L’AMAP bois de chauffage, solution gagnante producteur et consommateur

Chantier d'automne, photo Dryade 26

Chantier d’automne, photo Dryade 26

Dans la Drôme, à l’exception de quelques forêts domaniales, la valeur du bois sur pied est généralement faible. Les débouchés sont le bois de chauffage et la trituration (pâte à papier). Les propriétaires n’investissent pas dans une gestion qui favoriserait la valeur d’avenir de la forêt mais nécessiterait un investissement aujourd’hui. Les exploitants, qui peinent à trouver du bois et connaissent des conditions économiques difficiles, s’engagent dans des recherches d’économie d’échelle qui se traduisent souvent par une gestion en « tout ou rien » (abandon ou coupe rase), gestion qui commence à entraîner des conflits d’usage (exploitation, chasse, loisirs, etc.). Certains propriétaires, attachés à leur forêt ne souhaitent pas soumettre leurs parcelles à une telle exploitation et préfèrent ne rien y faire. Paradoxalement, malgré une ressource importante, la Drôme importe la majorité de son bois de chauffage, et la demande ne cesse d’augmenter. 

Une exploitation « douce » de la forêt grâce à une approche sélective, permettrait d’extraire du bois, tout en laissant la forêt sur pied, utilisable pour les loisirs et pour la chasse, et avec une valeur d’avenir accrue. Pour cela, l’association Dryade propose de sensibiliser les propriétaires à cette alternative, renforcer chez les exploitants les techniques spécifiques de la gestion sélective, tester un modèle économique et organisationnel permettant de rémunérer ce travail de qualité en impliquant les consommateurs dans cette recherche de cohérence. Cette possibilité de développer une gestion et une exploitation « douce » de la forêt ouvre la voie d’une meilleure reconnaissance du métier de bûcheron, métier dangereux et difficile qui a perdu beaucoup de ses effectifs et de ses savoir-faire.

Réflexions autour du chantier, photo Dryade 26

Réflexions autour du chantier, photo Dryade 26

Les « AMAP bois bûche »

L’AMAP, Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, réunit producteurs et consommateurs de produits agricoles, et propose une solidarité économique, sociale et écologique. L’« AMAP » bois bûche transpose le concept au « paysan-forestier » et intègre un troisième protagoniste, le propriétaire forestier. Développer de nouveaux modèles d’organisation pour tendre vers l’autonomie énergétique locale, la valorisation des forêts locales, la solidarité et le lien dans la filière forêt-bois. Pour télécharger une présentation détaillée des « AMAP bois bûche* », cliquez ici.

Trois acteurs pour le collectif

  • Le propriétaire forestier : il met à disposition sa forêt, il lisse ses revenus et retire à moyen et long terme une augmentation de son capital forestier.
  • Le forestier : il travaille dans le respect de l’écosystème (prélèvements parcimonieux du bois, sélection des arbres d’avenir et recherche de diversité des essences et des âges). Il est soutenu par le collectif et dispose de facilités financières grâce à l’engagement des consommateurs et à la valorisation de son travail de soin à la forêt. Pour voir le guide à l’intention des forestiers, cliquez ici.
  • Le consommateur de bois bûche : solidaire, il s’engage à l’avance et paie une partie de son bois au moment de l’exécution des travaux forestiers. Il participe autant que possible au projet via, par exemple, des chantiers collectifs en forêt pour acquérir des savoir-faire et renforcer le lien avec le forestier. Il peut bénéficier de tarifs plus avantageux s’il réalise une partie du travail par lui-même.

Pour connaître les modalités de participation et accéder au bon de commande, cliquez ici.

Des groupes locaux

Pour garder une cohérence écologique, les collectifs doivent s’organiser autours de pôles rayonnant à 35 km maximum. Deux groupes sont donc constitués dans la Vallée de la Drôme : les Bonnes Energies à Die, et un groupe à Crest. Chaque groupe bénéficie du soutien de Dryade. Si une volonté locale sur une autre zone se manifestait pour démarrer l’aventure, Dryade pourrait également la soutenir.

Pour rejoindre le collectif de Crest, obtenir les tarifs ou plus d’informations, contacter : Association Dryade, Pascale Laussel, 10 rue Archinard, 26400 Crest – 0811 26 00 64 – contact@dryade26.org

Voir cette vidéo sur le projet du Diois

La spécificité locale du Diois

Chargement de bois bûche, photo Dryade 26

Chargement de bois bûche, photo Dryade 26

Autours de Die, la forêt exploitable est principalement constituée de résineux (pin noir, pin sylvestre). Environ la moitié de la production de bois local est résineux. L’utilisation du bois résineux en bois de chauffage est une piste très prometteuse pour l’autonomie en bois locale. De plus,  étant considéré, à tort, comme mauvais pour le chauffage, ce bois finit souvent en pâte à papier à l’usine de Tarascon (13), propriété d’un groupe international Canadien. Ce débouché, instable de surcroît, fragilise la filière bois drômoise. Un collectif s’est créé en 2009 pour tendre vers l’autonomie locale en bois de chauffage, il s’est tout naturellement tourné vers ces essences locales. Evidemment, un mélange résineux-feuillu est souhaité à terme pour que la consommation reflète la production locale !

Si le résineux a mauvaise presse, il a pourtant des qualités indéniables qui méritent d’être redécouvertes (dégagement de calories rapide, peu de cendres, bois d’oeuvre…). Si certains ne peuvent plus s’en passer, pour les nouveaux, il est toutefois important d’éviter la sous-combustion du résineux, l’idéal étant le foyer à double combustion.

PM a testé pour vous et il est ravi

  • BE : Depuis quand vous chauffez-vous avec du pin ?
  • PM : à 100% depuis 4 ans, les alentours de la maison étaient envahis par la forêt de pin, j’ai commencé par ça.
  • BE : et alors, ça marche vraiment ?
  • PM : Oui oui, ça marche très bien. On est une famille de 5, on a un foyer fermé et un système de répartition de l’air chaud, et tout va bien !
  • BE : As tu un conseil à donner ?
  • PM : Expérimentez une saison avec du bois sec de 2 ans !
Résultat final, photo Dryade 26

Résultat final, photo Dryade 26

Contact : Association Les Bonnes Energies, Laure Charpentier, L’Harmas – Ch. De Pierrefeu, 26400 Crest – lesbonnesenergies@gmail.com

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1 réponse
  1. Le bois de chauffage est sans doute une solution pour le producteur. Elle l’est dans certains cas une solution gagnante pour le consommateur. Encore faudrait-il être propriétaire ou locataire d’une maison car rares sont les appartements équipés de cheminée ou de chaudière à bois. Encore faudrait-il avoir la capacité de stocker ce bois de chauffage. Les pouvoirs publics regrettent que les français ne se convertissent à ce type chauffage écologique et durable. Quand on envisage toutes ces difficultés de logistique, on comprend aisément cette réticence des usagers. Le gouvernement ne pourra réussir la transition énergétique dans ce domaine seulement s’il donne aux français les moyens financiers mais aussi matériels de se convertir aux énergies renouvelables et d’assumer les investissements qu’exigent cette transition.