80% d’énergie renouvelable pour le nouveau réseau de chaleur de Dijon

Infos clés fiche de casRéseau de chaleur urbain de 30 km avec 120 sous-stations – Combustibles : plaquettes forestières en chaufferie sud et ordures ménagères en chaufferie nord – Chaudières bois Compte R. de 3 x 10 MW en chaufferie sud – Investissement : 40 millions € – Taux de couverture : 60% par le bois et 20% par les ordures – Exploitation : Dalkia – Mise en service 2013 à 2015.

Pose des conduites de chauffage du réseau Dijon Energies, photo Grand Dijon

François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, président du Grand Dijon, et François Habegre, directeur général de Dalkia France ont posé la première pierre de la chaufferie sud du réseau de chaleur Dijon Energies, ce jeudi 13 juin 2013 à 17 h 30.

Première production de chaleur fin 2013

Dans quelques mois, le quart nord-est de l’agglomération dijonnaise devrait goûter aux joies de la chaleur partagée. Profitant des travaux du tramway, le Grand Dijon a enterré des canalisations dans lesquelles va circuler une eau qui sera chauffée par deux sources : au nord, par la chaleur récupérée à l’usine d’incinération des déchets ménagers et une chaufferie gaz en appoint ; au sud, par une chaufferie bois.

À terme, les 30 kilomètres de conduites desserviront les quartiers de la Toison d’Or et de Valmy, du Drapeau, Clemenceau, des Grésilles et de l’université. Les nouveaux écoquartiers comme Heudelet 26 s’y raccorderont. Les bâtiments concernés, logements collectifs ou équipements comme le CHU, l’université ou le Grand Dijon, pourront se connecter, en fonction de leurs besoins. Si les premières livraisons de chaleur interviendront fin 2013, 80 % du chantier devrait être réalisé à l’horizon 2015, avec à la clé 20 emplois directs ou indirects.

La construction, l’exploitation et l’entretien du réseau seront réalisés par Dalkia, qui prévoit d’investir près de 40 millions d’euros dans l’opération et bénéficie d’un contrat de délégation de service public d’une durée de 25 ans. Le projet est soutenu financièrement par le fonds chaleur.

Cette décision intervient quelques mois après que le Grand Dijon a décidé de prendre la compétence « production et distribution d’énergie ». Jean-Patrick Masson, vice-président de la communauté d’agglomération en charge de l’environnement, souligne que « le réseau de chaleur est un moyen, pour une collectivité territoriale, de reprendre en main son destin énergétique en main en tant que territoire. Il doit nous permettre de retrouver une certaine autonomie par rapport aux énergies fossiles et de proposer un vrai mix énergétique. C’est une vraie question stratégique. Aujourd’hui, le gaz et l’électricité s’imposent à nous ; demain, nous pourrons choisir et optimiser les infrastructures, décider par exemple s’il est opportun de raccorder tel ou tel bâtiment. Le réseau de chaleur va modifier la façon dont les habitants ou les institutions voient les choses : nous pourrons comparer les prix et faire jouer la concurrence.

Travaux de pose du réseau de Dijon Energies, photo Grand Dijon

Un enjeu à la fois écologique et économique

Il faut rappeler que, suite à la mise aux normes de l’usine d’incinération des déchets ménagers, la chaleur issue de la combustion des déchets servait déjà à produire de l’électricité via un turbo-alternateur. Demain elle permettra également de chauffer l’eau du réseau de chaleur. Au final, celui-ci sera alimenté à hauteur de 20 % par l’usine d’incinération et à hauteur de 60% par une chaufferie bois à construire. Il sera ainsi approvisionné à 80 % par des énergies renouvelables et permettra d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 37 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an.

Une énergie moins chère et plus accessible

En développant dans l’agglomération le programme « Habiter mieux », le Grand Dijon favorisait déjà les économies d’énergie en accordant une aide et des conseils aux propriétaires voulant effectuer des travaux d’amélioration de la performance énergétique de leur habitation. Le réseau de chaleur présentera aussi ces avantages. Le prix se répartira entre un coût d’accès dépendant de la puissance souhaitée par l’abonné (syndic, organisme gérant le bâtiment collectif… ) et un coût de consommation, nettement moins élevé que celui de l’électricité ou des énergies fossiles – gaz, fioul –, qui connaissent ces dernières années une hausse vertigineuse. Les habitants de Quetigny, par exemple, qui sont actuellement reliés au réseau de chaleur de la commune, paient le kWh de chaleur un peu moins de 6,6 c€ hors taxe… alors que le gaz ou l’électricité sont facturés jusqu’à 12 c€. Dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche, le mégawatt-heure est même encore moins cher, à 5,2 c€  hors taxe (prix 2009).

Deux chaufferies
A l’extrémité sud, rue Django Reinhardt, il est donc prévu la construction de la chaufferie biomasse. Elle permettra d’une part d’éviter le recours aux énergies fossiles, devenues trop chères et incertaines, et de miser sur une ressource régionale, créatrice d’emplois locaux, le bois. D’autre part, le recours aux énergies renouvelables permet de bénéficier d’un taux de TVA réduit à 5,5%, dont profite le consommateur final.

Le complexe, dont la conception a été confiée à un architecte dijonnais, comprendra trois chaudières biomasse Compte R. de 10 MW chacune, alimentées à 70 % par des plaquettes forestières produites dans un rayon de 100 km autour de Dijon. L’approvisionnement fera l’objet d’un accord avec les professionnels bourguignons de la sylviculture afin de garantir un approvisionnement régional certain.

Au nord du réseau de chaleur, l’usine d’incinération des déchets ménagers fournira l’autre partie de la chaleur nécessaire, à un niveau estimé entre 5 et 9 MW. Les fours de l’usine servent déjà à produire de l’électricité, grâce à un groupe turboalternateur ; la chaleur dégagée par l’usine trouvera là un autre débouché et verra, du coup, son rendement énergétique encore amélioré. Un équipement complémentaire a également été prévu : une unité gaz qui servira d’appoint et de secours, et qui devrait représenter au final 20 % de l’énergie injectée dans le réseau. En effet, l’usine d’incinération tout comme les chaudières bois doivent pouvoir s’arrêter quelques semaines par an pour réaliser la maintenance et l’entretien.

Chiffres clés du réseau Dijon Energies

  • 30 km de canalisations à terme
  • 120 sous-stations
  • 37 000 tonnes de CO2 évitées par an
  • 80% d’énergie renouvelable (Usine d’incinération 20 % et chaufferie bois 60%)
  • 40 millions d’euros investis pour la construction des chaufferies et du réseau
  • 20 emplois créés
  • 5,5 c€ HT le coût moyen du kWh facturé aux usagers

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