Une chaufferie bois de 16 MW pour le réseau de chaleur de Saint-Denis

Au milieu des années 50, les élus de Saint-Denis sont confrontés à l’existence de fortes disparités dans les conditions de chauffage des habitants, la prolifération de cheminées et d’installations souvent défectueuses. Emerge alors leur volonté politique d’offrir à l’ensemble de la population un service de chaleur efficace et sûr, de réduire les émissions de fumées et d’appliquer une meilleure gestion des approvisionnements et de leur coût.

C’est ainsi qu’est créé en 1957 le réseau public de distribution de chaleur de Saint-Denis. Exploité et maintenu, via une délégation de service public, par la Société de distribution de chaleur de Saint-Denis (SDCSD), filiale de Cofely. En 2010, avec 52 km de canalisations enterrées et 266 points de livraison de chaleur, il est le second plus grand réseau d’Ile-de-France et le quatrième de France.

Certifié ISO 14001, il alimente en chauffage et en eau chaude sanitaire la plupart des équipements publics, la quasi-totalité du parc de logements sociaux, plusieurs copropriétés et plusieurs entreprises privées. Le réseau public de distribution de chaleur de Saint-Denis dessert également des immeubles de logements à Stains, La Courneuve et bientôt Pierrefitte.

Au total, il alimente l’équivalent de 40 000 logements, les crèches, écoles, collèges, lycées, gymnases, l’université Paris VIII, des centres de santé, les hôpitaux Delafontaine et Casanova, l’hôtel de ville, le Stade de France, Generali, Forclum, Orange…

Plus sûr, plus propre et plus économique que des chaudières individuelles, le réseau de chaleur urbain, véritable chauffage central à l’échelle d’une ville ou d’un quartier, a été plébiscité par le Grenelle de l’environnement comme outil de lutte contre le réchauffement climatique.

Depuis l’origine, la préoccupation constante a été de rechercher une mixité et une complémentarité des combustibles utilisés pour la production de la chaleur et de favoriser les énergies les moins chères et les moins soumises aux fluctuations du marché, tant en termes d’approvisionnement que de prix.

Initialement alimenté au charbon, le réseau a constamment évolué vers une offre d’énergies diversifiée et optimisée : fioul, puis gaz et cogénération (production simultanée d’électricité et de chaleur). Aujourd’hui, il franchit une nouvelle étape, avec la réalisation d’une chaufferie biomasse, projet pilote en Ile-de-France à la pointe des évolutions technologiques.

La chaufferie biomasse : un projet d’aménagement urbain durable

Le développement d’une énergie locale et renouvelable

D’une puissance totale de 16 MW, la chaufferie biomasse comportera deux chaudières WEISS de 8 MW et sera installée sur le site de l’ancienne centrale nord à Stains, et qui fonctionnait au fioul.

La production de chaleur

La chaufferie biomasse permet de diminuer considérablement les volumes de fuel et de gaz actuellement nécessaires. Leur part dans la consommation totale diminuant respectivement de 12 à 5 % et de 85 à 67 %. A terme, elle assurera plus de 25 % de la production de chaleur du réseau dionysien, première étape vers le seuil de 50 % qui ouvre droit à une baisse de TVA.

6 à 7 livraisons de bois-énergie sont prévues par jour, du lundi au vendredi, garantissant à la centrale une autonomie en combustible de 4 jours – 3 jours à pleine puissance.

Pour autant, l’utilisation de ce nouveau combustible ne représente pas une augmentation de la consommation de bois traditionnelle. Car celui-ci est constitué de déchets de bois de trois types, dont 50% de plaquettes forestières :

  • bois forestier : rémanents, plaquettes forestières, éclaircies et élagages, rondins…
  • bois de l’industrie du bois : chutes courtes ou longues, écorces, sciures et copeaux…
  • bois palettes : plaquettes issues de déchets propres (classe A)

Par ailleurs, les cendres issues de la combustion du bois seront valorisées agronomiquement  au moyen du co-compostage.

Au total, le recours à cette énergie locale et renouvelable permettra d’éviter chaque année l’émission de 23 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Une contribution significative au développement économique et à la pérennisation d’emplois locaux et régionaux

Le montant de l’investissement s’élève à 14 millions d’euros, subventionné à hauteur de 2 millions par l’ADEME et de 2 millions par le Conseil régional d’Ile-de-France.

Ensuite, 38 000 tonnes de bois seront nécessaires au bon fonctionnement de la centrale chaque année. Elles proviendront de scieries et forêts situées dans un rayon maximum de 100 km autour de Stains et transiteront par la plateforme multimodale de Cofely à Gennevilliers.

Pour garantir la sécurité de l’approvisionnement pendant les 24 années du contrat, Cofely et sa filiale la SDCSD ont noué des partenariats avec les exploitants de forêts : ONF Energie, le groupement privé GCF (Groupement des coopératives forestières)… Elles étudient également la mise en place d’accords avec des entreprises de Seine-Saint-Denis.

Par ailleurs, un groupe de travail vient d’être constitué avec Plaine Commune afin de récupérer le « bois fatal » en provenance du patrimoine arboré (parcs, arbres d’alignement…) de la communauté de communes.

Sur la totalité de la filière bois, la nouvelle chaufferie biomasse de Stains permettra de créer près de 20 emplois locaux ou régionaux pérennes.

Calendrier prévisionnel des travaux

A l’issue des autorisations obtenues en juin 2010, le chantier de la nouvelle chaufferie biomasse a démarré en octobre 2010.

  • Mars-avril 2011 : livraison des deux chaudières bois
  • Juillet 2011 : première livraison de bois-énergie
  • Juillet-septembre 2011 : phase de tests de la chaufferie
  • Octobre 2011 : mise en service de la chaufferie
Chiffres-clés
  • 52 km : longueur du réseau
  • 40 000 : nombre d’équivalents logements alimentés en chauffage et eau chaude sanitaire
  • 16 MW : puissance de la chaufferie biomasse
  • 25 % : part du bois-énergie dans la production de chaleur du réseau
  • 38 000 tonnes : approvisionnement annuel de la chaufferie en bois-énergie
  • 23 000 tonnes : émissions de CO2 évitées chaque année

Le site internet dédié au réseau de chaleur : saint-denis.reseau-chaleur.fr

Plaquette – La chaufferie bois sur le réseau de Stains

Frédéric Douard

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