40 ans d’expérience sur la valorisation énergétique de la paille au Danemark

L’organisation Food & Bio Cluster Denmark, en collaboration avec l’Institut technologique danois et le Centre de recherche et de technologie Hellas, vient de publier le guide « De la paille à l’énergie – Technologies, politiques and innovation au Danemark ». Cette deuxième édition de sa publication 2011 est très réussie, mise à jour avec les dernières informations sur l’utilisation de la paille à des fins énergétiques et a été traduite en français dans le cadre du projet européen AgroBioHeat.

Le projet AgroBioHeat, financé par l’Union Européenne, veut attirer l’attention sur l’abondance des ressources de biomasse renouvelable disponibles dans les zones rurales d’Europe et qui peuvent contribuer à la transition vers l’abandon des combustibles fossiles.

Le Danemark utilise la paille pour la production d’énergie depuis plus de 40 ans et est le leader mondial dans ce domaine. Toutefois, le Danemark n’est pas le seul pays européen à disposer d’un excédent de paille, qui peut faire partie de l’approvisionnement local en combustible dans les régions où elle est cultivée. L’idée derrière cette publication est de donner un aperçu de la manière dont la paille est utilisée à des fins énergétiques au Danemark afin que d’autres pays puissent reproduire ce modèle.

La paille est un combustible neutre en carbone, ce qui signifie que la combustion ne libère pas plus de CO2 que la plante n’en a absorbé de l’atmosphère pendant sa croissance. Cela en fait une alternative plus respectueuse du climat que la combustion de combustibles fossiles – charbon, pétrole, gaz naturel – pour le chauffage des logements, des fermes, des serres, etc., pour alimenter les systèmes de chauffage urbain, ou même pour produire de l’électricité et des produits à haute valeur ajoutée. La paille doit être utilisée localement car elle est chère à transporter, ce qui la rend pertinente dans les zones rurales où il y a beaucoup d’exploitations agricoles et de cultures céréalières.

La paille possède certaines qualités chimiques qui la rendent plus difficile à brûler que le bois. Les fabricants de chaudières s’efforcent de résoudre ces problèmes depuis de nombreuses années et la technologie est parfaitement au point. La publication comprend une liste de fournisseurs d’équipement, de combustibles, de consultants et d’autres organisations qui peuvent aider au déploiement de nouvelles chaînes de valeur basées sur la paille

En Bretagne, les élevages sont encore fortement consommateurs de pailles pour les litières animales, le Schéma Régional Biomasse breton, place la paille et autres résidus laissés aux champs, tels les cannes de maïs, pour leur rôle de couverture des sols en hiver en tant que pratique préventive du phénomène d’érosion des sols.

Aujourd’hui, la valorisation énergétique reste partielle en Bretagne du fait notamment de la difficulté de récolte de certains résidus (matériel de récolte, accessibilité des parcelles et portance des sols…) et de la dégradation lente des résidus ligno-cellulosiques limitant leur potentiel méthanogène. La faible densité de cette ressource pose également la problématique de la logistique et du transport. Le débouché « matière » pour la production de matériaux biosourcés est encore peu développé, la méthanisation ou par la combustion via des chaudières à paille par exemple. Cependant, la réglementation sur la qualité de l’air en lien avec les émissions de particules et de poussières est à prendre en compte.

De la paille à l’énergie est téléchargeable en haute définition sur cette page agrobioheat.eu/fr/guides (27 Mo) ou à ce lien en pdf plus léger (5 Mo).

>> En savoir plus sur le projet AgriBioHeat

Frédéric Douard