérieur, aucune activité n’est perceptible.

Un grappin gère automatiquement l’alimentation de la chaudière, photo FD

Les étapes suivantes

Une seconde chaufferie bois de 16 MW est prévue sur le réseau principal pour entrer en service début 2015. Elle sera installée à la chaufferie de Bissy et consommera plus de 20 000 tonnes de bois supplémentaires dès 2015 et plus de 30000 tonnes après 2019. A la demande de la ville, le bois ne devra pas parcourir de distances supérieures à 100 km au-delà des limites de la Savoie. Cette seconde chaufferie bois permettra cette fois de monter le taux de couverture renouvelable du réseau à plus de 60%, ce qui permettra de faire bénéficier les abonnés du réseau d’un taux réduit de TVA de 5.5 % sur une partie de la facture, leur permettant ainsi d’économiser 10% sur leur facture globale de chauffage.

D’autres réflexions sont en cours pour la suite puisque la volonté de la ville est de tendre vers un réseau zéro carbone : d’autres valorisations de ressources locales, la création de centrales solaires thermiques raccordées au réseau et pourquoi pas une centrale de cogénération biomasse.

Frédéric Douard, en reportage à Chambéry

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