La biomasse-énergie renouvelable mal connue des français

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Photo chaudières KWB

L’ADEME vient de publier les résultats du baromètre annuel sur les Français et les énergies renouvelables (ER). L’édition 2010 confirme l’attachement des Français à ces énergies : 97 % d’entre eux se déclarent favorables à leur développement, un chiffre stable depuis plusieurs années. Par contre il démontre, sans surprise pour les observateurs habituels, une méconnaissance de la biomasse-énergie pour 82% des français alors qu’elle est la première ER du pays, avec 65% de la production. Et paradoxalement, l’énergie solaire qui produit moins de 0,26% des ER françaises est connue de 74% des français !

Et pourtant 55% des Français qui déclarent posséder un appareil permettant d’utiliser une énergie renouvelable, possèdent en fait un appareil de chauffage à bois ! On peut en conclure que la plupart des français, même s’ils possèdent un appareil de chauffage à bois, n’associent pas forcément ce combustible à une énergie renouvelable !

A la question "Quelles sont les énergies renouvelables que vous connaissez, ne serait-ce que de nom ? Seuls 18% des français citent la biomasse.

De là, il est clair de constater pour expliquer ce hiatus, que le secteur de la biomasse est le parent pauvre de la communication énergétique en France, qu’elle soit institutionnelle ou commerciale. L’énergie solaire, sans vouloir l’opposer, a bénéficié de beaucoup plus d’attention depuis de nombreuses années alors que les enjeux en termes de production solaire sont aujourd’hui plus de 20 fois moindres que ceux de la production à partir de biomasse ou encore 10 fois moindres que ceux de la production hydraulique. Et l’énergie hydraulique qui fournit 29% des ER françaises n’est connue dans le sondage que par 13% des français !

Profitons donc de cette occasion pour rappeler la dernière statistique officielle de la production d’ER en France pour que chacun puisse prendre la mesure des échelles de chaque secteur :

Parallèlement dans le sondage, et c’est un résultat encore plus faible que pour la question de la connaissance, seules 9% des personnes interrogées pensent que la biomasse devrait-elle développée en priorité alors qu’elle a en France, au regard des ressources non utilisées, la capacité à au moins doubler sa production actuelle d’ici à 2020 (Source : COMOP n°10 du Grenelle de l’environnement).

La grande leçon qu’illustre très bien ce sondage, pour les acteurs de la biomasse, est qu’ils ont à produire un gros effort de communication pour faire reconnaitre leur filière à la hauteur, non pas de ce qu’elle pourrait être, mais de ce qu’elle est déjà !

Revenons quand même sur les autres enseignements du sondage

Comme en 2009, le choix d’un équipement en énergie renouvelable est motivé en priorité par la nécessité de faire des économies et le souhait de minimiser son impact sur l’environnement. Pour la première fois, l’amélioration du confort est en troisième position.
Parmi les Français qui ne disposent pas encore d’un équipement permettant d’utiliser une source renouvelable, 85 % jugent intéressantes les offres existantes.

Installation d'une chaudière à plaquettes, photo Hargassner

Les freins liés à l’installation de ces équipements ont malgré tout pris de l’ampleur : le coût de l’installation tout d’abord, perçu comme trop élevé (cité par 45 % des répondants, en hausse de 11 points par rapport à 2009) et les difficultés techniques perçues liées à l’installation (citées par 44 % des répondants, en augmentation de 8 points par rapport à 2009). Ces freins sont plus précisément liés aux interrogations sur le retour sur investissement. Il est un fait que le marché ne se massifiant réellement que depuis 2005, le volume des ventes n’a pas encore permis à tous les professionnels de vivre de cette activité et de produire les bons effets d’une concurrence bien établie. La poursuite du développement devrait petit à petit gommer ce handicap.

NB : L’étude sur les Français et les Energies Renouvelables a été effectuée pour le compte de l’ADEME par le Cabinet BVA : 1012 entretiens téléphoniques d’une durée de 16 minutes auprès d’un échantillon représentatif de la population française des 18 ans et plus ont ainsi été menés entre le 13 et 25 septembre 2010. Cette même étude a déjà été réalisée en 2004, 2005, 2006, 2008 et 2009.

>> Télécharger les résultats complets de l’étude sur le site de l’ADEME

Frédéric DOUARD, Bioénergie International, 21 janvier 2011.

1 réponse
  1. Etonnant que les bio masses soient tellement importantes en France !! J’avoue que je ne le savais pas mais effectivement on parle toujours de l’énergie solaire et de son « antithèse » le nucléaire sans prendre conscience des autres sources d’énergies. Pourquoi ? Très bonne question.