Frémissement pour le biogaz en Amérique du Sud

WELTEC Uruguay WebComme de très nombreux pays, les pays sud-américains possèdent un potentiel de développement très important pour le biogaz et les énergies renouvelables. Aguinaldo Ramalho, qui travaille pour le constructeur Weltec BIiopower, s’exprime dans un entretien sur le potentiel, les expériences et les opportunités des sud-américains dans ce domaine.

Quelles sont les conditions requises pour faire fonctionner des installations de biogaz en Amérique du Sud ?
Les conditions de base sont dans l’ensemble bonnes dans de nombreux pays, comme par exemple au Brésil dans le secteur agraire et dans la fermentation industrielle de canne à sucre en éthanol, il existe déjà un savoir-faire. Les conditions requises sont donc prometteuses, par exemple au Brésil, un pays de presque 200 millions d’habitants et qui est le deuxième producteur de bioéthanol au monde. En plus des résidus produits, de potentiels énormes sommeillent dans le secteur des déchets. Cette année, une nouvelle loi brésilienne sur les déchets entre en vigueur. La part de déchets qui est recyclée, valorisée et traitée réglementairement doit y être rehaussée. L’industrie agraire dans le sud du Brésil fournit également d’autre gisements importants d’intrants. Tous ces substrats sont jusqu’à présent en grande partie inutilisés.

Quelles circonstances freinent le développement en ce moment ?
Une conscience verte, une manière de vivre la protection de l’environnement et la réflexion sur des concepts énergétiques d’avenir ne se sont toujours pas établis à cause d’un manque de connaissance des avantages de la bioénergie. Peut-être que la pression pour agir n’est pas encore suffisamment élevée.
De plus, dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, les investisseurs sont réticents à cause de l’inflation élevée. Avec presque 6%, le taux d’inflation brésilien a même dépassé en 2013 le plafond de 4,5% imposé par la banque centrale. Même le taux directeur de 11% ne pouvait rétablir la confiance des investisseurs. Dans ces circonstances, les installations devraient déjà être amorties après environ 5 ans pour être lucratives, un laps de temps irréaliste.

Malgré cela, en 2013, Weltec a commencé la construction d’une installation de 3 MW en Uruguay. De tels projets peuvent-ils faire référence ?
En principe, oui. D’autant plus que la production d’énergie décentralisée a de nombreux avantages : en plus d’alimenter des régions rurales en énergie, les projets créent des emplois et de la valeur ajoutée. Ces projets ont l’avantage d’agir simultanément comme des instruments économiques, énergétiques et politiques de développement.
De surcroît, cela aide à instaurer le principe de la cogénération, qui est très peu connu. Pour le projet en Uruguay, il était aussi important pour le maître d’ouvrage que ses produits laitiers soient produits et emballés pour le marché asiatique avec l’électricité et la chaleur du processus de l’installation. Les projets vont ainsi dans le sens d’une indépendance énergétique, ce qui est aussi le cas pour notre commande actuelle au Brésil.

De quoi est-il exactement question dans ce projet ?

L'industre de la canne à sucre génére de nombreux substrats, usine Raisen au Brésil, photo Shell

L’industrie de la canne à sucre génère de nombreux substrats, usine Raisen au Brésil, photo Shell

Comme évoqué, le Brésil est le numéro deux mondial pour la production de bioéthanol après les États-Unis. Les résidus qui en résultent pourraient être utilisés de manière énergétiquement cohérente lors de la fermentation et ainsi couvrir les besoins en électricité et en chaleur du processus de production. La canne à sucre, en raison du climat, ne peut toutefois pas être récoltée toute l’année. D’autres matières premières doivent donc être aussi utilisées. Ce changement constant de substrats au cours de l‘année ne représente qu’un des défis auxquels doit faire face la planification. Les dimensions de cette raffinerie de biométhane sont également inhabituelles. Une fois l’installation finie, plus de 30 millions de Nm³ de biogaz pourront être produits, c’est-à-dire environ 4000 Nm³/heure. Il est donc très important de faire fermenter efficacement non pas uniquement les résidus de distillation, mais aussi la paille et les tourteaux de la plante. Le processus est exigeant, en particulier en raison de la teneur en lignine élevée des résidus. Et en ce moment, il est même important de pouvoir utiliser tous les ressources énergétiques, à l’image des sources d’énergie en jachère dans la campagne.
Néanmoins, les potentiels sont également importants dans d’autres domaines : en ce qui concerne les stations d’épuration, de grandes quantités de boues ne sont pas utilisées, qui sont également une ressource pour les installations de méthanisation. La méthanisation existe déjà un peu, mais le plus souvent, le gaz est soit brulé par une torchère de manière incontrôlée ou s’échappe dans l’atmosphère en tant que gaz nocif pour le climat.
Le secteur agricole délaisse également des substrats. La densité d’installations de biogaz y est donc fortement sous-développée : il y avait dans les années 80 environ 2500 lagunes bâchées pour la fermentation de lisier dans le sud de la « Ceinture porcine », dont il ne reste aujourd’hui que 20 installations environ. Si l’on se base donc sur la taille du pays, le potentiel global est énorme.

Un regard sur le futur proche : dans deux ans, le Brésil sera l’organisateur du prochain « méga évènement »: les jeux olympiques d’été. Le continent, aura-t-il d’ici-là posé les jalons du tournant énergétique ?
En août 2016, on aura besoin d’une source d’énergie qui s’allume à Rio de Janeiro, mais pas seulement pour la flamme olympique. Les besoins énergétiques dans les pays émergents sud-américains augmenteront dans les prochaines années avec la prospérité croissante. Le biogaz pourrait y prendre parfaitement sa place. De plus, tous les pays souhaiteraient se détacher des importations d’énergie. Même des états comme la Colombie qui peuvent avoir accès à d’importants gisements de charbon, miseront sur les sources renouvelables pour acquérir des possibilités d’exportation.
Au Brésil, déjà plus de la moitié des énergies provient de sources renouvelables, en particulier l’énergie hydraulique et éolienne. L’Uruguay également veut atteindre ce taux dans les prochaines années. Les pays, comme l’Argentine et le Mexique auront peu changé d’ici 2016. Leurs marchés sont dominés par les sources d’énergie fossiles et d’un point de vue politique, sont peu enclin à changer.
Sans tenir compte du pays sur lequel on se concentre, les projets d’énergies renouvelables ne feront école que si les exemples positifs de la production énergétique décentralisée se répandent. En particulier face à la taille du continent. Nous avons donc besoin de bonnes expériences avec des projets de référence, qui seront multiplicateurs. A ce propos, avec notre commande actuelle, nous apportons notre contribution à l’orientation selon laquelle des énergies renouvelables ont la priorité dans l’ensemble du continent dans un futur proche.

Le biogaz en Amérique du Sud : quelques informations de base

Jusqu’à présent, le nombre d’installations professionnelles de biométhanisation en Amérique du Sud est restreint. En Argentine et en Uruguay, il y a en tout deux installations qui correspondent aux standards européens, dont la nôtre.

Aguinaldo Ramalho, Weltec

Aguinaldo Ramalho, Weltec

On peut trouver dans les deux pays des fosses couvertes de bâches sur 30 autres sites. Ces lagunes n’offrent cependant pas de processus biologiques stables et sont équipées ni de chauffage, ni de technique d’agitation professionnelle. Au Brésil, on mise jusqu’à présent aussi sur les digesteurs bâchés, dans lesquels est stocké la plupart du temps du lisier, sans que le gaz ne soit utilisé énergétiquement. Pour les décharges et les stations d’épuration aussi, il n’existe pas d’installations de biométhanisation notables.
La production d’électricité et de la chaleur par la biomasse se situe toujours à la troisième place des mélanges énergétiques verts en Amérique du Sud. Plus de deux tiers est basée en majorité sur l’énergie hydraulique; l’énergie éolienne arrive en deuxième place. Les experts partent du fait que l’éolien et la biomasse vont se développer fortement dans les prochaines années.
Les énergies fossiles continueront de jouer un rôle important – au Brésil, on mise beaucoup sur le pétrole en ce qui concerne l’utilisation d’énergies primaires. Ainsi, l’état le plus peuplé d’Amérique du Sud souhaite aussi rester autosuffisant avec un mélange de sources d’énergies fossiles et renouvelables et donc se détacher en grande partie des importations.
Les énergies renouvelables ne sont pas toujours écologiques en Amérique du Sud : ainsi dans le secteur de la production énergétique à partir de l’énergie hydroélectrique, on trouve au Brésil plusieurs méga-barrages qui inondent fortement des régions importantes de la forêt équatoriale.

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