Dans le quartier Belle-Beille, la cinquième chaufferie bois d’Angers Loire Métropole

Article paru dans le Bioénergie International n°61 de mai-juin 2019

La chaufferie de Belle-Beille à Angers, photo Frédéric Douard

Dans le cadre du programme de rénovation verte du grand Belle-Beille, un quartier à l’ouest d’Angers et commun avec une partie de la commune de Beaucouzé, Angers Loire Métropole a mis en place un réseau de chaleur au bois. Sa réalisation en a été confiée à la société publique locale Alter Services. Les travaux de la chaufferie ont démarré en février 2017 et se sont achevés en décembre 2017. Ainsi une nouvelle chaufferie bois est entrée en service dans la métropole angevine qui en comptait déjà cinq : les résidences Nozay et Briollay à Montplaisir depuis 1986 (2,3 MW), les serres municipales depuis 2004 (900 kW), les Hauts-de-Saint-Aubin depuis 2009 (2,8 MW), Biowatts à la Roseraie depuis 2012 (22 MW) et le Centre Hospitalier Universitaire depuis 2014 (6 MW). Après Belle-Beille et ses 8 MW au bois, la prochaine sera celle du quartier Monplaisir avec l’usine Scania en 2021 (4 MW)… un bel engagement collectif dans la transition écologique et énergétique !

Les objectifs du nouvel équipement

La création d’un réseau de chaleur renouvelable est bien sûr un pas de plus de l’agglomération en faveur du climat, notamment en ayant supprimé les vieilles chaufferies de l’université et des résidences HLM par une installation neuve et performante permettant de diminuer de plus de 80 % les rejets de CO2.

L’autre grand objectif était d’atténuer le coût du chauffage pour les locataires de Belle-Beille en proposant et en garantissant un prix maîtrisé sur le long terme. Cette baisse des coûts intéressait bien entendu aussi l’université et les équipements communaux.

Enfin, le recours au bois permet de continuer à créer de la richesse et des emplois dans l’économie locale.

La zone de stockage de bois de la chaufferie de Belle-Beille avec au premier plan la zone passive, photo Frédéric Douard

Petit récit du projet

Le projet prend sa source en 2010 lorsque l’Université souhaite remplacer sa production et distribution de chaleur. Souhaitant ne pas intervenir seule, elle crée un groupement avec Agrocampus, l’INRA, le Département et le CROUS, groupement qui sera rejoint par la ville en 2011. Après les études et un changement d’équipe municipale, le 1er février 2016, une délégation de service public concessive est signée avec Alter Services.

Les investissements se montent à 16,6 M€, dont 9,8 M€ pris en charge par le Fonds Chaleur renouvelable
Chaudières bois : 2,1 M€
Autres équipements : 1,7 M€
Génie civil : 1,7 M€
Réseaux : 7,4 M€
Sous-stations : 1,6 M€
MO – MOE – Frais financiers – divers : 2,1 M€

Pour commencer sa vie, ce nouveau réseau compte 15 km de canalisations pour distribuer à terme 31 GWh de chaleur à 55 bâtiments, assurés à 80 % par le bois. À ce stade de développement, la chaufferie consommera 12 000 tonnes de bois par an.

La chaufferie

Le 1er octobre 2018, les 55 bâtiments étaient raccordés. La chaufferie, dont l’exploitation a été confiée à ENGIE Solutions, contient quatre chaudières : deux à bois d’une puissance totale de 8 MW et deux à gaz d’une puissance totale de 12 MW en appoint pour les pics de froid, mais aussi pour assurer les besoins durant les périodes de maintenance des chaudières à bois ou en cas de dysfonctionnements.

L’une des deux chaudières à bois WEISS de la chaufferie de Belle-Beille, photo Frédéric Douard

Les deux chaudières à bois, 6,2 et 1,8 MW, à la pointe de la technologie et dimensionnées pour couvrir au mieux la courbe de chauffage, ont été fournies par le constructeur Weiss. La grande fonctionne durant la saison de chauffage, de novembre à mars, et la petite toute l’année, entre 30 et 100 % de sa puissance.

Pour limiter les émissions de particules, les chaudières sont équipées de filtres à manches et Weiss s’est engagé à garantir des rejets de poussières de moins de 10 mg/Nm³ à 6 % d’O2, soit cinq fois moins que la valeur limite réglementaire.

Concernant les émissions d’oxydes d’azote, la limite réglementaire est de 550 mg/Nm³ et les chaudières permettent de la respecter sans problème sans traitement.

Le synoptique de contrôle-commande de la petite chaudière bois de Beille-Beille, photo Frédéric Douard. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Par ailleurs, la chaufferie étant alimentée par de la plaquette forestière et bocagère fraîche, donc humide, il a été opportun de faire condenser les fumées de la grande chaudière pour en récupérer une partie de la chaleur latente, dès lors que la température de retour du réseau est suffisamment basse. La petite chaudière est quant à elle équipée d’un économiseur.

La condensation des fumées permet d’augmenter significativement le rendement global de l’installation, photo Frédéric Douard

Les interrogations des riverains

Propos extraits du rapport d’Air Pays de la Loire, publié en juin 2018 sur l’évaluation de la qualité de l’air à proximité de la chaufferie Bois de Belle-Beille à Angers.

Filtre à manches pour la capture des particules fines, photo Frédéric Douard

« Une chaufferie est un équipement soumis à des prescriptions environnementales rigoureuses. Néanmoins, sa mise en service a suscité des interrogations des riverains des communes d’Angers et Beaucouzé. À ce titre, Alter s’est rapproché d’Air Pays de la Loire pour évaluer l’impact sur la qualité de l’air de l’installation.

Air Pays de la Loire a mis en place, un mois avant la mise en service de la chaufferie, un laboratoire mobile mesurant les principaux indicateurs, dont les particules, et ce à 140 m au sud-ouest de la chaufferie Belle-Beille dans les zones de retombées maximales. Cette zone a été privilégiée, car elle est localisée à proximité immédiate d’habitations.

La campagne de mesure s’est déroulée du 15 novembre 2017 au 10 avril 2018 et a permis de prendre en compte les différentes conditions de marche et des conditions météorologiques variées.

Ce sont donc près de cinq mois de données horaires de concentrations qui ont été obtenues, soit environ 17 000 données unitaires de qualité de l’air. Cinq espèces majeures ont été mesurées : le dioxyde d’azote (NO2), les particules fines (PM10 et PM2.5), le dioxyde de soufre (SO2) et le carbone élémentaire prélevé dans la fraction PM2.5.

La campagne de mesure a montré que les niveaux dans l’atmosphère sont le plus souvent faibles. Les seuils réglementaires pour le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote, et les particules PM2.5 ont été respectés. Une influence de la chaufferie a été mise en évidence sur les concentrations en particules PM10 dans des conditions transitoires de séchage du réfractaire de la petite chaudière au bois. Lors de cette opération, préalable à la mise en service de cette chaudière, le système de filtration n’est pas opérationnel.

En conclusion, la qualité de l’air du quartier est représentative d’une zone périurbaine sans influence de la chaufferie en fonctionnement nominal lorsque les systèmes de filtrations sont opérationnels. »

Les deux convoyeurs de bois en rouge et les deux convoyeurs de cendres en noir à Belle-Beille, photo Frédéric Douard

Contacts :

Frédéric Douard, en reportage à Angers

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