Une chaudière à coques de tournesol chez Saipol Lézoux

Informations clés – Industrie agro-alimentaire – Processus vapeur à 5 bar – Combustible : 12 500 tonnes de coques de tournesol par an – Chaudière Berkes de 7 MW, vapeur à 12 bar – Couverture des besoins à 100% par la biomasse – Investissement chaufferie biomasse : 300 000 €  – Mise en service fin 2010 – Article paru dans le Bioénergie International n°17 de février 2012.
Les produits de Saipol, graines, huile, touteau et coques, photo Sofiprotéol

Les produits de Saipol, graines, huile, touteau et coques, photo Sofiprotéol

Le site industriel Saipol de Lézoux, dans le Puy-de-Dôme, transforme des graines de tournesol en huiles végétales vendues sous la marque Lesieur pour la consommation humaine et en tourteaux destinés à l’alimentation animale. Implantée depuis 1830 au cœur de l’Auvergne, l’usine, familiale à l’origine, aujourd’hui partie intégrante de Sofiprotéol, s’est progressivement agrandie et spécialisée dans la transformation du tournesol. Sofiprotéol a quant à elle été créée en 1983 à l’initiative du monde pour financier la filière des huiles et protéines végétales.

L’usine de Lézoux assure le traitement annuel de 200 000 tonnes de tournesol, avec la particularité de décortiquer les graines en amont du processus dans le but de mettre sur le marché de la nutrition animale régionale un co-produit plus riche en protéines. L’atelier de décorticage de l’usine permet d’éliminer une fraction des coques, et de générer, à la cadence de 650 tonnes de graines de tournesol, une production journalière de 65 tonnes de coques. La coque de tournesol, compte tenu de ses caractéristiques techniques proches du bois, est considérée comme un biocombustible et utilisée pour produire l’ensemble des besoins en vapeur nécessaire au fonctionnement du site.

Schéma de la graine de tournesolLes graines de tournesol sont composées d’une enveloppe, riche en fibres, entourant une amande, riche en huile et en protéines. Le procédé de décorticage consiste à séparer une partie des coques de l’amande en provoquant l’éclatement de la graine au moyen de « décortiqueurs », puis à retirer une partie importante des coques au moyen de séparateurs. En retirant l’enveloppe des graines, les tourteaux, coproduits solides résultant des opérations de pression et d’extraction, contiennent moins de fibres. Ils sont aussi plus riches en protéines végétales et sont bien valorisés auprès des fabricants d’aliments pour les élevages, notamment dans la région.

En effet, l’usine Saipol de Lézoux, implantée au cœur de la France, permet aux fabricants d’aliments et aux éleveurs de la région d’accéder à une source de protéines végétales locales pour l’alimentation des élevages, et leur évite un approvisionnement portuaire lointain. Séparer l’enveloppe des graines de l’amande est donc apparu à Saipol comme une solution permettant à la fois de produire un tourteau de meilleure qualité pour les animaux, tout en générant, sur son propre site industriel, une source d’énergie renouvelable. Les coques de tournesol produites (17 000 tonnes par an) sont pour une part brûlées dans la chaudière, et pour une autre part expédiées vers d’autres industries utilisatrices (biomasse énergie, production de chaux, construction. . . ).

Procédés de transformation du tournesol à Lezoux, SAIPOL. Cliquer pour agrandir.

Procédés de transformation du tournesol à Lezoux, SAIPOL. Cliquer pour agrandir.

Fin 2010, une nouvelle chaudière biomasse est entrée en activité sur le site de Lezoux. Elle a remplacé d’anciennes installations fonctionnant à partir de coques de tournesol et de gaz depuis 1983. D’une capacité de production de 10 t de vapeur par heure, cette chaudière fournit 100% de la vapeur consommée sur le site industriel. Elle porte la totalité des économies de gaz à effet de serre du site industriel à 8 000 t eq CO2 par an.

L’Ademe a accompagné cet investissement au travers du Fonds Chaleur dans le cadre de l’appel à projet BCIA 2009 (Biomasse Chaleur Industrie Agro-alimentaire) Les projets de production de chaleur à partir de biomasse de plus de 1 000 tep du secteur industriel, agricole et tertiaire sont soutenus par l’intermédiaire d’un appel à projets annuel : le BCIAT (Biomasse Chaleur Industrie Agriculture Tertiaire).

La chaudière Berkes de Saipol Lézoux, photo C. Helsly – Sofiprotéol

Description de la solution technique

  • Chaufferie : 1 chaudière biomasse Berkes de 10 tonnes/h (vapeur 12 bars), soit 7 MWth. La chaudière biomasse est équipée d’un filtre multicyclone et d’un électrofiltre afin de respecter une valeur limite d’émission de poussières inférieure à 50 mg/Nm3 à 11% d’O2.
  • Production thermique à partir de biomasse : 3 870 tep/an, dont 1 500 tep/an supplémentaire par rapport à l’ancienne configuration, ce qui permet aujourd’hui de couvrir 100% des besoins en vapeur du site.
  • Consommation : 12 500 tonnes par an de coques de tournesol, sous-produits de l’installation industrielle.

Une technologie de combustion adaptée à la coque de tournesol

La coque de tournesol, produit extrêmement léger dont la masse volumique est de l’ordre de 100 kg/m3, est brûlée dans une chaudière spécialement conçue à cet effet car équipée d’une chambre torsionnelle assurant la complète combustion des coques en suspension dans le foyer. Le principe de cette chaudière a été mis au point par le chaudiériste basé en Espagne et Amérique du sud. La chaudière& été installée par la société SIL (Société Indutrielle Lorientaise).

Avantages techniques :

  • Une chaudière plus performante en termes de rendement : 90% (contre 70% pour l’ancien équipement) et une quantité de cendres en baisse à la tonne de coques.
  • Une qualité des cendres permettant une valorisation en cimenterie ou en agriculture.
  • Une maintenance automatique et rapide du matériel en termes de ramonage et de nettoyage du foyer limitant les interventions humaines pénibles et les arrêts chaudière.
  • Une meilleure sécurité des installations et du personnel (retour de flamme et conditions de travail).

    De la graine au fond à la cendre au premier plan, photo Fabien KAY, Sofiprotéol

    De la graine au fond à la cendre au premier plan, photo Fabien KAY, Sofiprotéol

Les avantages pour Saipol

La réalisation d’un tel projet sur le site de Lezoux aura permis :

  • d’améliorer la qualité des tourteaux par un débouché sûr et régulier en coques,
  • de limiter l’augmentation des coûts par l’utilisation d’une énergie maîtrisée, en la produisant à partir d’une ressource en biomasse interne au site,
  • de réduire les émissions carbone du site,
  • de pérenniser le site dans sa configuration en triturant essentiellement des tournesols oléique et linoléique,
  • de répondre à l’attente de l’association des riverains très attentive aux projets d’énergies renouvelables,
  • d’obtenir le soutien fort des collectivités locales et territoriales, très important pour le site en termes d’environnement.

Facteurs de reproductibilité

Le secteur industriel, troisième plus gros consommateur d’énergie en France après les secteurs du résidentiel tertiaire et des transports, constitue une cible prioritaire pour le développement des énergies renouvelables, et plus particulièrement du bois-énergie. Afin de susciter ce développement, les industriels disposent via l’ADEME de dispositifs d’aide permettant d’assurer la rentabilité d’un projet biomasse énergie et ainsi répondre à plusieurs enjeux à la fois économiques et environnementaux : limiter leur dépendance à la hausse du coût des énergies fossiles, réduire leurs coûts de fonctionnement et réduire leurs impacts environnementaux.

Contacts :

  • ADEME Auvergne, Tél : +33 473 315 280, ademe.auvergne@ademe.fr
  • Fabien KAY, Sofiprotéol, f.kay@prolea.com – Tél : +33 140 694 958

>> Télécharger la fiche projet ADEME de Lézoux

Le magazine Bioénergie International est disponible :

Berkes est cité aussi dans ces articles :
  • Saipol investit 28,5 millions d’euros dans les bioénergies sur le port de Sètes
  • Saipol va installer une chaudière de 30 MW à coques de tournesol à Bordeaux-Bassens
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