Bois, miscanthus et chaleur de récupération pour le réseau de Montereau

Le réseau de chaleur de Montereau-Fault-Yonne sera alimenté dès l’hiver 2011-2012 à 98 % en chaleur  renouvelable

Depuis plusieurs années, la Ville de Montereau s’inscrit dans une politique de développement durable et local ; c’est pourquoi elle a repensé tout son système de chauffage pour la Ville Haute pour le rendre plus vertueux en matière de protection de l’environnement. Le souhait de favoriser les filières courtes pour se fournir en énergies propres et renouvelables a orienté la Ville vers le miscanthus, produit dans le sud Seine-et-Marne sur une surface totale de 235 hectares.

Montereau-Fault-Yonne disposait depuis 1962 d’un réseau de chauffage urbain fonctionnant au gaz et au fioul lourd et assurant la livraison de chaleur nécessaire aux 3 000 logements du quartier de la Ville Haute. Pour alimenter l’ensemble de ces logements en chauffage mais aussi en eau chaude sanitaire, un réseau de chaleur alimente une trentaine de sous-stations munies d’échangeurs. Le contrat de concession du réseau de chauffage du quartier de la Ville Haute expirant au 31 décembre 2008, la ville a souhaité accompagner sa rénovation d’un nouveau mode de chauffage, produit par des énergies renouvelables.

“Aborder le développement durable, c’est avant tout agir” a déclaré Yves Jégo lors de son allocution à l’occasion de la pose de la 1ère pierre de la nouvelle chaufferie biomasse en Ville Haute le 27 mai 2011. Ce nouveau système de chauffage est sans nul doute un acte clair qui résume bien la volonté politique écologique de la Ville. “Il faut sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et développer les énergies propres, renouvelables et locales” a précisé le Maire.

Alimentée à 90% par du bois seine-et-marnais, à 10% par du miscanthus issu des productions locales, ainsi que par la chaleur produite par le Centre de Valorisation Énergétique (usine de traitement des ordures ménagères), la nouvelle chaufferie allie trois sources renouvelables pour faire un mix à presque 100% renouvelable, permettant aux habitants du quartier de la Ville Haute de bénéficier d’un taux de TVA réduit à 5, 5% sur la totalité de leur facture.

D’une puissance de 6 MW, la chaudière biomasse sera alimentée principalement par du bois déchiqueté, mais également par du miscanthus, un roseau à pousse rapide. 9 500 tonnes de biomasse seront nécessaires au fonctionnement annuel de la chaufferie, composées de :

  • 5 300 tonnes de plaquettes forestières
  • 2 500 tonnes de bois recyclé
  • 1 000 tonnes de miscanthus

Afin de sécuriser l’approvisionnement en biomasse, ERIVA s’appuie sur SOVEN, la centrale d’achat d’énergies de Cofely. Celle-ci a noué des partenariats avec les fournisseurs Terreenergie et JMV Vert qui alimenteront la chaufferie en bois alors que

Un complément de chaleur sera fourni par la récupération de l’énergie émise par le Centre de Valorisation Énergétique, via 2 échangeurs de 5 MW et 2,7 kilomètres de réseau en cours de réalisation.

Récolte de l'herbe à éléphants, photo Frédéric Douard

La chaufferie permettra également de soutenir l’agriculture locale puisque 43 agriculteurs ont déjà planté 235 ha d’herbe à éléphants (miscanthus) depuis 3 ans pour une production annuelle prévue de 1000 tonnes. Une véritable implication locale puisque ces plantations sont situées dans un rayon de 10 km autour de Montereau (La Grande Paroisse, Forges, Salins, Courcelles-en-Bassée, Montigny Lencoup, Gravon, Marolles-sur-Seine, La Brosse Montceaux, Esmans, Noisy Rudignon et Varennes-sur-Seine). De quoi mettre le pied à l’étrier aux agriculteurs car la Communauté de Communes prévoit dans son agenda 21 de chauffer 100% des bâtiments publics en énergies renouvelables à l’horizon 2030.

Protection de l’environnement, soutien de l’agriculture locale, les effets bénéfiques sont multiples. D’autant que l’aspect économique de ce projet avantage également les bénéficiaires. En effet, les plus de 3000 foyers en Ville Haute qui dépendent actuellement de la chaufferie verront leur facture de chauffage baisser de 10%. Une gageure compte tenu de l’augmentation croissante des coûts liés à l’énergie depuis ces dernières années. Et un soulagement vue l’importance de ce poste dans un budget familial.

La première pierre posée, les travaux ont débuté et devraient se terminer fin 2011. Parallèlement, le chantier de raccordement de canalisation entre la chaufferie et le Centre de Valorisation Energétique situé dans la zone industrielle a déjà commencé en mars dernier. Dès janvier 2012, la production de chaleur développée par l’incinération des déchets participera à l’alimentation des réseaux de chauffage des logements HLM, du centre commercial Carrefour, ainsi que des bâtiments municipaux de la Ville Haute.

Pose de la 1ère pierre de la chaufferie… par VilleDeMontereau

Sources :