La méthanisation dans le mix énergétique français : enjeux, impacts et propositions

Les associations Solagro et négaWatt ont co-rédigé une note d’information sur la place de la méthanisation agricole dans le mix énergétique français. Cette question fait l’objet d’une mission d’information menée par le Sénat, pour laquelle les structures ont été auditionnées.

« La place de la méthanisation dans le scénario négaWatt est très étroitement liée au scénario Afterres2050 réalisé par Solagro. La complémentarité des expertises de négaWatt et de Solagro dans les domaines de l’énergie et de l’agriculture, permet une approche systémique des enjeux, nourrie par des travaux de terrain et de recherche. La transition écologique, devenue impérative pour répondre aux multiples enjeux environnementaux que sont notamment le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité ou encore la pollution de l’air et des sols, nécessite de mobiliser d’innombrables leviers. Parmi eux, la méthanisation occupe une place significative. »

Cette note permet de faire le point sur les enjeux et les impacts de cette filière et de soumettre quelques propositions.

La transition écologique, devenue impérative pour répondre aux multiples enjeux environnementaux que sont notamment le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité ou encore la pollution de l’air et des sols, nécessite de mobiliser d’innombrables leviers. Parmi eux, la méthanisation occupe une place significative.

À la croisée des enjeux agricoles et énergétiques, elle permet de produire l’équivalent du gaz naturel d’origine fossile que nous consommons massivement aujourd’hui pour chauffer nos bâtiments, alimenter nos industries ou faire rouler certains véhicules. Ce gaz ainsi produit par méthanisation étant au départ issu de la biomasse, il est considéré comme étant d’origine renouvelable, et affiche un bilan gaz à effet de serre (GES) nettement plus positif que son homologue d’origine fossile. S’il dégage, lorsqu’il est brûlé, la même quantité de CO₂ que du gaz fossile, ce CO₂ provient de matières biodégradables qui par définition se seraient décomposées – dans un délai d’un mois environ – par une autre voie, si elles n’avaient pas été méthanisées. Face à l’enjeu climatique, la méthanisation est donc bel et bien une solution pertinente.

Ce bilan positif doit s’inscrire dans une évaluation plus globale, au regard d’autres enjeux environnementaux. Et là aussi le constat penche en faveur de la méthanisation. Sur le terrain, on observe que les exploitations agricoles concernées consomment moins d’engrais azotés et émettent moins d’ammoniac que la moyenne. D’autres effets positifs sur le plan environnemental ont également été relevés.

Enfin, la méthanisation permet de créer des emplois en milieu rural et cela durablement. Alors que le secteur agricole traverse de multiples crises depuis plusieurs décennies, l’arrivée d’un complément de rémunération pour les agriculteurs ne peut être que bienvenu.

Bien sûr, la méthanisation n’est pas la solution miracle qui permet de répondre à l’ensemble des enjeux. Son potentiel de production reste limité : entre 90 et 150 TWh à l’horizon 2050, contre environ 500 TWh de gaz fossile consommés actuellement en France. Ses effets induits sont à surveiller, anticiper et prévenir. Son développement doit s’inscrire dans celui d’une agriculture durable. Si ces conditions sont réunies, si les dispositifs d’accompagnement existants sont consolidés, alors la méthanisation pourra pleinement assurer sa contribution à l’atteinte de nos objectifs énergie-climat, tout en étant au service du secteur agricole.

>> Télécharger la note d’information de juin 2021

Frédéric Douard

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