Les réseaux de chaleur de la Métropole Lilloise vont atteindre 65% d’EnR&R

Pose du réseau de chaleur entre le CVE d’Halluin et le reste de la métropole de Lille, photo MEL

C’est un véritable tournant historique pour la Métropole Européenne de Lille (MEL), un tournant qui aurait dû être pris depuis bien longtemps : fermer la dernière centrale urbaine à charbon ou la convertir à la biomasse. En 2017, le choix qui a été fait fut de valoriser 50 MW de chaleur de l’incinérateur d’Halluin qui ne produisait depuis 2001 que de l’électricité, et c’est aujourd’hui chose faite !

La mise en service de la chaufferie centrale à charbon de la métropole de Lille date de 1985. Il s’agit de la centrale du Mont de Terre située à Fives et de son réseau Résonor. Cet équipement avait été porté par l’AFME pour d’une part réduire drastiquement la pollution émise à l’époque par environ 150 petites chaufferies, mais aussi et surtout pour relancer la filière charbon française en grande difficulté.

Après 35 ans d’activité, dont près de 30 ans avec du carbon d’importation, le 18 janvier 2021, la partie charbon de cette centrale a définitivement cessé son activité au profit d’une source d’énergie moins carbonée et plus locale, celle produite par l’unique centre de valorisation énergétique de déchets ménagers de la MEL, celui d’Halluin. Pour permettre cette réalisation, la MEL a lancé en 2017 la création d’un réseau de chaleur de 20 km à grosse section entre le CVE d’Halluin et les réseaux de chaleur de Lille, Villeneuve d’Ascq, Mons-en-Barœul et Roubaix. Ces réseaux cumulent plus de 100 km de canalisations et distribuent environ 480 GWh de chaleur par an à 50 000 équivalent-logements, avec un objectif de 70 000 à l’horizon 2030. Cette mise en place, qui permet de supprimer le recours à environ 7000 tonnes de charbon par an, a été réalisée par le gestionnaire des réseaux de l’agglomération, Dalkia, l’enfant du pays.

Le CVE d’Halluin, photo Veolia

Le CVE d’Halluin, géré quant à lui par une co-entreprise de Veolia et Idex, Covalys, devient ainsi la pièce maitresse, d’une part du système de traitement des déchets urbains adopté en 1992 par la MEL, et d’autre part la chaufferie principale des réseaux de chaleur de l’agglomération. A sa mise en service en 2001, il est venu remplacer les trois anciens incinérateurs d’Halluin, Wasquehal et Sequedin. Il permet d’incinérer 350 000 tonnes d’ordures ménagères non recyclables et d’encombrants broyés par an. Il a été dimensionné en tenant compte de la généralisation de la collecte sélective des déchets recyclables sur la MEL et de l’extension aux zones pavillonnaires de la collecte des biodéchets.

Ce raccordement du CVE permet aujourd’hui d’atteindre une part d’énergies renouvelables et de récupération de 65 % en 2021 pour les réseaux interconnectées de la métropole, alors qu’il n’était encore que de 19 % en 2017, à partir des différentes chaufferies bois en place. Il va permettre d’augmenter la livraison de chaleur ENR&R aux abonnés des réseaux de chaleur de 87 GWh début 2020 à 400 GWh à l’horizon 2030. Ce passage à plus de 50% d’EnR&R permet aux abonnées de bénéficier du taux de TVA réduite à 5,5 %, ce qui va réduire leur facture énergétique.

Le montant total des investissements est de 75 millions d’euros dont 40 millions d’euros pour le réseau de transport et 35 millions d’euros pour l’aménagement des réseaux de distribution de chaleur de Lille et Roubaix.

Pour en savoir plus :

Frédéric Douard