Du bois de saules et des roseaux pour les chaufferies biomasse de Bordeaux Métropole

Roselière, photo Frédéric Douard

Solagro vient de terminer une étude inédite sur une filière de production de bioénergie, adaptée au territoire Marais de Peychaud sur la commune d’Ambarès-et-Lagrave en Gironde. L’étude a croisé les possibilités de production de végétaux garantissant la préservation de la biodiversité avec les débouchés énergétiques possibles sur le territoire du Marais.

Préserver la biodiversité du marais

Dans l’objectif de concilier enjeux de développement et préservation de la biodiversité, Bordeaux Métropole a acquis en 2017 le marais de Peychaud. Cette zone agricole de 200 ha, est située dans l’Entre-Deux-Mers, en zone inondable et Natura 2000.

La récolte et la valorisation de la biomasse des marais permet la pérennité de ces milieux, notamment en évitant leur comblement, photo Xavier Douard

Toute la zone est reconnue d’intérêt remarquable du point de vue de la faune et de la flore, l’enjeu est donc de conserver, voire de renforcer les habitats (création de haie, conservation des arbres favorable à la biodiversité) et de restaurer la zone humide.

Développer une filière bioénergie

Outre les enjeux écologiques, imaginer une filière bioénergie c’est mettre en synergie les attentes du territoire avec des filières de production agricole et des débouchés énergétiques. Après avoir réalisé le diagnostic du territoire, il est apparu que la solution la plus adaptée pour valoriser l’énergie de la biomasse produite sur le Marais serait le bois-énergie grâce aux chaufferies bois déjà existantes. La filière bois-énergie est en effet bien développée en Gironde, et particulièrement sur l’agglomération de Bordeaux Métropole, grâce à la mise en œuvre de chaufferies collectives avec réseaux de chaleur, publics ou privés.

Récolte mécanisée de phragmites dans les Hauts-de-France, photo Xavier Douard

Le saule et le roseau pour préserver la biodiversité

Au terme de la phase de diagnostic des débouchés énergétiques, plusieurs productions végétales ont été imaginées et c’est la filière mixte de production de plaquettes de bois à partir de saule et de roseaux qui a été retenue.

Le roseau est une espèce naturellement présente à proximité immédiate du marais de Peychaud. C’est une culture qui s’adapte au contexte du marais car elle aime avoir les rhizomes dans l’eau une bonne partie de l’année, tout en présentant une excellente résilience aux épisodes de sécheresse intense.

Elle représente aussi un habitat de choix pour la nidification des espèces d’oiseaux patrimoniales.

Le saule (TCR) taillis à courte rotation sera quant à lui, utilisé en inter-rang, pour servir de couloir écologique. Il sera ensuite exploité tous les sept ans alors que les roselières seront taillées chaque année.

Taillis à Très Courte Rotation de saules, photo Frédéric Douard

Le saule a été choisi car c’est une espèce qui colonise déjà spontanément le marais dans les zones les plus humides. Il peut servir de haie et de corridor agroécologique dans la mise en œuvre d’un patchwork de culture.

Une filière innovante

Cette étude a abouti à la formulation d’une filière innovante. Le terrain recevra un patchwork de productions : des parcelles de taillis à courte rotation de saules sur sept ans et, en inter-rang, une roselière fauchée annuellement. Les plaquettes produites alimenteront les chaufferies bois existantes de la métropole.

Broyeur exportateur sur chenillard MD TRACK dans les Landes, photo Ménard-Darriet-Cullerier

Si l’étude se poursuit par sa mise en œuvre, cela sera une grande première car la récolte de roseaux à grande échelle associée à une récolte mécanisée n’existe pas en France.

Un article Solagro

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