Le climato-scepticisme, clairement un crime contre l’humanité

Editorial du Bioénergie International n°46 de décembre 2016

En déréglant le climat, les humains ont ouvert la boite de Pandore, photo Frédéric Douard

En déréglant le climat, les humains ont ouvert la boite de Pandore, photo Frédéric Douard

Alors que les Américains ont élu Donald à la tête de l’État le plus pollueur de la planète ; alors que Donald va donner les rênes de l’agence américaine de l’environnement (EPA) au lobby du pétrole et du gaz de schiste ; à l’heure où certains Britanniques vont peut-être jeter la politique climatique de leur pays avec l’eau du bain européen, il convient de dire STOP au cynisme et à l’impunité des climato-sceptiques.

Depuis quelques siècles l’homme avait déjà très clairement porté nuisance à la nature. Le rapport Planète Vivante 2016 du WWF, qui montre que les populations de vertébrés ont chuté de 58 % entre 1970 et 2012, est là pour en témoigner. Mais parmi les crimes environnementaux, ce qui est nouveau avec le climato-scepticisme, c’est qu’il place désormais, en parfaite connaissance de cause, l’espèce humaine parmi les espèces menacées. Pour la première fois à très grande échelle, des problèmes environnementaux engendrés par l’homme vont, d’une manière ou d’une autre, tuer des millions de personnes et en pousser des centaines de millions d’autres à l’émigration, voire à la guerre.

Que dire alors de ces gens, non respectables qui, niant le travail acharné de milliers de scientifiques de par le monde, poussent au crime climatique ? Que dire du futur gouvernement américain qui veut inverser la locomotive mondiale de la COP21 ? Que dire de ces gens qui veulent même encore amplifier l’exploitation du carbone fossile pour en tirer encore plus de profit ? Ce pétrole, ce charbon et ces gaz sont à partir de maintenant des causes de mort à venir pour des millions de gens. Alors comment qualifier cette attitude autrement que de crime contre l’humanité ?

Frédéric Douard

1 réponse
  1. Olivier Lespinard dit :

    Excellent éditorial qui soulève un point délicat.
    Diaboliser une pensée est dangereux, particulièrement dans le domaine scientifique qui progresse bien souvent grâce à la remise en cause de ses vérités successives.
    Cependant, prendre appui sur les précautions de la démarche scientifique pour nourrit sciemment des polémiques sans autre fondement que la défense d’intérêts particuliers ou catégoriels relève du négationnisme.
    Qualifiée de « postvérité », cette forme de propagande permet à un buzz véhiculé par les réseaux sociaux de prévaloir sur les connaissances scientifiques (cf l’éditorial d’André Compte-Sponville dans Challenges n°504). Ce n’est pas propre au climato-scepticisme si l’on observe les innombrables pseudo-débats qui courent depuis l’économie politique jusqu’à l’anti-vaccination en passant par l’histoire, l’éducation, l’agriculture… qui mettent en péril notre santé physique et économique).
    Discréditer systématiquement les propos abusifs par un effort communication via les mêmes media est certes essentiel mais insuffisant.
    Inscrire les actes et leurs conséquences funestes au titre des crimes contre l’humanité devrait inciter les décideurs politiques et administrateurs privés à faire des choix responsables en connaissance de cause.
    C’est probablement la meilleure piste de prévention.