PetroBio équipe les chaudières à déchets ménagers de Göteborg en biobrûleurs

Article publié dans le Bioénergie International n°68 d’octobre 2020

Le centrale de Sävenäs en Suède, photo Renova

Bo Åhsberg, ingénieur Renova, photo Frédéric Douard

Renova est la société publique qui traite et valorise les déchets ménagers de la région de Göteborg en Suède depuis 1972. Pour cela, elle dispose dans la localité de Sävenäs d’une centrale d’énergies équipée de quatre lignes de combustion qui valorisent chaque année 550 000 tonnes de déchets pour produire 42 MW d’électricité et plus de 180 MW de chaleur pour le chauffage urbain et la production de froid.

Les contraintes du maintien en température

Les passerelles entre les chaudières, permettant d’accéder aux brûleurs, photo Frédéric Douard

En Europe, la combustion des ordures ménagères résiduelles, donc après valorisation des matières recyclables, est considérée comme majoritairement renouvelable et bénéfique pour l’environnement. Parallèlement, la Suède a mis en place une politique fiscale très volontariste pour limiter les émissions de carbone fossile et lutter contre le dérèglement climatique.

Or, pour brûler proprement des déchets ménagers, il est nécessaire d’accompagner leur combustion pour garantir les températures de combustion qui garantiront des émissions non polluantes. Pour ce faire, les centrales à déchets ont recours à des brûleurs d’appoint, généralement à fioul. Ils sont utilisés pour la mise en chauffe des fours au démarrage, mais surtout au maintien en toutes circonstances, et notamment lorsque le pouvoir calorifique des déchets est insuffisant, d’une température minimum de combustion de 850 °C durant au moins deux secondes tel que le prévoit la directive européenne sur l’incinération des déchets. Ceci amène à des consommations non négligeables de combustible fossile, rendant un peu moins renouvelable l’énergie sortant de ces installations.

L’un des postes de pilotage de manutention des déchets chez Renova, photo Frédéric Douard

En plus en Suède depuis 1991, toute tonne de CO2 fossile émise est sanctionnée par une taxe qui était de 110 € par tonne en 2020. Jusque récemment, cette taxe était réduite pour les installations de cogénération comme celles de Renova ; mais cette réduction ayant été revue à la baisse, ces nouvelles conditions fiscales ont rendu la substitution du fioul fossile par un fioul renouvelable économiquement viables pour la centrale de Sävenäs.

L’une des quatre chaudières de Renova, photo Frédéric Douard

La conversion vers des brûleurs à biocarburant

L’un des huit brûleurs PetroBio à biofioul installé chez Renova, photo Frédéric Douard

L’usine dispose de quatre chaudières : deux à grille Von Roll de 24 tonnes par heure, et deux à grille Martin de 15 tonnes par heure. Ces équipements produisent une vapeur surchauffée qui est turbinée dans une grande installation de cogénération qui fournit 5 % de la consommation d’électricité et 30 % du chauffage urbain de l’agglomération de Göteborg. Pour l’allumage et le maintien en température, chaque chaudière est équipée de deux brûleurs à fioul lourd qui ont donc été remplacés par des brûleurs à biofioul, un ester méthylique de colza produit localement.

Cette opération a été rendue possible grâce à l’expertise de la société suédoise PetroBio, une société spécialisée depuis 1964 dans la conception, la fabrication et la maintenance de brûleurs spéciaux de 2 à 100 MW pour combustibles solides, liquides et gazeux.

PetroBio a donc fourni huit brûleurs à biofioul pour une puissance totale de 122 MW, ce qui permet aujourd’hui à l’opérateur d’économiser 960 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) et 115 000 € de taxes par an. La consommation de biofioul est de 550 000 litres par an.

La combustion dans l’un des foyers de Renova, photo Frédéric Douard

D’un point de vue physique, les esters méthyliques étant plus agressifs que le fioul, les brûleurs PetroBio sont conçus avec des matériaux capables de résister dans le temps à ces produits et surtout sont conçus sur mesure de manière à les brûler parfaitement. Naturellement, ces brûleurs sont également adaptés pour brûler des biocarburants dans des chaudières classiques à fioul ou à gaz, en substitution de combustibles fossiles.

Dispositif d’alimentation en biofioul de l’un des brûleur de PetroBio chez Renova, photo Frédéric Douard

Depuis 2018, la société PetroBio est devenue une filiale du constructeur mondial de chaudières à biomasse belge Vyncke, basé à Harelbecke près de Courtrai à quelques kilomètres au nord de Lille.

Contacts :

  • Renova : Bo Åhsberg / +46 31 618 000 – bo.ahsberg@renova.se – www.renova.se
  • PetroBio international : Johanna Lindén / +46 31 335 49 50 – johanna.linden@petrobio.se – www.petro.se
  • PetroBio au Benelux : Alexander Van Heuverswyn 
/ +32 495 367 793 – avh@petrobio.se
  • PetroBio en France : Jérôme Béarelle / 
+33 619 883 353 – jbe@vyncke.com

Frédéric Douard, en reportage à Göteborg

Informations de contact de PetroBio

Petro Bio AB
Sodra Gubberogatan 6 SE-416 63 Göteborg
+46 31 335 49 50
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Créée en 1964 sous le nom de Petrokraft, l’entreprise était déjà à l’époque spécialisée dans les combustibles difficiles. Elle a notamment développé des brûleurs à fioul lourd pour une large gamme d’applications comme la marine, l’industrie et les réseaux de chaleur. À cette époque, la PME a acquis ses lettres de noblesse avec son brûleur à atomisation d’air à basse pression, toujours présent dans de nombreux systèmes de combustion à travers le monde.

Et puis assez rapidement, la conscience environnementale collective s’accroissant, elle a développé différents brûleurs garantissant des performances écologiques de plus en plus grandes jusqu’à en arriver aux biocombustibles renouvelables, d’où son changement de nom pour PetroBio.

Aujourd’hui dirigée par Johanna Lindén, la société a intégré début 2018 le groupe VYNCKE et se positionne comme un acteur de la transition énergétique sous un angle complémentaire de celui de constructeurs de chaudières à biomasse, à savoir celui de la conversion des chaudières à combustibles fossiles vers la biomasse. Cette possibilité de conversion est une réelle opportunité pour de nombreux industriels et réseaux de chaleur disposant d’un parc de grandes chaudières à fioul ou à gaz, et qui n’ont pas forcément l’espace, ni le profil de demande de chaleur pour une chaufferie biomasse à part entière.

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