Dans le département du Gard, promouvoir le bois-énergie pour soutenir la filière forestière

Article paru dans le Bioénergie International n°71 de mars 2021

La chaufferie bois de l’hôpital d’Alès a été mise en service en 2011 avec deux chaudières Compte R. totalisant 1,6 MW, photo Frédéric Douard

Le Gard, 745 000 habitants, est un département qui s’étend de la Camargue aux sommets des Cévennes. Connu pour son offre touristique exceptionnelle et ses produits agricoles de caractère, c’est aussi un département boisé. Sa forêt, qui avait presque disparu à la fin du 18ᵉ siècle pour subvenir aux besoins énergétiques de l’industrie et pour le boisement des mines de charbon, est aujourd’hui en croissance naturelle rapide. Ceci est le fruit de la forte déprise agricole du début du vingtième siècle, elle couvre aujourd’hui 37 % du territoire et continue de croître au point de constituer une nouvelle opportunité écologique et économique.

Le bois-énergie, moteur de la sylviculture et énergie renouvelable

L’accroissement forestier du département du Gard, comme celui de tous les départements de la zone méditerranéenne française, est bien supérieur à la récolte par manque de débouchés pour le bois. C’est donc dans le but de donner à cette nouvelle forêt des capacités futures de production de bois d’œuvre de qualité, mais aussi pour prendre part à la lutte contre le changement climatique par l’utilisation d’énergies renouvelable, qu’en 2002 a été créé la Mission bois-énergie. D’abord portée par l’Agence Méditerranéenne de l’Environnement, puis par le service Environnement du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon, elle a été reprise en Lozère et Gard, par les CCI de Mende, Nîmes et Alès dès 2005.

La forêt Gardoise à Cendras, photo Commune de Cendras

La Mission bois-énergie Lozère et Gard a été pilotée durant dix ans par l’équipe lozérienne. Puis en 2015, les CCI de Nîmes et d’Alès se sont dotées de leur propre service, deux ans tout juste avant de fusionner en une seule CCI du Gard. Depuis la création de la région Occitanie, la Mission a rejoint le réseau régional des treize structures bois-énergie de la nouvelle région et s’est élargie à la chaleur renouvelable dans son ensemble.

La mission chaleur renouvelable du Gard (MCR 30)

Analyses d’opportunités de la CCI du Gard

Depuis son origine, ce service public, aujourd’hui financé par l’agence de la transition écologique, l’Union Européenne et la région Occitanie a pour but d’apporter une information et des conseils objectifs gratuits aux porteurs de projets, personnes morales publiques et privées. Elle mène une action prospective vers les différents secteurs de consommation d’énergie et réalise des études d’opportunité techniques et économiques. Elle apporte une assistance aux démarches administratives. Enfin, elle assure le suivi des installations réalisées et comme toutes les structures du réseau, elle renseigne l’Observatoire Régional du Bois Énergie d’Occitanie.

Depuis début 2020, la MCR 30 est partie prenante du Contrat de Transition Écologique du Pôle d’Équilibre Territorial et Rural Causses et Cévennes pour lequel elle réalise un inventaire des installations communales de production de chaleur collective. Cet inventaire a permis déjà à quelques municipalités de lancer des investissements.

Parmi les dernières actions en date, citons aussi une analyse d’opportunité multi-sites réalisée pour le Conseil Départemental, et qui a débouché sur la signature d’un Contrat Patrimonial avec l’ADEME. Celui-ci permettra de faire abonder le fonds chaleur pour la conversion à la biomasse d’une douzaine de bâtiments du CD30, majoritairement des collèges.

La filière des combustibles bois-énergie

Le second axe d’intervention de la MCR 30 concerne la structuration des filières d’approvisionnement avec notamment la prospection et l’accompagnement des producteurs & fournisseurs de bois déchiqueté. Sur ce sujet, la MCR 30 réalise également un travail d’évaluation et de suivi de la ressource en bois.

Une tarente, ou gecko des murs dans le silo de la chaufferie communale de Cendras dans le Gard, photo Frédéric Douard

Et pour connaître au mieux les capacités et les besoins des professionnels gardois des combustibles bois, la MCR 30 réalise chaque année une enquête sur la production et le négoce de bois déchiqueté dans le Gard. En 2021, elle recense dix entités dont la capacité de broyage a atteint les 150 000 tonnes sur l’année. Ces professionnels s’appuient sur une capacité de stockage sur plateformes de 40 000 tonnes en instantané, sans tenir compte des rotations.

Ferropem à Laudun est le plus gros consommateur de plaquettes de bois du Gard, photo Frédéric Douard

Signalons aussi parmi les actions visant à améliorer la qualité de service, l’adhésion d’un premier producteur de bois déchiqueté et distributeur de granulés, Gard Bois, à la charte de qualité régionale QBEO.

Les consommateurs de bois déchiqueté

Le département n’est pas un grand territoire pour les chaufferies automatiques à bois et en dehors de la papeterie de Tarascon qui borde le département à l’Est, la consommation industrielle de bois-énergie y est très faible. L’absence de bois d’œuvre de qualité et la compétition économique de ces dernières décennies y ont eu raison de la plupart des activités de transformation du bois. Ce sont donc d’autres secteurs qui doivent relancer aujourd’hui la machine forestière, en attendant le retour du bois d’œuvre et qui pourra se reconstituer progressivement avec l’aide d’une sylviculture financée en partie par le développement du bois-énergie.

La chaufferie urbaine d’Alés, photo Frédéric Douard

Le premier à avoir enclenché cette dynamique, c’est le Parc National des Cévennes en 2005, en installant une chaudière automatique à bois déchiqueté à la maison de l’Aigoual à Valleraugue. Quinze ans après, la zone des Cévennes reste la plus dense du département en chaufferies collectives avec de nombreuses réalisations : les HLM de Cendras et le centre de formation de Lanuéjols dès 2008, le lycée Jacques Prévert à Saint-Christol-lez-Alès dès 2008, les HLM de La Grand’Combe dès 2009, l’antenne de la Chambre d’Agriculture à Saint-Privat-des-Vieux dès 2010, le Centre Hospitalier d’Alès-Cevennes dès 2011, les HLM d’Alès dès 2013, ainsi que la chaufferie communale de Cendras dont nous parlerons plus en détails à la fin de cet article.

Les deux chaudières Weiss à bois de la chaufferie urbaine d’Alès ont été mises en service en 2013, photo Frédéric Douard

Mais la consommation la plus importante de bois-énergie du département est celle de l’usine Ferropem, une fonderie qui produit du silicium métallurgique à Laudun-l’Ardoise, et qui depuis 2007 absorbe 66 000 tonnes de bois déchiqueté par an pour les besoins de ses fours.

Un autre secteur de consommation qui progresse, ce sont les activités agricoles. Outre de nombreuses petites chaudières à la ferme, dans le Gard on compte aussi la chaufferie de la distillerie UDM à Vauvert qui est passé au bois en 2016, tout comme l’avaient fait les serres des Jardins de Camargue à Saint-Laurent-d’Aigouze en 2015. Les serristes du sud du département, avec leurs 120 exploitations chauffées, représentent un fort potentiel de croissance en substitution du gaz naturel actuellement consommé.

A Monoblet, l’une des dernières chaufferies mises en service dans le Gard avec deux chaudières HDG Bavaria, photo Antoine Moreno

En tout début 2021, on compte ainsi 66 chaufferies automatiques à bois dans le département, il reste donc du travail ! Parmi les projets en cours d’étude à la MCR 30, signalons un site industriel de production de graines, un horticulteur, un réseau de chaleur urbain, une centrale de cogénération, plus une vingtaine de petits projets à différents stades de maturité. La dernière chaufferie bois mise en service est celle de la commune de Monoblet, une belle référence qui devrait servir d’exemple pour de nombreux projets à la même configuration dans des petites communes.

Exemple de la commune de Cendras

Ancienne commune minière située près d’Alès, et aujourd’hui commune du Parc national des Cévennes, Cendras, moins de 2000 habitants, a engagé une démarche de développement durable dès 1991. Elle a mis en œuvre une longue série d’actions dont celle de valoriser durablement son important, mais sous-exploité, domaine forestier.

La chaudière bois Compte R. des HLM de Cendras a été mise en service en 2008, photo CCI Lozère

Ainsi, une chaudière Compte.R. de 720 kW a été mise en service en 2008 pour chauffer les HLM présents sur la commune, et depuis 2018 une chaudière Fröling de 85 kW chauffe l’immeuble ancien qui abrite la mairie et d’autres activités. En 2019, elle a construit un hangar à plaquettes forestières pour l’alimentation de sa chaufferie à partir du bois communal. Une petite chaufferie à granulé de bois équipe quant à elle la maison médicale de la commune depuis 2018 également.

Le bâtiment de la mairie de Cendras abrite la chaufferie communale, photo Frédéric Douard

Pour chacun de ces projets, la commune a été accompagnée, d’abord par la Mission Bois Energie Lozère-Gard, puis par la Mission Bois-énergie Gard et désormais par la Mission Chaleur Renouvelable Gard. La forme change mais les objectifs restent, et nous souhaitons longue vie et réussite à cette Mission !

La chaudière communale Fröling de Cendras et son ballon d’accumulation, photo Frédéric Douard

Contacts :

  • CCI Gard – Antoine Moreno / +33 466 879 857 – a.moreno@gard.cci.fr
  • Tom Reinbold / + 33 466 879 918 – t.reinbold@gard.cci.fr

Pour en savoir plus :

Frédéric Douard, en reportage dans le département du Gard

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