Bois Négoce Énergie redonne des perspectives agroforestières au bocage normand

Article paru dans le Bioénergie International n°69 de novembre 2020

Chantier de déchiquetage en bocage, photo BNE

Opération de plantation de haie agricole réalisée par BNE, photo BNE

Bois Négoce Énergie (BNE) est une entreprise indépendante basée historiquement dans le Pas-de-Calais et active sur la France entière. Elle est spécialisée dans trois métiers : la transformation et le négoce de déchets de bois, l’exploitation et la commercialisation de bois sur pied, et désormais la plantation de haies productives en milieu agricole. En effet, en parallèle de l’exploitation forestière, BNE s’est diversifiée depuis des années dans la valorisation des haies bocagères vers le marché de l’énergie, avec une récolte tous les 15 à 20 ans, ce qui installe ces haies dans une logique productive et donc pérenne. Devant le succès de ces chantiers agricoles sur des haies existantes, BNE répond aujourd’hui à une demande sur des haies nouvelles à planter, notamment dans les secteurs où elles avaient disparu.

Les marchés de BNE

L’activité historique de BNE est la récupération de bois usagers, leur préparation et leur commercialisation vers l’industrie du panneau de particules et les chaufferies industrielles. L’entreprise gère tout aussi bien les déchets de bois de catégorie A en SSD pour les chaufferies classées 2910-A que les bois souillés pour les fabricants de panneaux en France et à l’export. Dans ce même cadre, l’entreprise est aussi amenée à gérer et à valoriser des bois issus des déchets verts pour les marchés de l’énergie. Une année typique, BNE commercialise ainsi près de 150 000 tonnes de déchets de bois pour les fabricants de panneaux et 120 000 tonnes de bois pour l’énergie.

Broyage de bois de recyclage sur la plateforme de Faramans, photo BNE

Depuis les années 2010, pour répondre à la demande croissante du marché de l’énergie, l’entreprise s’est diversifiée vers l’exploitation forestière. Elle achète pour cela toutes essences bois sur pied, en forêt ou bord de route, les coupe, les transforme et les fait livrer. Sur ces ressources qui englobent la totalité de l’arbre, les qualités sont triées et les débouchés sont les scieries, les industriels de la trituration, les producteurs de granulés de bois et bien sûr les chaufferies et centrales d’énergie.

Chantier de déchiquetage forestier en bord de route, photo BNE

L’entreprise produit ainsi chaque année plus de 60 000 tonnes de plaquettes forestières, bocagères et urbaines. Notons que BNE est certifiée PEFC depuis 2018, une certification qui garantit la traçabilité des flux de matière ainsi qu’une exploitation durable selon un cahier des charges précis.

La logistique BNE

L’organisation de l’entreprise à niveau national français repose sur un service dédié à chaque marché, s’appuyant sur un large réseau de transporteurs et de plateformes.

Déchiquetage de bois rond sur plateforme, photo BNE

Concernant le marché de l’énergie, la maîtrise complète du transport est un rouage essentiel, tant le transport en juste-à-temps est impératif pour la bonne marche des chantiers de broyage, pour la bonne gestion des volumes de stockage et bien sûr pour la livraison à l’heure programmée en chaufferie.

Ainsi, chaque jeudi et vendredi matin, le planning de la semaine suivante est établi en concertation avec chaque client selon ses estimations de besoins. Dès le vendredi midi, les ordres d’enlèvements et de livraisons sont tous validés par les différents transporteurs affrétés qui peuvent ainsi à leur tour organiser leur semaine à venir. Le vendredi après-midi, la documentation nécessaire pour chaque transport est finalisée afin de garantir ponctualité, traçabilité et respect de l’ensemble des contraintes réglementaires et celles demandées par les clients (plan de prévention, agrément et formation des chauffeurs sur site client…). Dès le lundi matin, la ponctualité des livraisons est vérifiée en continue et le planning est ajusté pour s’adapter aux imprévus, à la météorologie ou aux changements éventuels de besoins des clients.

BNE travaille ainsi très régulièrement avec plus de 200 transporteurs en fonds mouvants 90 m³ pour le vrac et en plateaux ou grumiers pour le bois rond.

Chargement sur une plateforme agricole, photo BNE

Elle dispose de trois plateformes, Moulin-sur-Orne en Normandie, Faramans en Auvergne-Rhône-Alpes et Neuvic en Nouvelle-Aquitaine. BNE travaille aussi beaucoup en direct avec des agriculteurs et stocke ainsi des produits sur une multitude de plateformes agricoles, limitant ainsi les kilomètres parcourus jusqu’aux chaufferies.

La ressource bocagère, trésor de biodiversité

Pour prendre l’exemple du bocage normand dans lequel BNE travaille depuis des années, ce sont 120 000 km de haies, capables de produire, en fonction du contexte pédoclimatique, des essences, de la stratification et de l’entretien exercé sur la haie, de 50 à 300 tonnes de plaquettes fraîches par kilomètre.

Haie à trois strates, photo BNE

Repousse d’un an sur haie recépée, photo BNE

Pour assurer la pérennité de cette forêt linéaire, le mode d’exploitation se doit d’être durable et permettre une repousse de qualité. C’est l’exploitation en cépées d’arbres et d’arbustes qui est ainsi pratiquée. Cette coupe horizontale à ras de souche est préférée à l’élagage latéral, car elle assure d’une part des volumes plus intéressants avec une meilleure qualité de plaquettes au regard des diamètres plus importants, mais aussi elle permet une repousse plus biodiversifiée de la haie dès l’année suivant la coupe, en remettant en lumière des essences. Dans les haies existantes, les essences suivantes sont ainsi conduites en taillis : frêne, châtaignier, charme, orme, aulne, érable, saule et peuplier mais aussi des essences arbustives comme le noisetier, l’aubépine, le sureau, le fusain, le prunelier, le troène, l’églantier, les cornouillers et autres viornes, qui forment un trésor de biodiversité. Les arbres de haut-jet sont quant à eux préservés (chêne, hêtre, frêne, merisier, châtaignier, noyer…) ce qui limite l’impact paysager de la coupe et n’altère pas l’avenir des essences à croissance lente.

Le déroulement des chantiers

Avant le chantier de coupe, il faut s’assurer d’un certain nombre de choses : la propriété des haies avec les voisins, la réglementation sur la coupe selon le statut de la haie, la période d’intervention (la coupe est interdite du 1er avril au 31 juillet, période de nidification des oiseaux), demander un arrêté de circulation si le chantier nécessite un blocage de la route et déposer les clôtures. En présence du chauffeur de la pelle, il faut aussi marquer les arbres à maintenir et identifier précisément les limites des haies à exploiter.

Chantier d’abattage d’une haie haute, photo BNE

Le recépage est réalisé à la pelle à sécateur. Celle-ci peut intervenir sur des diamètres allant jusqu’à 50 cm. Cet outil est particulièrement intéressant, alliant performance (80-100 m par heure) et sécurité sur les chantiers. Une fois coupés, les bois sont alignés en andains afin de faciliter leur reprise à la grue.

Mise en andains après une coupe bocagère, photo BNE

Les déchiqueteuses, entraînées par tracteur ou automotrice, affichent une productivité allant de 30 à 50 tonnes par heure. Les plaquettes sont récupérées en bennes agricoles selon une logistique toute agricole et donc aisée pour les agriculteurs.

Déchiquetage sur un chantier bocager, photo BNE

Les plaquettes sont ensuite stockées sur des plateformes bétonnées ou goudronnées appartenant le plus souvent aux agriculteurs eux-mêmes et accessibles aux semi-remorques. Plus de 90 % de la plaquette bocagère produite par BNE est stockée au sein des exploitations agricoles. Les agriculteurs sont rémunérés à la tonne de plaquettes produites.

Stockage de plaquettes bocagères sur une plateforme agricole, photo BNE

Les plaquettes bocagères commercialisées par BNE ne sont destinées qu’aux chaufferies à bois humide. En vue de leur bonne conservation, les tas sont conduits en pyramide, remontés le plus haut possible et non tassés afin d’assurer une bonne ventilation et une fermentation aérobie optimale et donc non destructrice de la qualité du bois durant la période de stockage. Durant ces semaines de mise en tas, la fermentation élèvera naturellement la température du bois et évacuera une partie de son humidité, augmentant ainsi son pouvoir calorifique.

Planter des haies bocagères pour une foule de raisons

Plantation d’une haie nouvelle, photo BNE

Outre la production d’une énergie renouvelable locale, la remise en place de haies vives :

  • diminue l’érosion des sols en constituant des barrières contre le ruissellement et en préservant des zones non tassées propices à l’infiltration de l’eau,
  • favorise la biodiversité et notamment l’installation d’espèces animales auxiliaires tels qu’oiseaux, mammifères et insectes prédateurs contre les ravageurs des cultures,
  • ralentit la vitesse du vent et améliore les conditions de croissance des cultures,
  • apporte ombre et fourrage aux animaux d’élevage en pâture,
  • enrichit le sol en matière organique et en micro-organismes, source de fertilité et de cohésion indispensable des sols contre le dessèchement estival et le ruissellement hivernal,
  • et pour ne rien gâcher embellit grandement le paysage.
Exemple d’opération menée dans la région d’Argentan

L’objectif de cette opération d’agroforesterie conduite dans le département de l’Orne était de restaurer une partie du bocage local en installant de nouveaux linéaires pour compléter le maillage existant. Elle consistait à planter 11 000 arbres sur onze kilomètres, soit un arbre tous les mètres, sur les parcelles de 35 agriculteurs demandeurs.

Haie nouvelle plantée par BNE, photo BNE

Après avoir pris en compte les attentes des agriculteurs, le contexte pédoclimatique de chaque parcelle, le changement climatique (abandon du chêne pédonculé) et les maladies en cours comme la chalarose du frêne, le choix des essences s’est porté sur le chêne sessile, les érables champêtre et plane, le prunier myrobolan, le châtaignier, le tilleul à petites feuilles, le cytise, le noisetier, les cornouillers sanguin et mâle et le charme.

Pose du paillage, photo BNE

Plantation d’une haie agricole achevée, photo BNE

BNE a géré l’organisation globale de l’opération, le conseil technique, le décompactage et l’émiettage des sols, la fourniture et la pose de paillage biodégradable, la fourniture et la mise en place des plants de 40 à 60 cm, la fourniture et la mise en place des protections contre lapins et chevreuils, le débroussaillage l’année n+1, le remplacement des plants morts naturellement l’hiver suivant la plantation et les demandes de financement.

Contacts : www.bne-bois.fr

  • Plantations : Luc Bertrand / +33 647 887 791 – lbertrand@bne-sas.com
  • Bois de recyclage / Négoce secteurs Ouest & Sud-ouest : Ludovic Riandière / +33 615 138 352 – lriandiere@bne-sas.com
  • Achat bois Normandie / Ouest région parisienne :
 Etienne DUFAY
 /+33 616 259 758 – edufay@bne-sas.com

Frédéric Douard

Informations de contact de BNE

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Bois Négoce Énergie Parc Tertiaire du Rotois – Bât. B23 – Route de Oignies F-62710 Courrières +33 3 21 08 75 00
@ www.bne-bois.fr contact@bne-sas.com
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