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Récolteuse de Rajal en Extrémadure, photo Jeremy Hugues dit Ciles
La fin de l’hiver en Europe est souvent l’occasion de nettoyer les pâturages ou les parcours du bétail pour en ôter les végétaux secs et les envahisseurs avant la repousse de l’herbe. L’objectif de l’opération est de retrouver facilement des surfaces en herbe, colonisées par les arbustes où les ronces, et qui étaient jadis ôtées à la main. L’herbe y repousse effectivement rapidement … mais à quel prix et combien de temps ?

Écobuage non maitrisé, photo Le Verger de la chevrière
Le verger de la chevrière dans le Pays basque dénonce cette pratique dommageable pour la biodiversité et pour la pérennité du sol : « Même si originellement, le terme désigne le travail d’arrachage de la végétation au moyen d’une « écobue », outil proche de la houe, l’incinération en petits tas de ces éléments puis l’épandage des cendres sur les terrains afin de les enrichir en éléments nutritifs, aujourd’hui il consiste à brûler directement tous les végétaux sur pied. En voyant concrètement le résultat sur place, de nombreux effets néfastes apparaissent clairement :
Si la valorisation des biomasses colonisatrices présentait jusqu’ici de sérieuses difficultés pratiques, liées à la récolte, au volume des végétaux mais aussi à leur utilisation, les nouvelles technologies de transformation et de combustion ouvrent la voie à une valorisation d’une partie de ces produits. Une partie seulement car l’économie actuelle demande à mécaniser les travaux et la récolte sur tous les terrains n’est pas mécanisable.

Faucardeuse-récolteuse de Marcel Vandaele,Tortefontaine, Pas de Calais, photo Xavier Douard
Il existe néanmoins une multitude de biotopes accessibles à la mécanisation et sur lesquels l’Homme a besoin de contenir régulièrement la progression de la végétation qui y pousse chaque année et la plupart du temps en pure perte : perte de matière première non récupérée, dépenses pour un travail qui ne génère aucun revenu et perte de biodiversité dans le cas du brûlage. La liste de ces zones sur lesquelles la biomasse serait récoltable est longue : bords de routes, parcours de ligne électriques, bordures de voie ferrées, zones de lutte contre l’incendie, roselières et prairies permanentes bien sûr.
Toutes les biomasses « fatales » extractibles peuvent constituer une source d’énergie. Les produits verts et humides peuvent entrer facilement dans les processus de méthanisation pour produire du biogaz; nombre de pays nordiques utilisent par exemple les tontes de bords de route ou d’aéroports ainsi. Concernant les produits secs (moins de 50% d’eau) et qui peuvent disparaitre spontanément par simple écobuage, l’utilisation comme biocombustible est une voie (tout comme peuvent l’être également le compostage ou le BRF).
Pour une valorisation énergétique, il existe deux méthodes de récoltes :
Ensuite la valorisation peut emprunter trois circuits :

Broyeur-récolteur de François Digard, Biville, Manche, photo Xavier Douard
Des entreprises de travaux d’entretien disposent déjà en France et en Europe de récolteuses capables de mettre ces produits à disposition, plus d’une centaine d’unités de granulation existent déjà en Europe francophone, plusieurs constructeurs proposent des presses à granulés de petites capacités et des dizaines de marques de chaudières ouvrent aujourd’hui la voie cette opportunité. Développement durable, économies de charges et développement économique peuvent ici faire très bon ménage !
Frédéric Douard, Bioénergie International, 31 mars 2011
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