La forêt bretonne source d’énergie

La forêt représente la plus grande ressource en bois-énergie, et pourtant certains bois issus d’opérations sylvicoles sont peu ou pas valorisés. Pour permettre d’utiliser au mieux les bois forestiers dits « de trituration », le CETEF 56 (Centre des Etudes Techniques Forestières) et la Chambre d’Agriculture du Morbihan, en partenariat avec le CRPF de Bretagne et l’association AILE, ont pris l’initiative de mener une étude technico-économique permettant d’établir des références en matière de production de plaquettes (bois déchiqueté) destinées aux chaudières collectives, industrielles et individuelles.

Il s’agit là d’une expérimentation « grandeur nature » destinée à mieux cerner la faisabilité, les coûts, les rendements matière et les difficultés éventuelles de mobilisation de plaquettes de bois déchiqueté issues du gisement forestier. Ce travail s’inscrit dans la logique de recherche d’alternatives aux énergies fossiles et commence à livrer des enseignements pour la mise en place de filières organismes pour ce type de récolte.

Une étude publiée en mai 2010

Dans un contexte de hausse inéluctable du cours des combustibles fossiles en voie d’épuisement, des énergies alternatives sont appelées à prendre le relais. En complément de l’éolien ou du solaire qui ne suffiront pas à répondre aux besoins sans cesse accrus de la société, le bois-énergie a toute sa place dans un futur proche.

Gérée durablement, la forêt offre une production renouvelable de bois-énergie qui ne présente alors pas de risque de se tarir à son tour. Par ailleurs, la transformation du bois en plaquettes destinées à la combustion et leur transport, généralement sur de faibles distances, sont peu gourmands en énergie fossile : avec 1 tonne de fioul, le bois génère l’équivalent de 14 TEP ! Le rapport est donc de 1 pour 14, très largement plus favorable que celui des autres énergies utilisées en France pour le chauffage.

Dans le tableau ci-dessous, issu des données de l’ADEME, il apparaît clairement que le bois sous toutes ses formes, et notamment les plaquettes, est un matériau dont la fabrication et la combustion génèrent peu de CO2 contrairement aux autres sources d’énergie.

La forêt, gisement principal de la ressource disponible Le bois énergie peut provenir d’une part du recyclage des déchets et des connexes de l’industrie du bois (chutes de scierie, palettes au rebut…) ou de la fraction ligneuse des déchets verts produits par les particuliers ou les collectivités : cette source est limitée et tributaire de filières déjà bien structurées.

L’autre fraction, nettement plus importante et a priori assurée en continu si sa gestion se fait avec discernement, est issue du bocage et de la forêt : cette dernière offre le principal potentiel car elle occupe 27 % du territoire national.

C’est donc autour de la biomasse forestière que se fondent les espoirs les plus réalistes et les plus pérennes.

Par ailleurs, la mobilisation du bois issu de forêt ne concerne que des produits n’ayant pas ou peu d’usage sur les marchés existants car la finalité de la plupart des peuplements forestiers reste la production de bois d’œuvre, dont on suppose qu’elle demeurera la meilleure valorisation du matériau bois.

De ce fait, le bois destiné aux plaquettes correspond soit aux produits n’offrant que peu de débouchés à l’heure actuelle comme la trituration issue des premières éclaircies, soit la fraction jusqu’ici abandonnée sur le terrain (têtes et branches des arbres délaissées lors des coupes rases ou d’amélioration).

Mais attention toutefois à ne pas exporter toute la matière ligneuse disponible car ce type de pratique appauvrit et finit par épuiser les sols. Une fraction de la biomasse, celle composée des éléments les plus fins notamment, a vocation à nourrir l’humus.

Une étude de faisabilité qui clarifie les choses

A travers des chantiers pilotes choisis pour leur caractère représentatif (essences et natures de peuplements variés, interventions sylvicoles diversifiées), on dispose désormais de données chiffrées sur les rendements et sur les coûts de production des plaquettes forestières (abattage, débardage et déchiquetage du bois ; transport vers la zone de stockage, acheminement vers la chaufferie).

Ces renseignements préalables au lancement de projets reposant sur du bois énergie confortent l’idée que la plaquette forestière, même si elle représente un surcoût de mobilisation par rapport aux gisements plus accessibles, peut parfaitement s’inscrire dans un schéma de type industriel puisqu’on estime son prix de revient en moyenne à 60 € la tonne à 45 % d’humidité (hors rémunération du propriétaire forestier pour la matière première qu’il fournit).

Par contre, les plaquettes sèches et bien calibrées que réclament les petites unités (chaudières de faible puissance en exploitation agricole ou dans un bâtiment public), sont économiquement plus difficiles à produire à partir de la forêt car elles supposent un tri poussé des bois, le calibrage des plaquettes, une immobilisation pour le séchage et un double transport : leur prix de revient, hors rémunération du bois lui-même, atteint environ 100 € la tonne sèche livrée.

Contacts :

  • AILE – 73 rue de Saint Brieuc CS 56520 – 35065 RENNES Cedex – 02 99 54 85 46 ou michel.pedron@aile.asso.fr
  • CRPF – 8 place du Colombier – 35000 RENNES – 02 99 30 97 30 ou gilles.pichard@crpf.fr
  • CETEF – 56 – Chambre d’agriculture du Morbihan
    Avenue Borgnis Desbordes BP 398 – 56009 VANNES Cedex – 02 97 46 32 16 ou samuel.leport@morbihan.chambagri.fr

1 réponse
  1. 11 janvier 2011

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