Biowatts à Angers, la cogénération biomasse remplace l’incinérateur

Depuis octobre 2012, les quartiers de la Roseraie et d’Orgemont à Angers sont chauffés par une chaudière à bois. Jusque là, le quartier de la Roseraie (6 000 équivalents logements) était alimenté en chauffage par l’usine d’incinération des ordures ménagères, et le quartier d’Orgemont ne disposait pas de réseau de chaleur. La ville d’Angers a décidé l’arrêt de l’usine d’incinération au profit d’une solution de tri-méthanisation pour la gestion des déchets et a choisi le bois comme énergie de substitution sur le réseau de chaleur.

La nouvelle centrale de production dénommée BIOWATTS, et qui sera inaugurée officiellement le 5 mars 2013, a donc été implantée en lieu et place de l’Usine d’incinération des Ordures Ménagères Angevine. La nouvelle chaudière Vyncke de 22 MW consomme 90 000 tonnes de biomasse par an. Cette chaufferie produit en même temps de l’électricité qui est revendue à ERDF à un tarif bonifié dans le cadre de l’appel d’offre CRE3 du gouvernement pour la production d’énergie renouvelable. Cette revente représente une entrée d’argent qui permet de maîtriser le coût pour les usagers du réseau de chaleur. C’est l’entreprise Dalkia, le concessionnaire qui porte l’investissement de la centrale dans le cadre d’un contrat d’exploitation qui court jusqu’en 2032. Le bois utilisé est essentiellement constitué de plaquettes forestières qui permettent de développer des emplois dans cette filière.

Synoptique de la centrale BioWatts, cliquer pour agrandir.

En lien avec la construction de Biowatts, la Ville d’Angers a également modernisé et étendu le réseau de chaleur de la Roseraie. Les travaux, qui ont pris fin à l’automne 2011, ont permis de passer le réseau en basse pression, ce qui simplifie son exploitation et réduit le délai d’intervention en cas de panne. Et avec son extension, le réseau alimente désormais le lycée Chevrollier, l’Ecole supérieure d’application du Génie, le lycée professionnel de la Roseraie soit l’équivalent de la consommation de 13 000 logements.

Dans un souci environnemental, la Ville d’Angers a également procédé, à l’été 2011, au remplacement de la chaufferie d’appoint qui est utilisée lors des pics de froid ou lors des arrêts techniques de la centrale bois, par exemple pour des opérations de maintenance. Cette chaufferie d’appoint fonctionne désormais au gaz naturel et au fioul domestique, et non plus au fioul lourd comme c’était le cas pour l’ancien équipement.

En février 2013, l’usine d’incinération de la Roseraie a cessé son activité du fait de la mise en service de Biopole, le centre de méthanisation des déchets ménagers, qui traite désormais les déchets fermentescibles après tri des matières recyclables.

Quelques chiffres

Biowatts Angers

  • Chaudière bois Vyncke : 22 MWth
  • Puissance électrique  : 7,5 MWé
  • Consommation de chaleur : 74 000 MWh/an
  • 13 000 équivalent logements chauffés
  • 27 km de réseau de chauffage urbain
  • Consommation de bois : 90 000 tonnes/an
  • 40 500 tonnes de CO2 évitées/an
  • Coût centrale cogénération bois : 34 M€
  • Coût du réseau d’Orgemont : 14 M€
  • Extension du réseau de La Roseraie : 6 M€
  • Coût de la chaufferie d’appoint : 4 M€
  • Investissement total : 58 M€
  • Création de 31 emplois

Que deviennent les déchets ménagers résiduels précédemment incinérés sur le site ?

Le territoire angevin a choisi l’innovation pour remplacer l’incinération. Depuis début 2011, les déchets des habitants de l’agglomération sont pris en charge sur le site de Biopole à Saint-Barthélemy-d’Anjou. Il s’agit d’une des usines de valorisation des déchets les plus en pointe au niveau national. Elle est une des premières à recourir à la méthanisation et à un système mécano biologique qui sépare les différents types de déchets afin de les diriger vers la bonne filière de traitement. Les déchets organiques entrent ainsi en phase de méthanisation pour produire du biogaz et de la chaleur. Ceci avant d’entrer dans une autre phase de fermentation pour être transformés en compost. Le biogaz, quant à lui, alimente un moteur pour produire de l’électricité ; revendue à Electricité Réseau Distribution France (ERDF). Quant à la chaleur, elle est, pour partie, utilisée sur le site même et revendue. Biopole permet de diminuer de manière significative le volume des déchets ultimes, ceux ne pouvant faire l’objet d’aucune valorisation. Le site dispose d’une capacité de traitement de 60000 à 65 000 tonnes de déchets par an.

Frédéric Douard

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