L’association Aile dresse un bilan de la filière bois déchiqueté en Bretagne

Chantier de déchiquetage sur parcelle agricoles, après recépage de châtaigner, photo Aile

Chantier de déchiquetage sur parcelle agricoles, après recépage de châtaigner, photo Aile

Le rapport rédigé par l’association en charge du plan bois-énergie en Bretagne présente un bilan de 7 années d’intervention du programme sur la mise en place de chaufferies bois et la structuration de la filière bois-énergie. Il inclut notamment le nombre de chaufferies, la consommation de bois et des cartes par département, la description des fournisseurs de bois et l’état des lieux de l’approvisionnement, le bilan financier du programme.

Les pionniers du bois déchiqueté en Bretagne se sont lancés dans les années 80. Dans les années 1990 les industries du bois se sont mises à valoriser leurs sous-produits, et à partir du début des années 2000 les chaufferies à bois déchiqueté ont fait leur entrée dans les collectivités et les fermes pour enfin se développer significativement à partir de 2005. Cette évolution a été entrainée et accompagnée par trois plans bois énergie successifs, 1995-2000, 2000-2006 et 2007-2013. Les deux derniers plans ont été conduits en collaboration étroite entre six partenaires régionaux, l’ADEME, le Conseil Régional de Bretagne et les quatre Conseils Généraux bretons. Depuis 2002, l’animation de la filière bois déchiquetée a été confiée à l’association AILE.

Chaufferie bois de l’hôpital de St Brice en Coglès, photo Aile

Chaufferie bois de l’hôpital de St Brice en Coglès, photo Aile

La Bretagne s’est dotée d’un outil opérationnel et partagé pour stimuler l’utilisation de bois déchiqueté issu de différentes sources de bois, d’abord les déchets bois puis les connexes de scierie, le bocage et l’élagage et depuis peu la forêt. Le bois-énergie sous forme de granulé s’est peu développé dans ses usages industriels et collectifs et la Bretagne en produit aujourd’hui un volume négligeable sur son territoire. Le bois bûche reste le combustible majoritaire de la filière et représente 79% des énergies renouvelables produites en Bretagne (Observatoire de l’énergie, édition 2013). La Bretagne est positionnée dans la première moitié des régions les plus équipées en appareils de chauffage au bois bûche.

Le document réalisé par Aile et présenté ici offre un regard sur la situation de la filière bois énergie, sous forme de bois déchiqueté, en Bretagne : deux grandes parties sont développées, d’abord un regard sous l’angle technique du sujet pour comprendre la situation actuelle, sur l’offre en bois-énergie puis sur le développement des chaufferies bois déchiqueté, et ensuite un bilan financier du dernier programme pour souligner les efforts déployés par les pouvoirs publics pour atteindre le développement actuel. Les éléments de constat et d’analyse de ces deux grandes parties serviront en conclusion à mettre en avant les défis que cette filière devra relever dans l’avenir. Retrouvons ici quelques extraits.

Panorama des installations et des usages du bois déchiqueté

L’installation de chaufferies s’est considérablement accélérée depuis 2007. Deux raisons à cela : le démarrage du troisième plan bois-énergie avec des objectifs ambitieux de consommer 100 000 tonnes supplémentaires en 2013 (on était alors à 80 000tonnes consommées), puis le lancement national du fond chaleur par l’ADEME en 2009 qui est venu renforcer les objectifs et les moyens régionaux.

État des lieux au 1 janvier 2014 : chaufferies en fonctionnement et en construction 

Etat des lieux Bretagne 2014 - Aile - Cliquer pour agrandir.

Etat des lieux Bretagne 2014 – Source Aile – Cliquer pour agrandir.

La fourniture de bois déchiqueté en Bretagne

Tous types confondus, une cinquantaine de plateformes de livraison de bois déchiqueté pour l’énergie sont recensées en Bretagne. Une dizaine est gérée par des collectivités produisant elles-mêmes leur bois. Les autres plateformes sont gérées par une trentaine d’acteurs commerciaux. Jusqu’en 2007, les sources de bois mobilisées étaient les déchets de bois (palettes broyées), les sous-produits de la seconde transformation du bois et les connexes de scierie. Les sources d’approvisionnement se sont progressivement diversifiées. L’évolution de la consommation jusque fin 2012 s’est principalement faite dans le secteur du déchet industriel bois, du déchet vert et du bois d’élagage, des connexes et dans une moindre mesure de la plaquette forestière.

En 2013, l’engagement des projets industriels lauréats de l’appel à projet BCIAT et la mise en service de la cogénération de Rennes, se traduit par une mobilisation plus forte des plaquettes forestières. Ces dernières, qui nécessitent une récolte spécifique en forêt, ont un coût de production significativement plus élevé que les sources de bois énergie utilisées jusqu’alors.

Evolution de la consommation de bois déchiqueté en Bretagne - Cliquer pour agrandir.

Evolution de la consommation de bois déchiqueté en Bretagne, source AILE – Cliquer pour agrandir.

Le bois déchiqueté est produit à partir de différentes sources. Les chiffres ci-dessous proviennent des données déclaratives des fournisseurs et des chaufferies, qui consomment au total 417 000 tonnes de bois. 331 000 tonnes concernent des chaudières en fonctionnement. 86 000 tonnes concernent des projets qui sont en construction et sont donc des données prévisionnelles.

Consommations prévisionnelles de bois déchiqueté en Bretagne en 2015 selon les origines - Cliquer pour agrandir.

Consommations prévisionnelles de bois déchiqueté en Bretagne en 2015 selon les origines, source AILE – Cliquer pour agrandir.

Conclusions

La consommation de bois déchiqueté en Bretagne représente 12% de la production d’EnR et couvre 2% de la consommation d’énergie régionale hors transports.. 40 fournisseurs s’apprêtent à alimenter en 2015 plus de 400 000 tonnes de bois dans 600 chaufferies automatiques de toutes tailles, de la chaufferie à la ferme à la centrale électrique en passant par les bâtiments communaux, les maisons de retraites, les piscines, les réseau de chaleur communaux et les industries du bois et de l’agroalimentaire. Le potentiel de substitution d’énergie fossile dans les bâtiments consommateurs ciblés pour l’installation de chaudières bois est encore considérable, à la fois à petite échelle sur les communes rurales et à grande échelle sur les réseaux de chaleurs urbains ou dans l’industrie. A cela s’ajoutent des marges de progression pour développer les petites chaufferies : réduction des coûts de mis en oeuvre, simplification des conditions de livraison de bois par le soufflage par exemple, amélioration de l’adéquation combustible-chaudière.AILE

>> Pour en savoir plus, télécharger le rapport complet (50 pages et 6 Mo)

1 réponse
  1. Energie+ dit :

    Très bon article et travail de recensement. Celà souligne toutefois le retard de la Bretagne dans la meilleure utilisation du bois et couplage avec d’autres énergies renouvelables. Quand on lit en effet que « Le bois bûche reste le combustible majoritaire de la filière et représente 79% des énergies renouvelables produites en Bretagne » et que « La Bretagne est positionnée dans la première moitié des régions les plus équipées en appareils de chauffage au bois bûche » et sachant par ailleurs que la Bretagne ne produit que quelques 8% de son énergie, il est impératif de viser l’excellence dans l’utilisation des ressources, dont le bois qui n’y est pas si abondant. Par exemple le bois granulé a de meilleures performances/rendement pour les particuliers et avec moins d’émissions et cendres (meilleur calibrage). S’il est souvent plus cher au départ, le bilan global à l’usage est sans doute plus favorable et préserve aussi mieux la ressource. Le rendement moyen des systèmes de chauffage en Bretagne est sans doute encore faible et mérite d’être amélioré. De même les chaufferies et réseaux de chaleur ont un meilleur bilan en étant couplées avec le solaire à concentration qui peut fournir en même temps l’électricité et le froid. Le développement des haies comme en Normandie et tous les avantages induits mérite aussi d’être appuyé pour la fourniture de bois en plaquettes. Le bois comme le pétrole ont des applications à bien plus haute valeur que la combustion (par exemple l’écorce sert à des produits pharmaceutiques et cosmétique ou des mousse de bois isolantes etc qui parfois au kg sont dans un rapport 1 à 1000 sans parler de bien d’autres usages). Cela mérite donc d’être plus exigeant dans l’utilisation la plus optimale des ressources selon les applications, pour la Bretagne entre autres.

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