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La société avicole du Moulin Rouge à Mouscron abandonne le fioul pour le bois-énergie

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Article paru dans le Bioénergie International n°99 d’octobre 2025

Le chaufferie de le société avicole du Moulin Rouge, photo Frédéric Douard

Patricia et Bernard Decruyenaere ont hérité d’une toute petite exploitation agricole familiale de 10 ha dans le village de Dottignies, commune de Mouscron en Wallonie picarde. Pluriactifs du fait de la très petite taille de leur ferme, ils continuent néanmoins à cultiver la terre et pratiquent l’élevage de poulets de chair en complément de leur activité salariée.

Un élevage familial à transmettre

Le premier poulailler a été construit en 1992. Il s’agit d’un bâtiment de 1500 m² contenant 30 000 animaux. Les poulets y sont élevés selon des cycles de sept semaines. En 1999, un deuxième bâtiment de 1800 m² a été créé pour 36 000 poulets. La température et l’humidité dans les bâtiments est contrôlée avec précision par un ordinateur qui commande le chauffage, la ventilation et la brumisation en été pour faire tomber les chaleurs excessives.

Les deux premiers poulaillers, photo Frédéric Douard

La température adéquate pour les animaux décroît avec leur âge. De 34°C pour les poussins, elle s’abaisse progressivement à 21°C à la fin du cycle. Au départ, le chauffage était assuré par des brûleurs à pétrole à flamme directe. Ce combustible a été ensuite remplacé par du fioul domestique à faible teneur en soufre jusqu’en 2024.

La solution à fioul est économique tant que le prix du combustible est bon marché, car l’investissement est faible. Elle présente néanmoins quelques inconvénients sanitaires, en plus du fait que le prix du mazout flambe régulièrement. La combustion directe produit en effet de l’humidité et du dioxyde de carbone dans les bâtiments, ce qui doit être maîtrisé par la ventilation, source de perte de chaleur.

Le nouveau poulailler, photo Frédéric Douard

Pour optimiser les conditions de rentabilité de leur élevage à l’occasion de la construction d’un troisième poulailler en 2024, dans la perspective d’une cession de l’activité à leurs enfants, la famille Decruyenaere a décidé de revoir l’ensemble du mode de chauffage. Elle a également profité des travaux d’agrandissement pour créer des réseaux enterrés pour la chaleur, l’électricité, la gestion à distance, mais aussi l’eau qui dispose de trois réseaux distincts pour la boisson, la brumisation et le nettoyage : eau de forage, de ville et de pluie. La construction du dernier bâtiment de 2700 m² pouvant accueillir 60 000 poulets supplémentaires, a été l’occasion de créer une cuve de récupération des eaux pluviales de 300 000 litres sous le troisième poulailler et reliée aux autres bâtiments.

Le choix économique du bois-énergie

Pour se passer du fioul en combustion directe, la solution est d’utiliser une chaudière. Or, le recours à une chaudière engendre des surcoûts par rapport à la combustion directe : un rendement d’échange qui s’ajoute et un investissement important tant sur le générateur que sur les réseaux de distribution d’eau chaude.

La solution à bois déchiqueté a été appréhendée 3 ou 4 ans avant sa réalisation et une étude économique a dû être réalisée. Pour cela, la famille Decruyenaere a fait appel à une société spécialisée en chaufferies biomasse : l’entreprise Biosynergy installée à Renaix en Flandre voisine. Cette PME propose depuis 15 ans ses services de conseil et d’étude, ainsi que de vente, installation et maintenance de chaudières automatiques à bois pour les professionnels et les collectivités.

Le brûleur fioul de secours de la chaudière bois et derrière les deux ballons tampon, photo Frédéric Douard

La première étude a montré que les économies d’exploitation par rapport à la solution fioul (50 à 60 000 litres par an) étaient de l’ordre de 28 000 €/an pour le chauffage des deux premiers bâtiments, le troisième n’étant pas encore là, et ce avec un mazout à 0,7 €/litre. Cela engendrait un temps de retour brut sur investissement de 16 ans, peu attractif mais qui dépendait beaucoup du prix du fioul et qui pouvait donc se raccourcir d’autant plus vite que ce prix grimpait.

Quelques années plus tard, lorsque la décision a été prise de construire le troisième bâtiment, et peut-être un quatrième par la suite, l’opération devenait par contre tout à fait rentable à terme, d’autant que les chaudières sont faites pour fonctionner largement 25 ans si on en prend soin et que le génie civil peut s’amortir sur des durées importantes.

L’une des trois sous-stations de l’élevage, photo Frédéric Douard

Le dimensionnement réalisé par Biosynergy a montré que les besoins de l’élevage, en intégrant un quatrième bâtiment de 2000 m² dans le futur, demandaient une chaudière de 700 kW avec 15 000 litres de stockage d’eau chaude pour absorber les pics de demande, notamment le matin. Ce chiffrage intégrait les équipements de désilage et convoyage du bois, de filtration des fumées et de distribution de l’eau chaude pour un montant de 450 000 € HT. Il incluait aussi l’enfouissement de 150 ml de réseau de chaleur pour relier les trois bâtiments, chacun avec sa sous-station. Les adaptations du réseau secondaire étaient hors de ce budget, tout comme la construction du bâtiment chaufferie qui a coûté 90 000 € HT. D’une surface de 540 m², celui-ci a en effet été surdimensionné pour assurer également le stockage d’engins, de matériels et de litière, en plus de la chaudière bois et de ses silos.

Une chaufferie Uniconfort

L’offre technologique de Biosynergy fait appel à plusieurs marques de chaudières qui sont proposées par rapport à leur puissance et leur capacité à brûler tel ou tel combustible. Pour ce projet, l’offre a été faite avec une chaudière Uniconfort de 700 kW plus ses périphériques. Elle a été mise en service le 17 novembre 2024.

Le foyer de la chaudière bois, photo Frédéric Douard

La chaudière dispose d’un foyer à grille mobile alimenté par une vis de dosage. Elle dispose d’un allumage automatique, de ramoneurs pneumatiques et se pilote à distance depuis un smartphone. Elle a été équipée d’un brûleur à fioul escamotable qui peut dépanner si le système d’alimentation du bois est indisponible. Il peut aussi être utilisé à des moments de très faibles besoins que ne justifient pas forcément le rallumage du bois.

La chaudière est nettoyée à l’occasion de chaque fin de cycle de l’élevage, le temps de remplacer les poulets par des poussins. Cet entretien saisonnier, réalisé par le salarié de l’entreprise, dure de 1 à 2 heures. Un entretien annuel est assuré plus profondément par Biosynergy.

La chaudière est alimentée à partir d’un silo actif à plat pouvant contenir une semi-remorque de 90 m³ de bois déchiqueté, repoussé à l’aide d’une chargeuse. Il est désilé par des racleurs hydrauliques au sol. Un second silo adjacent pouvant contenir deux semi-remorques de 90 m³ fait office de réserve de stockage. Ce sont une bonne quinzaine de camions qui alimentent ainsi l’installation à l’année pour une consommation actuelle de 1500 MAP de plaquettes forestières ou bocagères à 25 % d’humidité.

Le silo actif de la chaudière bois, photo Frédéric Douard

Aujourd’hui, Bernard Decruyenaere est content de son choix, satisfait de son installation et de son prestataire, et calcule avec satisfaction son ratio de chauffage par poulet qui est tombé à 4,5 c€, alors qu’il est plutôt de 7 c€ chez ses confrères restés au fioul. Et globalement, ses frais variables sont descendus à 14 % au lieu de 25 % auparavant.

Contacts :

  • Société avicole du Moulin Rouge : decruyenaereb@outlook.be
  • L’installateur : +32 477 871 471 – info@biosynergy.be – www.biosynergy.be
  • Le chaudiériste biomasse : +39 0495 95 20 52 – info@uniconfort.com – www.uniconfort.com
  • Le fournisseur de bois-énergie : jeancatteau@hotmail.be – www.catteaujean.com

Frédéric Douard, en reportage à Mouscron


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