Estimation des gisements de substrats utilisables en méthanisation en France

Récolte de biomasse de bord de route, photo Conseil général du Loiret

Cette étude, réalisée pour l’ADEME par Solagro et Indiggo, porte sur la mise en place d’une méthode d’estimation des gisements potentiels de substrats utilisables en méthanisation. Elle a pour but d’afficher des résultats globaux au niveau national tout en proposant des chiffres à un niveau départemental qui pourront être intégrés à des documents d’objectifs régionaux. Cette étude définit 4 types de gisements : le gisement brut de production, le gisement brut disponible, le gisement net disponible et le gisement mobilisable à 2030 inscrit dans un exercice prospectif.

Les ressources prises en compte sont :

  • Les ressources agricoles : effluents d’élevage, résidus de cultures, cultures intermédiaire à vocation énergétique ;
  • Les ressources d’industries agro-alimentaires (IAA) par secteurs d’activités ;
  • Les ressources de l’assainissement ;
  • Les déchets verts ;
  • Les biodéchets des ménages ;
  • Les biodéchets de la restauration, des petits commerces, de la distribution, des marchés.

Les ressources ci-après ont été identifiées comme utilisables en méthanisation mais en phase d’expérimentation ou difficile à estimer, elles n’ont pas fait l’objet d’une évaluation quantitative à l’horizon 2030 :

Biodéchets ménagers

  • Les algues vertes
  • Les micro-algues
  • L’herbe de bord de routes
  • Les prairies
  • Les productions agricoles de fruits et légumes

Le gisement mobilisable à 2030 (GM) intègre la hiérarchisation des valorisations par grand type de ressources, les contraintes techniques, économiques et législatives de mobilisation (à travers le calcul du Gisement net Disponible GND estimé à 85% du GBP) ainsi que la vitesse de développement de la filière de méthanisation (à travers le taux de mobilisation du GND fixé pour chaque type de ressource).

Le gisement global mobilisable à 2030 pour la méthanisation a ainsi été évalué à 130 millions de tonnes de Matière Brute soit 56 GWh d’énergie primaire en production de biogaz. Il est composé à 90% de matières agricoles. Ce gisement représente 30 % du gisement net disponible, le potentiel de production de biogaz à partir des ressources considérées dans cette étude s’élève à 185 TWh . Ces ordres de grandeurs sur le gisement net disponible semblent cohérents avec d’autres approches prospectives qui peuvent être plus volontaristes ou intégrer d’autres ressources. Ce travail peut donc servir de référence dans des démarches prospectives de territoire et une logique d’études ressources. Néanmoins, dans un objectif de développement de projets, il convient de sortir de la logique d’études ressources mais de mettre en place un accompagnement sur des territoires ciblés en termes de ressources mais aussi de débouchés énergétiques (chaleur ou réseau gaz). Cet accompagnement vise à définir une typologie de projet et intégrer les acteurs moteurs. Des chantiers expérimentaux sont également à mener sur les ressources telles que les CIVE d’été, l’herbe de fauche de bords de routes aux vues des volumes que celles-ci peuvent représenter dans un disponible supplémentaire. En intégrant ces ressources, le mobilisable pourrait alors dépasser les 70 TWh.

>> Télécharger l’étude (Avril 2013 – 4 Mo)