Visite en drone de la plateforme bois de la centrale de Gardanne

Vue du Curvoduc reliant la station de déchiquetage de la Mounine à la centrale, photo RBL-REI

Vue du Curvoduc reliant la station de déchiquetage de la Mounine à la centrale, photo RBL-REI

L’entreprise française RBL-REI a réalisé la conception et la construction des installations de réception, préparation, stockage et convoyage de la plus importance centrale biomasse de France, l’unité 4 de la centrale de Provence, propriété d’UNIPER. L’alimentation de la chaudière biomasse de PR4, d’une puissance de 400 MWth, nécessite de réceptionner, préparer, stocker et convoyer 850 000 tonnes de bois par an.

Voir la visite de ces installations d’alimentation en bois en vidéo.

Lire également sur ce sujet  :

Informations de contact de RBL-REI
logo RBL-REI
15 rue du Moulin des Landes
CS 50159 – Saint Sylvain d'Anjou Cedex
F-49481 Verrières en Anjou
+33 241 21 19 40
@ www.rblrei-france.com/fr/ s.bouhours@rblrei-france.com
RBL-REI est cité aussi dans ces articles :
  • Galion2, la première centrale 100% bagasse-biomasse mise en service en Outre-mer français
  • Plongée dans les entrailles de la centrale biomasse de Gardanne
  • GreCon protège du feu la plateforme bois de la centrale de Gardanne
  • À Gardanne, RBL-REI a réalisé la plus importante plateforme biomasse de France
  • Le maxi-broyeur de bois Saalasti de la centrale biomasse de Gardanne
  • Vidéos de l’inauguration de la chaufferie bois de Cergy-Pontoise
  • La chaufferie bois du réseau de chaleur de Cergy
  • Smurfit-Kappa Biganos, la plus grande centrale de cogénération bois de France
  • Tous les articles mentionnant RBL-REI

  • 3 réponses

    1. Energie+ dit :

      Bonjour,

      Merci de votre réponse détaillée et précisions.

      Je n’ai jamais écrit (ni pensé !) que cette centrale était « nulle » et avais bien en tête les différents arguments !

      Toutefois le problème initial est que la centrale de Gardanne a été pensée il y a déjà plusieurs années, de façon centralisée avec comme principal interlocuteur EON, et notamment des aspects politiques et de subventions. Ces différents éléments étaient déjà une assez mauvaise base.

      Elle avait été auparavant conçue avec l’emploi du charbon local et pour l’une de ses applications l’usine d’alumine fortement consommatrice (également connue pour ses rejets de boues rouges). Cà a donc été une adaptation.

      On a donc tenté de trouver de part et d’autres des solutions, mais aussi des prétextes pour tenter de maintenir cette centrale alors qu’une approche indépendante globale comme c’est le cas dans certaines régions (Hauts de France etc) aurait permis de meilleurs résultats.

      Par exemple elle se destine à la production d’électricité mais ce type de centrale biomasse offre une réponse lente aux pics de demande alors que ce sont pourtant eux qui peuvent poser problème à la région en bout de circuit (hivers froids etc).

      Sur ce plan elle n’est donc pas très utile.

      Elle devrait fournir seulement 3% de la consommation électrique régionale alors que bien des solutions moins coûteuses et moins émissives permettent de faire mieux rapidement.

      Des centrales moins grandes mais mieux disposées en fonction des besoins et ressources et exploitant au mieux l’énergie et notamment la chaleur auraient également permis un bien meilleur bilan et une meilleure durabilité.

      Il faut quand même avoir en tête ce que représente plus de 60% du bois brûlé inutilement pour chauffer l’atmosphère pendant plus de 20 ans avec 70.000 tonnes de cendres par an non valorisées (une faible part pour les ciments) et les 60 % de transports et d’exploitations (quelques 220 camions par jour) pour rien (sans parler des émissions etc).

      Sauf erreur on relève des points de récolte à 400 km. Le bilan ne peut pas être bon. Sans parler temporairement du bilan du bois d’import dont Amérique.

      L’Etat a consenti une dérogation puisqu’elle n’est pas en cogénération mais une somme très importante d’argent public est engagée 3 fois durablement : par les subventions, la contribution au service public de l’électricité payée par les consommateurs et les impôts locaux finançant les infrastructures nécessaires à l’approvisionnement (pour mémoire l’Etat s’est par exemple engagé à racheter pendant vingt ans l’électricité produite par Uniper, soit plus 70 millions d’euros par an). Le total des aides financières est considérable et aurait pu être mieux utilisé (1,5 milliard d’euros d’aides publiques engagées sur vingt ans).

      Il y a certes un effort de l’opérateur pour tenter d’organiser la récolte du bois dans les zones difficiles d’accès mais souvent en pratique on a tendance à surexploiter les zones d’accès faciles (comme les études le démontrent, plus grandes sont les centrales, plus on a besoin d’économies d’échelle).

      Il n’y a aucune garantie de « réel contrôle » sur ces zones difficiles d’accès pour éviter la surexploitation des zones les plus faciles d’accès. On retrouve souvent ce genre de situation ailleurs dans le monde, on ne voit donc pas pourquoi Gardanne ferait totalement exception.

      Concernant les feux, ils ont dans quelques 70% des cas une origine « volontaire » et prennent dans des zones souvent entretenues proches des villes (les pyromanes ne font pas des km et cherchent à s’éclipser rapidement).

      Ce ne sont donc pas les zones difficiles d’accès où les pompiers ne peuvent souvent pas accéder et sont sollicités ailleurs qui prennent le plus souvent feu en premier.

      L’argument de la protection des forêts est dont très relatif d’autant qu’il y a toujours morcellement des parcelles avec des propriétaires parfois difficiles à joindre ou qui ne replanteront pas après exploitation etc

      Des centrales mieux situées, mieux adaptées et plus performantes auraient dans tous les cas d’autant mieux répondu à ce problème avec moins de désagréments.

      Une approche plus globale avec plusieurs solutions et non une seule aurait permis d’autres modes d’exploitation du bois avec un bien meilleur bilan global.

      Certes il y a des applications à haute valeur et plus pertinentes à venir (comme cité les mousses de bois etc). Mais bien d’autres déjà existantes pour l’utilisation des bois de faible valeur (fibres de bois, laines de bois, certaines applications en chimie, cosmétique, nutraceutique, parapharmacie etc).

      La région Paca est une zone sismique et sauf erreur la technologie de Woodoo par exemple (bois plus résistant que l’acier) devrait arriver rapidement en phase commerciale, donc çà peut valoir le coup pour cette région d’attirer (via des baisses de charges etc) ce type d’entreprise, même si c’est une des utilisations complémentaires parmi d’autres des bois dits « non valorisables ».

      Mais au final l’ensemble des ces utilisations répond à un meilleur bilan global et une filière locale rénovée et plus durable (y compris en terme d’emplois !)

      La centrale de Gardanne a en outre un aspect négatif sur des innovations à venir.

      Les sites les plus faciles sont bien sûr exploités prioritairement au plan économique, mais quand il s’agit de filières locales durables, d’emplois et de revenus les fonds et aides sont mieux orientés que vers une centrale peu efficiente et une entreprise étrangère, donc peuvent trouver, s’ils sont nécessaires, plus d’échos positifs au plan régional et même européen.

      Il y a en outre une filière bois et valorisation du bois existante et innovante au niveau régional.

      En conclusion, en tenant compte de tous les arguments et pour avoir vu différents projets dans le domaine de l’énergie, je trouve quand même que l’on a à Gardanne un peu tenté de faire du neuf avec du vieux et avec pas mal d’aides publiques, il n’y a pas eu d’approche assez globale, il n’est pas certain que cette centrale diminue nettement les problèmes de feux (çà peut même en déclencher de nouveaux lors de cette large exploitation, transports etc !), ni ne réponde de manière satisfaisante aux problèmes électriques de la région.

      Par contre il est certain que çà va développer une filière et des emplois mais çà va sans doute gêner l’émergence de meilleures solutions de valorisation car les aides sont déjà orientées, une filière va s’organiser et vus les emplois créés ne voudra pas s’adapter rapidement vers de meilleures applications au terme des 20 ans une fois les habitudes prises (l’accueil de la CGT de Gardanne envers certains donne une idée des réactions si l’on explique que l’on peut mieux faire avec du bois et sur plusieurs sites mieux adaptés !)

      En bref on aura peut-être encore raté une occasion d’un bien meilleur projet régional, aussi rapide à mettre en place même sans toutes les technologies immédiatement disponibles, la plupart l’étant déjà.

      Et au plan climatique et pour un pays qui a accueilli la COP21 avec la signature de 195 pays et se devrait d’être modèle ce n’est pas non plus satisfaisant ! :

      http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energies-renouvelables/isr-rse/energies-renouvelables-le-bio-mythe-de-la-biomasse-143798.html

      Mais on peut toujours « toucher du bois » et faire un bilan objectif dans 5 ans !

      Bonne journée

    2. Bonjour,
      vous avez parfaitement raison sur le principe des choses, mais concrètement et pratiquement vous faites fausse route sur deux points fondamentaux :

      1-le calendrier.
      Tout ce dont vous parlez n’existe pas significativement sur le marché aujourd’hui, et si on attend que tout ce dont vous parlez arrive, il y a de fortes chances que la forêt ait brûlé avant que ces applications n’arrivent sur ces territoires.

      2-la faisabilité de la valorisation industrielle de ces bois à faible valeur.
      Vous savez pertinemment que lorsque des industriels s’intéresseront à la production de mousses de bois injectable (ou d’autres choses), ils rechercheront pour s’approvisionner les territoires où l’exploitation du bois est la moins coûteuse (Lorraine, Champagne, Massif central, …), et c’est en forêt méditerranéenne, là où les coûts d’exploitation du bois sont les plus élevés, qu’ils viendront en dernier lorsqu’ils auront épuisé toutes les ressources faciles d’accès. Et encore une fois, il sera trop tard car le changement climatique augmente les risques de feu d’année en année et l’urgence de l’exploitation forestière ne peut plus attendre.

      Par conséquent, le projet de Gardanne, qui n’est certes pas parfait, j’en conviens et je l’ai déjà écrit maintes fois, mais c’est aujourd’hui le seul projet de dimension suffisamment importante pour espérer avoir un effet sur ces phénomènes. Sur l’aspect du calendrier, j’ai aussi déjà écrit plusieurs fois, que pour moi ce n’était qu’un projet transitoire en attendant d’avoir mieux (20 ans), ce qui veut dire qu’en attendant, il vaut mieux avoir 40% de rendement, moins de pollution due au brûlage à l’air libre des déchets verts et moins de risque de feu, qu’un rendement négatif (car polluant) avec des feux incontrôlés et dévastateurs !

      Cette position s’appelle la responsabilité, car c’est facile de dire qu’une construction de projet est nulle, MAIS c’est beaucoup plus difficile de mettre en face des alternatives crédibles et réelles. Alors tout jeter sans proposer mieux dans la cadre d’un calendrier efficace, j’appelle cela de l’irresponsabilité.

      Et enfin pour ce qui concerne les importations de bois à Gardanne, relisez mon article de 2014 (Gardanne, la centrale biomasse qui réveille la forêt méditerranéenne) où c’est expliqué très en détails pourquoi Uniper a prévu de monter en puissance avec du bois local en 10 ans (avec arrêt total des importations la onzième année), pour donner le temps à la filière bois locale de se structurer, de donner le temps d’équiper la forêt, en pistes notamment, et ceci afin de ne pas faire flamber les prix du bois par une demande importante et soudaine : cela s’appelle de l’intelligence économique.

      Et je terminerais par rappeler que bon nombre de gens s’opposent aujourd’hui à l’exploitation forestière en PACA, de peur que la forêt ne disparaissent (sachant qu’elle augmente depuis deux siècles sans discontinuer), et ces gens poussent clairement par cette position absurde, au maintien des importations au delà des 10 ans prévus jusqu’ici par Uniper, ce qui je vous l’accorde, serait absurde et bien dommage, il faudrait donc savoir ce qu’on veut : une forêt entretenue et plus sûre ou une forêt brûlée sur pied !

      En plus çà crée plus d’emplois.

    3. Energie+ dit :

      Il y aurait beaucoup à dire sur cette centrale et beaucoup d’autres dans la région tout comme sur l’exploitation du bois local et des multiples parcelles.

      Ce n’est pas ce qu’on appelle un projet des plus en pointe.

      Faire de l’électricité avec un rendement modeste, devoir importer du bois, exploiter à un niveau et sur une distance à priori élevés, dans une région où les feux sont de plus en plus fréquents même quand on entretient et où il faut en pratique 50 ans pour que se reconstitue un massif comme celui de la Montagne Sainte Victoire qui avait brûlé en 89, a été replanté et qui nécessite encore 20 ans sans feu pour retrouver son aspect quasi antérieur, adaptations et coupe feux inclus etc

      Les technologies ont évolué et ce type de conception est déjà en partie dépassé.

      Si on fait le bilan d’une production électrique de ce type qui aboutit à un chauffage type grille-pain encore fréquent dans les immeubles de la région ce n’est pas brillant.

      Quand on compare avec des systèmes de chauffage solaire qui existent depuis plus de 10 ans et leur bilan en terme d’efficience et de faible coûts c’est le jour et la nuit !

      Entre autres :

      https://www.youtube.com/watch?v=puTKaE15W14

      De même l’utilisation des bois dits « non valorisables » ont en fait de super applications à plus haute valeur ajoutée et sans émissions ni quantités de tonnes de cendres par an.

      Entre autres exemples les mousses de bois injectables qui servent à l’isolation thermique et qui ont comme on peut s’en douter un bien meilleur bilan que la combustion

      https://www.fraunhofer.de/en/press/research-news/2015/april/wood-derived-foam-materials.html

      En plus çà crée plus d’emplois.