Rwanda : des briquettes de biodéchets pour Kigali

Le Rwanda est l’un des pays les plus densément peuplés, avec une population de 8.1 millions sur 24.000 km2, soit 337 hab/km2. Il reste donc très peu de forêts au Rwanda et le bois continue malgré tout à constituer 98% des ressources énergétiques pour la cuisson des aliments. Seuls 1% des citadins utilisent autre chose que le bois pour cuisiner.

Une étude récemment conduite dans la ville de Kigali a montré l’opportunité de développer des briquettes de biomasse en substitution du bois. Cette biomasse existe dans les ordures ménagères qui de part leur quantité génèrent des problèmes graves de santé et d’environnement. Plus de 75% de ces déchets sont constitués de matière organique.

Or, les ménages et les industries agricoles seront fortement intéressés par les briquettes de bio-déchets car elle présentent un bonne efficacité à l’utilisation sont donc économiques. Pour le même service énergétique, il faut dépenser 2.850 francs rwandais (3,6 €) en bois ou charbon de bois, alors que les briquettes ne coûtent que 1550 francs (1,94 €).

Pour favoriser cette opportunité, l’USAID au Rwanda a lancé une campagne de sensibilisation et  propose de s’associer à la ville de Kigali et à des associations de gestion des déchets  pour mettre en application une activité ayant les objectifs suivants :

  • Développer un système de gestion municipal durable pour la collecte, le traitement, et l’élimination des déchets solides municipaux de la ville,
  • Favoriser les associations entre le secteur public et le secteur privé parmi les autorités locales, les associations de communauté, et les entreprises privées dans la production de briquette à partir de la part biodégradable des déchets,
  • Réduire la quantité de matière biodégradable mise en décharge d’au moins 70%,
  • Créer des emplois pour les résidents urbains peu qualifiés autour de l’économie générée par les briquettes,
  • Réduire l’utilisation du bois et du charbon de bois par la substitution des briquettes.

Il a été calculé que la production et la vente d’environ 17.855 tonnes de briquettes par an créerait 6.360 emplois et soutiendrait indirectement 3.475 emplois existants. L’activité économiserait également 95.000 m3 de bois chaque année, ce qui correspond à 2.5% de la demande actuelle.

L’USAID a développé un modèle de trésorerie sur la collection de déchets solides, le traitement et la production de briquette, qui assure la durabilité des projets une fois mis en route. Le programme a également conçu une presse à briquette et un séchoir appropriés pour les biodéchets de la ville de Kigali. Des compétences, des ressources et des technologies locales seront également mises à profit.

La ressource en biodéchets briquetables est à Kigali de 73.000 tonnes par an, de laquelle 16.000 t sont appropriées à un briquetage économiquement viable dès aujourd’hui. Le potentiel de marché pour les briquettes  dans les cuisines institutionnelles est estimé à 7.100 tonnes par mois, et l’objectif de 1.250 tonnes  par mois pourraient facilement être atteint en deux ans. Vu l’excellente disponibilité des matières premières et vu le potentiel élevé du marché, il existe même des perspectives de long terme favorables pour augmenter les niveaux de production actuellement envisagés.

Contacts :

  • ARD, Dr. Henry H. Kellam III, P.O. Box 7191, Concordia Building, Kigali, RWANDA, Tél/Fax: +(250) 585-205, hkellamcopfd@yahoo.com
  • USAID/RWANDA, Pierre Munyura, P.O. Box 2848, Kigali, RWANDA, Tél : + (250) 570940, pmunyura@usaid.gov

Source : ARD Rwanda

Frédéric DOUARD

Frédéric DOUARD : rédacteur en chef du magazine Bioénergie International, animateur du Portail francophone des bioénergies. Pour me contacter : fdouard arobase bioenergie-promotion.fr

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2 réponses

  1. Justice YANGA dit :

    Salut

    J’avais suivi un documentaire sur la fabrication de charbon de bois à partir des déchets organiques domestiques. J’ai été impressionné et je désire avoir de plus amples informations sur les machines (broyeur, presse et séchoir) que vous avez conçues.

    Avez-vous également les machines pour la fabrication de charbon de bois à partir des copeaux de bois ?

    Cordialement

  2. Rasoarahona Jules André dit :

    Très conscient de la déforestation dans notre ile qu’est Madagascar, nous souhaitons, par une entreprise familliale, chercher une unité complète pour transformer les déchets et ordures ménagères en briquettes de charbon.

    Nous comptons péreniser cette activité, cherchons une usine autre qu’une fabrication chinoise et nous vous remercions de nous orienter, nous conseiller.