Le réseau de chaleur coopératif au bois du village ardennais de Malempré

Le village ardennais de Malempré, photo ValBiom

Une fiche de cas de l’association régionale ValBiom

C’est en 2010, dans un contexte d’augmentation du prix de l’énergie et de crise agricole qu’a germé le projet d’une chaufferie biomasse collective dans le village ardennais de Malempré (Manhay). Sous l’impulsion d’un agriculteur du village, Vincent Sépult, une société coopérative citoyenne est née : la SCFS « Malempré, la chaleur d’y vivre » qui compte aujourd’hui dix habitants. Ses objectifs sont de développer localement et durablement la filière bois énergie, de garantir aux villageois la stabilité de leurs coûts énergétiques et d’approvisionnement, tout en permettant aux agriculteurs une possibilité de diversification.

C’est l’ancienne grange du presbytère qui accueille la chaufferie centralisée, à partir de laquelle s’étend le réseau de chaleur. L’approvisionnement en plaquettes de bois locales est actuellement assuré par des producteurs de plaquettes de la région. A l’avenir, la SCFS projette de s’approvisionner grâce à la plantation et l’entretien de haies agricoles et de taillis à courte rotation, qui seraient gérés par la coopérative agricole villageoise.

Le projet a profité d’un remplacement du réseau d’égouttage réalisé par la commune pour effectuer la pose d’une partie du réseau de chaleur à moindre frais. Outre une économie substantielle sur la facture énergétique via la substitution de 155.000 L de mazout par an par un combustible moins cher, la consommation annuelle de plaquettes évite aussi le rejet de 315 t de CO2 fossile dans l’atmosphère.

Annuellement, la chaufferie bois produit environ 1.100 MWh d’énergie, et permet de réaliser pour l’achat du combustible une économie de l’ordre de 50 000 € par rapport au mazout (économie variable en fonction du prix du mazout).

« Le gros point positif du projet, c’est le tissu social qu’il a créé. Il a aussi permis une mise en valeur des compétences de chacun au sein de la coopérative. De plus, il nous a permis de participer au développement durable de la filière bocagère. »  Vincent Sépult, porteur de projet « Réseau Malempré ».

Chiffres clés

  • Type d’installation : chaudière à plaquettes de bois Köb de 540 kW. Chaudière d’appoint et secours à mazout de 760 kW.
  • Un silo de 150 m³ permet une autonomie de 9 jours à pleine puissance.
  • Consommation moyenne annuelle : 2000 m³ plaquettes et 3000 L de mazout (combustible utilisé lors de pannes et de phases d’entretien).
  • Réseau de chaleur principal de 3,3 km : 43 bâtiments connectés dont 4 bâtiments publics.
  • Objectif final : 75 à 80 bâtiments.
  • Investissement total : 1 050 000 € HTVA.
  • Financement : 80 % d’aides venant du secteur public et du secteur privé. Solde financé via la vente de la chaleur et la location des compteurs par la coopérative.
  • Économies annuelles par rapport au mazout : 50 000 € (calcul basé sur le prix moyen des combustibles sur l’année 2014).

Pour en savoir plus :

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