La valorisation énergétique des bois de vergers en basses tiges

Article paru dans le Bioénergie International n°41 de janvier-février 2016

Chantier de récolte de bois-énergie sur un vergers en basses tiges, photo FD CUMA BN

Chantier de récolte de bois-énergie sur un vergers en basses tiges, photo FD CUMA BN

40 %, c’est la surface de vergers en basses tiges que concentre la région Basse-Normandie sur le territoire national, ce qui la classe nettement en tête pour ce type de peuplement. La conduite des pommiers en basses tiges se différencie par son exploitation et son caractère intensif qui nécessite un renouvellement des arbres tous les 25 à 30 ans. Contrairement à la conduite traditionnelle en hautes tiges, les vergers de pommiers en basses tiges connaissent une augmentation constante de leurs surfaces pour atteindre 5 250 ha et près de 1 300 exploitations sur la Basse-Normandie selon le recensement Agreste de 2010.

Quel débouché pour le bois ?

16 000 tonnes par an, c’est le potentiel de bois humide qu’il est possible de produire sur la région, si l’on considère que chaque année 200 ha sont renouvelés et qu’un hectare produit en moyenne 80 tonnes de bois. Ce gisement est loin d’être négligeable comparé à la consommation annuelle des chaufferies collectives bas-normandes qui s’établit à 120 000 tonnes en 2015 soit près de 15 % des besoins en combustible.

Rappelons que le bois produit à partir des pommiers en basses tiges est généralement de qualité inférieure à de la plaquette forestière notamment en terme de granulométrie. Pour cela, il doit exclusivement être dirigé vers des chaufferies de forte puissance.

Optimiser la productivité des chantiers

Les étapes de valorisation des bois de renouvellement des vergers en basses tiges, FDCUMA BN

Arracher, couper, ranger en un seul passage

Afin d’améliorer la productivité des chantiers de production de bois-énergie à partir de vergers en basses tiges, il est possible de réaliser trois opérations en un seul passage. Equipé d’un coupeur abatteur de type cisaille, l’opérateur de la pelle mécanique sur chenilles enchaîne trois étapes :

  • Tout d’abord en pinçant le tronc sans le sectionner afin d’arracher l’arbre entier.
  • L’arbre toujours maintenu dans la mâchoire est sectionné par la lame. La souche est déposée sur place ou idéalement, directement dans une benne agricole.
  • Enfin, les troncs sont déposés par groupes, généralement par quatre pour optimiser la reprise et limiter les déplacements de la déchiqueteuse.

Déchiqueter

Une fois les pommiers mis en andains et rassemblés par quatre, le déchiquetage est réalisé avec une grosse grille (80-100 mm). Les débits de chantiers observés sont en moyenne de 50 m³/heure, par exemple avec la déchiqueteuse de la cuma Innov’61, une Noremat, Valormax 42-100 entraînée par un tracteur de 250 cv.

«L’abattage mécanisé permet de garantir l’absence de terre et de cailloux lors du déchiquetage. Celui-ci s’effectue au rythme de 50 m³ heure, soit environ 150 pommiers», précise Sébastien Leveillé, chauffeur de la déchiqueteuse de la cuma Innov’61.

Déchiquetage par la Cuma Innov’61 lors du renouvellement d’un verger en basses tiges, photo FD CUMA BN

Déchiquetage par la Cuma Innov’61 lors du renouvellement d’un verger, photo FD CUMA BN

Évacuer et stocker temporairement

Le bois déchiqueté peut ensuite être évacué du chantier. Le transport ne diffère pas d’un chantier de déchiquetage de bois bocager. Deux notions sont cependant importantes à intégrer : le nombre de bennes et leur capacité.

  • Le nombre de bennes : jusqu’à deux kilomètres du lieu de stockage temporaire du bois déchiqueté et un débit compris entre 40 et 60 m³ par heure, deux bennes sont suffisantes. Au-delà, une troisième sera nécessaire pour éviter les ruptures de déchiquetage. La capacité des bennes aura également une incidence, un volume de 25 m³/benne est adapté. Des rehausses peuvent permettre d’atteindre plus de 30 m³.
  • Les bennes, comme le matériel de manutention, doivent être exemptes d’indésirables : pierres, terres, effluents… La qualité du combustible doit être prise en compte dans toutes les étapes du chantier.
Stockage provisoire de bois-énergie produit sur un verger en basses tiges, photo FD CUMA BN

Stockage provisoire de bois-énergie produit sur un verger en basses tiges, photo FD CUMA BN

Recharger

Chargement pour livraison, photo FD CUMA BN

Chargement pour livraison, photo FD CUMA BN

Le chantier touche à sa fin, le bois peut être rechargé à l’aide d’un chargeur télescopique équipé d’un godet de grosse capacité, de type godet à céréales. Le transport vers les chaufferies de fortes puissance s’effectue généralement en camion à fond mouvant de 90 m³.

Quel devenir pour les souches ?

Encore peu développé, le broyage des souches permet de valoriser un sous-produit encombrant et qui termine souvent son existence dans un coin de parcelle. Plusieurs étapes sont cependant nécessaires pour cela.

Le passage des souches dans un broyeur lent permet de déchiqueter celles-ci. Le problème reste la quantité de terre incorporée au produit. Pour y pallier, un passage dans un crible est indispensable. Ces deux opérations ajoutées à une manutention parfois importante compliquent la rentabilité de l’opération.

Broyage de souches avec broyeur lent Doppstadt DW 3060, photo FD CUMA BN

Broyage de souches avec broyeur lent Doppstadt DW 3060, photo FD CUMA BN

Des volumes significatifs sont impératifs pour équilibrer les charges avec les produits liés à la vente du combustible.

Accompagnement

Andain de souches après déchiquetage des arbres, photo FD CUMA BN

Andain de souches après déchiquetage des arbres, photo FD CUMA BN

La fédération des cuma de Basse-Normandie accompagne le développement de la filière bois-énergie depuis plus de dix ans. Avec la demande croissante des agriculteurs pour des chantiers clé en main (abattage, déchiquetage, évacuation et commercialisation), la fédération des cuma propose des références techniques sur des chantiers atypiques. Ces documents permettent aux propriétaires de vergers en basse-tiges de valoriser économiquement le renouvellement de leur peuplement. Ces références donnent des pistes pour améliorer la productivité de ce type de chantier qui doit être performant pour limiter le coût de revient à la tonne produite et permettre aux agriculteurs de dégager une marge.

Contact : Fédération des cuma de Basse-Normandie
François-Xavier BABIN – Animateur & conseiller bois-énergie
109 rue d’Argentan – BP 33 – 61001 Alençon cedex
02 33 80 82 95 – 06 30 66 81 35 – francois-xavier.babin@cuma.fr
www.basse-normandie.cuma.fr

>> Télécharger le fiche-guide de la Fédération des cuma en pdf

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