Géotexia, une usine de biogaz sur le territoire du Mené en Bretagne

Infos clés fiche de cas – Unité de méthanisation territoriale avec cogénération – Matières premières : 35.000 t de lisiers et 40.000 t de coproduits agroalimentaires – Moteur MWM de 1,3 MWé – Production électrique annuelle : 13,8 GWh – Investissements : 14 millions € – Mise en route 2010.

GEOTEXIA, l’affaire d’un territoire : excédents de lisier pour les éleveurs de la CUMA Mené Energie, déchets et coproduits à traiter pour les industries agroalimentaires et la collectivité, des problèmes environnementaux gérés par une même unité de traitement de la matière organique. L’unité Géotexia Mené, implantée sur le territoire de la Communauté de Communes du Mené dans les Côtes-d’Armor, sera inaugurée le 17 juin 2011 à l’occasion des rencontres « énergies et territoires ruraux ».

Le premier coup de pioche a été donné en mai 2008 et la mise en service a été faite fin 2010. Le projet lui – construire une unité collective de traitement de la matière organique – a pris forme il y a déjà plusieurs années, au début de ce nouveau millénaire. Avec l’association MIR (Mené Initiatives Rurales), les habitants du Mené s’étaient alors mobilisés sur les questions environnementales et notamment les problèmes de qualité de l’eau, et ont multiplié alors les visites et voyages d’études pour trouver des solutions. C’est au fur et à mesure de ces déplacements, de rencontres de techniciens, que les habitants ont pris conscience de la complémentarité de certains des problèmes et de tout l’intérêt de bâtir un projet commun autour de la méthanisation.
Géotexia Mené, née de cette réflexion, est un projet pour le territoire, répondant aux problèmes d’excédents d’agriculteurs, de gestions des déchets d’industries locales et de la collectivité, et qui contribue au développement des énergies renouvelables.

Accepter les différences

Un projet commun de territoire certes, mais des objectifs propres et des traditions différentes. Géotexia Mené implique la collaboration d’acteurs locaux qui n’ont pas nécessairement pour habitude de travailler ensemble, ni les mêmes façons de travailler : des industries agroalimentaires locales, des agriculteurs regroupés en CUMA, des élus. Ces derniers ayant à gérer tant les déchets que le développement durable du territoire. Autre partenaire atypique pour les agriculteurs : le groupe Idex, industriel spécialiste du traitement des déchets et de la gestion des équipements de production d’énergie. Quant aux façons de travailler différentes, un seul exemple clé : les processus de décision. Dans une CUMA, au sein d’un conseil d’élus ou dans une entreprise, ces processus répondent à des règles différentes.

Pour parvenir au projet commun, tous ces acteurs ont dû apprendre à accepter leurs différences, à se faire confiance. “Le fait d’être en CUMA,” tient à souligner Dominique Rocaboy, Président de la CUMA Mené Energie, “de faire partie d’un réseau reconnu, nous a donné de la crédibilité aux yeux de nos partenaires, des institutionnels et des financeurs. Un pacte d’actionnaires, avec l’entrée au capital de la Caisse des dépôts et consignations, qui intervient au titre de ses missions du développement du territoire, a été signé.

Le développement de projet

Outre l’ingénierie technique du projet, les étapes de développement intègrent les procédures administratives : dossier ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement) sous le régime de l’autorisation et demande de permis de construire. Lors de la première phase de développement (2004-2006), la procédure légale va jusqu’au bout (autorisation d’exploiter et permis de construire accordés). Les associations de défense de l’environnement (Eaux et Rivières de Bretagne par exemple) étaient favorables au projet. Cependant une association locale de riverains s’est opposé au projet et a attaqué l’autorisation d’exploiter au tribunal administratif. Le développement du projet s’est malgré cela poursuivi.

Techniquement novateur

Géotexia Mené traitera par méthanisation 35 000 t de lisiers agricoles et 40 000 t de coproduits issus d’entreprises agroalimentaires locales (abattoirs,…). Le biogaz alimente un moteur de 1,3 MW électrique. L’électricité produite sera vendue à EDF.
La chaleur du moteur servira à maintenir le méthaniseur à 38°C, sécher la matière organique pour en faire un engrais solide homologable et commercialisable (4000t par an) et un engrais liquide (6000t par an).

L’autre sortie, l’eau traitée (50 000 m3/an), dont la teneur en nitrates sera inférieure à 10 mg/l, irriguera 14 hectares de cultures énergétiques pérennes, principalement des Taillis à très courte rotation (TTCR) de saule au caractère épuratoire reconnu, et servant également à l’alimentation des chaufferies bois industrielles.

Les principaux acteurs

Visite du chantier Geotexia le 18 juin 2010

Géotexia Mené est une société anonyme. Les capitaux propres (10 % des investissements) sont détenus à 32 % par le groupe Idex, 34% par la CUMA, 34 % par la Caisse des dépôts et consignations. La cuma Mené Energie (32 éleveurs), épaulée par Aile (Association d’Initiatives Locales pour l’Energie et l’Environnement) et l’Ademe, a su convaincre des industries agroalimentaires de traiter ensemble leurs effluents (lisiers, déchets et coproduits). Idex Environnement assurera l’exploitation de l’usine. Localement, l’association MIR a accompagné la réflexion en organisant une réunion d’explication rand public. Les élus de la communauté de communes du Mené soutiennent le projet depuis le départ. Aujourd’hui leur soutien est également financier. Géotexia a confié la maîtrise d’oeuvre du processus à Proserpol et l’assistance à maîtrise d’ouvrage à la Semaeb (Société Economie Mixte pour l’Aménagement et l’Equipement de la Bretagne).

https://www.youtube.com/watch?v=gQ73Uyp2iyk

Les chiffres financiers

14 M€ ont été nécessaires à la réalisation de l’usine. L’Ademe, l’Agence de l’eau et le Feder ont apporté 29 % des investissements. Le reste a été financé par l’emprunt (Crédit agricole, Crédit Mutuel de Bretagne, OSEO et le Crédit Coopératif). Le Conseil Régional de Bretagne et le Conseil Général des Côtes d’Armor ont  apporté une garantie bancaire à hauteur de 1 M€ chacun. La communauté de communes du Mené a acheté le terrain sur lequel est implantée l’usine (13 ha). Le chiffre d’affaires annuel escompté est de 4 M€.

Les résultats attendus

Pour les éleveurs et les industriels l’objectif était de se mettre aux normes grâce à des procédés techniques qui contribuent au respect de l’environnement : préservation de la qualité de l’eau, utilisation d’énergies propres et renouvelables. Ce projet cadre parfaitement avec celui des élus de la communauté de communes du Mené, labellisée ‘pôle d’excellence rurale’ : asseoir le développement du territoire sur des projets favorisant le respect de l’environnement.

Frédéric Douard, Bioénergie International

 

Pour en savoir plus : http://geotexia.wordpress.com

>> Voir aussi :

MWM est cité aussi dans ces articles :
  • La décharge de Malleville-sur-le-Bec valorise désormais son biogaz par cogénération
  • Best Pellet forestier 100% renouvelable grâce au biogaz et au solaire
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  • 2 réponses

    1. ETIENNE dit :

      Pour les éleveurs et les industriels l’objectif était de se mettre aux normes grâce à des procédés techniques qui contribuent au respect de l’environnement : préservation de la qualité de l’eau….. bravo !!! Ca a merder où alors?
      Je tiens à votre disposition une photo plus réaliste de la rivière, avec quelques truites qui flottent en surface, ah oui et la station de potabilisation, fermée en aval…

    1. 1 décembre 2011

      […] Et quand un éleveur de porcs à l'Europe aux fesses, il s'active… Le résultat, c'est Géotexia, la première usine française de méthanisation, inaugurée en Bretagne au mois de juin 2011. Avec Géotexia, usine high-tech de technologie […]