Bioéthanol en Suisse, un potentiel pas encore exploité à son maximum

AlcoSuisse à Delémont, photo AlcoSuisse

En 2010, Alcosuisse, le centre de profit de la Régie fédérale des alcools (RFA), a vendu plus d’éthanol que jamais auparavant. Même si les ventes de bioéthanol ont augmenté, le potentiel de ce carburant n’est pas entièrement exploité.

De leur côté, les recettes fiscales ont atteint leur plus haut niveau de ces dix dernières années. Après s’être révélée très faible en 2009, la part de marché des spiritueux produits en Suisse s’est accrue en 2010 pour s’établir à 18 %. La consommation de spiritueux par habitant est quant à elle restée stable et s’élève à 1,6 litre d’alcool pur.

En 2010, la situation économique relative aux produits à base d’éthanol s’est améliorée dans de nombreux secteurs en Suisse. En écoulant 41,4 millions de kilogrammes d’éthanol (+ 12 % par rapport à 2009), Alcosuisse a atteint un record de vente historique. Grâce à une politique d’achats habile et au un franc fort, Alcosuisse a pu baisser d’environ 20 % le prix de vente de l’éthanol.

Après avoir œuvré comme pionnier durant plusieurs années, Alcosuisse s’est retiré du marché du bioéthanol le 1er octobre 2010, transmettant ainsi le flambeau à l’économie privée. En 2010, les ventes de bioéthanol, dont le volume s’élève à 2,5 millions de kilogrammes (soit environ 3,2 millions de litres), ont certes considérablement augmenté par rapport à l’année précédente (+ 50 % environ), mais demeurent faibles en comparaison des pays voisins. Bien qu’il ait un énorme potentiel, ce biocarburant durable reste confronté à de nombreux obstacles sur le marché. Selon une étude externe réalisée à la demande de la RFA («Bioéthanol: un marché semé d’embûches», Marcel Ott, automne 2010), ceux-ci sont surtout la lourde procédure qu’il faut suivre pour prouver que le produit respecte les exigences minimales sur les plans écologique et social, le fait que le bioéthanol ne soit pas inclus dans la liste des marchandises à réserves obligatoires et la difficulté de répondre à la demande avec du bioéthanol durable.

Source : Alcosuisse le 24 février 2010