Colloque 2014 du CIBE, les voies pour mobiliser plus de bois-énergie

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Une assemblée studieuse pour le colloque 2014 du CIBE, photo Frédéric Douard

Une assemblée studieuse pour le colloque 2014 du CIBE, photo Frédéric Douard

Bernard de Montclin, président du Comité Interprofessionnel du Bois-Energie, a ouvert à Reims ce 1er octobre 2014 le colloque annuel du CIBE 2014, par ces mots : « S’il est toujours besoin de susciter la confiance des consommateurs de bois-énergie, il est aussi aujourd’hui nécessaire de donner envie aux sylviculteurs de vendre leur production ». Cette invitation à l’action fait écho au succès de plus en plus important du développement du bois-énergie en France, succès qui nécessite aujourd’hui de récolter plus de bois, au sein des 50% de l’accroissement annuel français qui n’ai pas récolté.

Une longue journée de travail a ainsi occupé une centaine de professionnels qui ont examiné toutes les voies possibles de mobilisation de la biomasse afin de répondre positivement aux engagements de la France en matière d’énergies renouvelables.

La mobilisation du bois forestier a bien sûr été au cœur des discussions, avec notamment les travaux quotidiens d’animation des CRPF auprès des petits propriétaires forestiers qui possèdent la plus grande partie de la biomasse non exploitée en France. Et si en matière de forêt privée, les acteurs de la coopération forestière jouent bien entendu leur rôle, les entrepreneurs de travaux forestiers ont aussi rappelé qu’ils étaient les acteurs les plus nombreux sur le territoire et qu’à ce titre ils étaient aussi de fait les plus proches des propriétaires et tout à fait à même de mobiliser de grandes quantités de bois sur un très grand nombre de petites parcelles, une réalité qui correspond à l’extrême morcellement de la propriété forestière hexagonale.

L'une des "tables rondes" lors du colloque 2014 du CIBE, photo Frédéric Douard

L’une des « tables rondes » lors du colloque 2014 du CIBE, photo Frédéric Douard

Notons par ailleurs que le recours à des biomasses complémentaires d’origines agricoles a été évoqué pour la première fois dans la cadre du CIBE (bois-énergie faisant), notamment avec la collecte des pailles, bois de vigne et bois de haies, largement présentés par des exemples concrets dans la région d’accueil du colloque ainsi qu’en Thiérache voisine.

D’un point de vue politique de développement, la ministre de l’écologie avait confirmé il y a quelques mois le prochain doublement du Fonds chaleur renouvelable pour le soutien aux investissement en chaufferies, pour un montant qui devrait être de 250 M€ par an jusqu’en 2017. Ce que les participants du colloque ont cependant fait remarquer est que la filière avait demandé, avant même la création du Fonds chaleur, des aides aussi à la mobilisation du bois, un maillon plus qu’essentiel à la réussite des objectifs, et qu’à ce jour ces aides ne sont mêmes pas envisagées. Rappelons en pourtant qu’en matière d’énergies renouvelables, plus de 50% des objectifs de la France à 2020 dans la cadre de la directive énergies renouvelables, doivent être assurés par le bois-énergie. Donc, la politique affiché aujourd’hui apparaît pour nombre de professionnels de l’amont de la filière comme bancale puisqu’elle fait peser tous les risques sur un seul maillon de la filière qui est celui de la mobilisation.

Ce maillon, largement représenté par les entrepreneurs de travaux forestiers, ceux-là mêmes qui investissement dans les broyeurs et qui sortent le bois-énergie de la forêt, est aujourd’hui face au grand défi de mobiliser 5,5 Mtep d’ici à 2020, c’est à dire 22 millions de tonnes de bois supplémentaires ou encore 33 millions de m3 sur pied, des valeurs affichées dans le loi Grenelle Environnement. Or, aujourd’hui, ces professionnels de la mobilisation, qui pour l’immense majorité sont des TPE,  souffrent de ne pas être soutenus. Prenons donc bien garde ici, de ne pas échafauder un beau et grand marché du bois-énergie, construit sur une base fragile, une inquiétude soulignée en fin de colloque par l’ADEME elle-même, en la personne de Rémi Chabrillat, directeur des Productions et Energies Durables de l’agence.

Frédéric Douard, en reportage à Reims

1 réponse
  1. gaillard dit :

    Bonjour M. Douard,
    vous faites bien de soulever que le maillon faible est les ETF.
    Que s’est-il dit d’autre ? Des décisions ont elles été prises ?
    Merci d’avance.
    Simon Gaillard