2026 : le réseau de chaleur de Massy-Antony abandonne le charbon pour le bois de recyclage
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Les deux chaufferies de Massy : l’UVE à gauche et la chaufferie de la Bonde à droite, photo SIMACUR

La chaufferie charbon de la Bonde, la dernière d’Île-de-France, va définitivement passer au bois en 2026, photo SIMACUR
Aujourd’hui d’une longueur de 35 km et desservant 263 points de livraison, le réseau de chaleur de Massy-Antony situé dans le département de l’Essonne, avait été créé en 1960 par la Société d’aménagement du grand ensemble Massy/Antony et était alors alimenté au fioul. Après la création du SIMACUR en 1969, le Syndicat mixte pour le chauffage urbain et le traitement des déchets ménagers, et la mise en service de l’incinérateur d’ordures ménagères de Massy en 1986, ainsi que la chaufferie charbon sur le même site de la Bonde la même année, le réseau est passé sur un mix chaleur de récupération, charbon et fioul. En 2005, la chaufferie fioul de la rue Victor Basch, et qui alimente aussi le réseau en appoint, est passée au gaz. Puis en 2008, la collectivité intègre du bois forestier en co-combustion dans ses chaudières à charbon, puis du bois de récupération en 2016. Des investissements réalisés en 2020 permettent ensuite d’érendre le réseau vers le quartier Vilgénis à l’ouest de la ville, de raccorder 15 GWh/an de besoins supplémentaires, et d’augmenter la proportion de bois de récupération afin de porter le mix d’Enr&R à 72%.
Améliorer la durabilité du chauffage en Île-de-France
Plus récemment, une convention d’aide signée le 16 juin 2025 avec l’ADEME, a permis au SIMACUR d’engager de nouveaux travaux via son concessionnaire Engie Solutions, pour décarboner la quasi-totalité du réseau qui alimente l’équivalent de 26 000 logements. 
L’aide de l’ADEME sur cette tranche de travaux de 35 M€ va couvrir 20% du nouvel investissement via le Fonds Chaleur. Elle a pour objectif de favoriser des solutions énergétiques plus durables, alors qu’en Île-de-France, le chauffage qui représente 67 % de la consommation d’énergie finale, n’est assuré par 12% d’énergies renouvelables et de récupération !
Sortir définitivement du charbon

Mix énergétique du réseau de Massy-Antony en 2027
Le réseau qui livre plus de 200 GWh de chaleur par an est actuellement alimenté majoritairement par les deux chaudières à déchets ménagers de 11 MW chacune à l’UVE de Massy et par les deux chaudières CNIM à lit fluidisé circulant de 32 MW chacune fonctionnant en co-combustion charbon et bois en fin de vie, à la chaufferie de la Bonde. Deux chaudières à fioul de 22 MW chacune assurent secours et appoint.
Cette tranche de travaux vise à modifier et moderniser la chaufferie de La Bonde pour mettre fin à l’utilisation du charbon, en mettant en place un approvisionnement constitué à 100 % de déchets de bois non dangereux provenant d’Île-de-France. Ces travaux comprennent l’adaptation des chaudières CNIM au 100 % bois, la création d’un nouveau silo de stockage de 4500 m³ pour disposer d’une autonomie de 3 jours en hiver, et la mise en place de récupérateurs de chaleur sur les fumées.
Ces travaux vont permettre de disposer d’un réseau décarboné à plus de 90 %, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 13 000 d’équivalent CO₂ par an. Pour cela, le mix sera composé de 85 000 tonnes de déchets ménagers résiduels (après tri à la source) assurant 52% des besoins, de 25 000 tonnes de bois de récupération issus de la filière de démolition du BTP et de meubles usagés assurant 38 % des besoins, les 10% restant étant assuré par du gaz naturel.
La mise en service est prévue pour décembre 2026, tandis que l’exploitation débutera en février 2027, une fois les essais terminés.

Schéma de valorisation énergétiques des bois de recyclage à Massy-Antony, image Enoris
Le bois de recyclage, un combustible local sous-utilisé en France
La valorisation énergétique des bois de recyclage, très abondants autour des grandes villes, est une solution intelligente de valorisation locale d’une matière renouvelable en fin de vie. Mais les autorités françaises ont mis des décennies avant d’autoriser cette valorisation selon la fameuse doctrine de priorité des usages inventée par l’industrie du bois aggloméré, faisant croire à l’opinion publique que tous ces produits souillés devaient être transformés en meubles agglomérés à bas coût pour équiper les cuisines, les bureaux et les chambres d’enfants. Cela a surtout conduit la France, depuis plus de 40 ans, à enfouir massivement ces ressources ou à les exporter à grands frais chez ses voisins, le marché du bois aggloméré étant incapable d’absorber les quantités disponibles. A contrario, de nombreux pays voisins de la France comme l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, les Royaume-Uni, la Suisse, l’Italie ou la Suède ont transformé leur déchets de bois en électricité et en chaleur de manière très performante et à leur plus grand bénéfice depuis la fin du 20e siècle…. que de temps, de ressources et d’argent perdus.
>> En savoir plus sur la valorisation énergétique du bois-déchet
En savoir plus sur le réseau de chaleur de Massy-Antony : www.rezomee.fr/enoris/
Frédéric Douard










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