L’avis de l’ADEME sur le bois-énergie et la qualité de l’air

L’ADEME encourage le développement du bois comme source d’énergie pour la production de chaleur tout en veillant à l’utilisation de combustibles appropriés et de techniques efficaces à haute performance environnementale.

Flamme de bûches, photo Frédéric Douard

Flamme de bûches, photo Frédéric Douard

En effet, en raison de la présence importante dans le parc domestique d’appareils anciens (avant 2002) et de foyers ouverts, le chauffage au bois peut, en période hivernale, dans certaines régions, contribuer fortement à la pollution atmosphérique.

L’Agence recommande ainsi, en priorité dans les zones où la qualité de l’air doit être particulièrement améliorée, de réduire, pour le parc résidentiel, l’usage des foyers ouverts et appareils à foyers fermés antérieurs à 2002 et de mettre en place, pour le parc collectif et industriel, les meilleures techniques disponibles permettant de réduire les émissions de polluants (particules, HAP, NOx et COV).

Les leviers d’action

Renouveler le parc pour favoriser les équipements les plus performants

chaudiere-fougeray-61Les émissions de polluants des installations de combustion biomasse peuvent être aujourd’hui réduites au niveau du foyer de combustion (technologie dite de réduction primaire) ou au niveau de l’évacuation des fumées (technologie dite de réduction secondaire). Les systèmes secondaires de réduction des émissions de particules pour les appareils individuels sont, à l’heure actuelle, difficilement envisageables chez les particuliers sans évolution de la législation actuelle. Par ailleurs, des questions subsistent quant à leur efficacité réelle, leur utilisation et l’entretien par un particulier, ainsi que leur fonctionnement sur le long terme.

Pour les chaudières industrielles et collectives, les électrofiltres et filtres à manches permettent d’atteindre, pour les meilleures technologies, moins de 15 mg/Nm3 d’émission de particules fines à 6% d’O2, soit des valeurs inférieures aux valeurs réglementaires. En raison de la réglementation et sous l’effet incitatif de certains dispositifs publics comme le Fonds Chaleur, ces équipements se diffusent dans le secteur collectif et industriel.

Dans le secteur domestique, des équipements plus performants sont aujourd’hui disponibles et des progrès très importants ont été faits sur les émissions de polluants des appareils individuels. En particulier, la mise en place en 2000 d’un label de qualité pour les appareils individuels de chauffage au bois (Flamme Verte) a établi des exigences en matière de rendement énergétique et d’émissions de polluants des appareils individuels et a ainsi suscité l’amélioration progressive des performances des appareils.

Atre traditionnel en France, photo Frédéric Douard

Atre traditionnel en France, photo F. Douard

Selon des estimations récentes, un foyer ouvert et un foyer fermé antérieur à 2002 émettent respectivement 97 et 91 kg de particules primaires par an, alors qu’un foyer fermé mis sur le marché après 2007 en émet 8 kg/an et un foyer fermé labellisé Flamme Verte 5 étoiles, 3 kg/an. Aujourd’hui, 89% des appareils vendus en France sont porteurs du label Flamme Verte. Toutefois, les émissions de particules primaires affichées par les appareils Flamme Verte sont issues de mesures réalisées lors du fonctionnement nominal de l’appareil, et ne prennent pas en compte les phases émissives d’allumage, de fin de combustion, ou le fonctionnement à allure réduite. Des travaux sont nécessaires pour améliorer la connaissance de ces émissions en usage réel des appareils. Des réductions importantes d’émissions de particules primaires peuvent donc être attendues en réduisant l’utilisation des appareils les plus anciens (mis sur le marché avant 2002), par exemple par le renouvellement du parc ou par la connexion des habitations à un réseau de chauffage urbain.

Le taux de renouvellement est toutefois lent (4% de taux annuel de renouvellement, soit 25 ans pour renouveler entièrement le parc actuel). Ainsi, l’accélération de ce renouvellement du parc existant dans le résidentiel est une priorité et l’une des mesures retenues par le Comité interministériel pour la Qualité de l’air dans le Plan d’urgence pour la qualité de l’air, annoncé en février 2013. Les appareils de chauffage au bois individuels ne sont aujourd’hui pas soumis à des valeurs limites d’émissions, sauf pour les chaudières biomasse inférieures à 500kW (norme 303-5).

La directive européenne Ecodesign, en cours d’élaboration, qui vise à plafonner les émissions de particules primaires, de monoxyde de carbone et de COV et à imposer un rendement minimal pour tous les appareils de chauffage domestique, dont ceux fonctionnant au bois, pourra être déterminante pour accélérer le renouvellement du parc.

Améliorer les pratiques

Bûches de chêne au séchage, photo Frédéric Douard

Bûches de chêne au séchage, photo Frédéric Douard

Au-delà de l’installation d’un équipement plus performant, les pratiques de l’utilisateur, la qualité du combustible utilisé et de l’entretien de l’appareil peuvent influer sur les émissions du chauffage au bois. Ainsi, afin de réduire les émissions, l’appareil doit être correctement installé et réglé. Dans les installations collectives et industrielles, le lien entre l’exploitant et le fabricant de chaudière (qui fait les réglages) est primordial. En particulier, il est nécessaire d’affiner les réglages pendant toute la première saison de chauffe.

Pour le parc domestique, il est fortement recommandé pour la pose d’un appareil de faire appel à un professionnel porteur d’une qualification « RGE », qui vérifiera également si le conduit de fumée est adapté (matériau, isolation suffisante, bon diamètre…). Pour les inserts et poêles fonctionnant par tirage naturel, le conduit de fumées a un rôle très important dans la gestion de l’air comburant, afin d’assurer une combustion complète. Ainsi, une bonne maintenance de l’installation (ramonage 2 fois / an) en plus de l’entretien et du nettoyage régulier de l’appareil permettent de limiter les émissions de polluants.

La qualité du combustible est également importante : l’utilisation d’un combustible trop humide a pour conséquence d’augmenter l’émission des polluants. L’ADEME préconise l’utilisation d’un combustible sec (humidité inférieure à 22 %).

La sensibilisation des utilisateurs aux bonnes pratiques à adopter pour utiliser leur installation de chauffage au bois de façon optimale est d’autant plus importante que leur nombre est appelé à croître. Selon une enquête17 réalisée auprès de foyers utilisateurs du bois-énergie, seuls 6% des utilisateurs sont conscients du fait que le chauffage au bois peut être source de pollution de l’air. Les utilisateurs sont en général sensibles à la qualité du combustible utilisé mais pas à la qualité de l’appareil. Les mesures de restriction imposées dans certaines zones sensibles en période de pic de pollution ne sont donc pas comprises. Le développement de conseils, de prestations de service et de promotion de bonnes pratiques pourraient contribuer à améliorer la situation.

Lire l’Avis de l’ADEME sur le bois-énergie et la qualité de l’air dans son intégralité

Frédéric Douard

1 réponse
  1. SEUX dit :

    bonjour,
    Vous ne parlez que de pollution de particules qui devraient etre réduites ,certes ,mais la combustion du bois dégage beaucoup plus que toutes les autres combustions fossiles des déchets de composés aromatiques ( benzéne , toluéne )entre autres déchets pour les bois brulés à des températures de combustion inférieure à 800 – 1000 ° bien plus dangereux pour la santé que le co2 que l’on économise
    J’ai peur que l’on remplace une lutte contre le co2 en utilisant le bois comme énergie qui soi dit en passant n’est pas si économe en co2 quand l’on y ajoute la partie grise de l’exploitation que l’on minore volontairement , par un probléme de santé publique
    Je suis surpris qu’à aucun moment on ne publie jamais le résultat des chromatos des gaz des fumées engendrées par la combustion du bois