Le chêne-liège, allié avec le bois-énergie des forêts méridionales contre les incendies

Le chêne-liège, allié avec le bois-énergie des forêts méridionales contre les incendies

Photo Institut du Liège

Lutte contre les feux de forêts, matériau naturel et recyclable, entre tradition et innovation, le liège est présent dans le quotidien. Convaincus des qualités intrinsèques du matériau et des qualités environnementales des suberaies desquelles il est issu, les acteurs de la filière française se sont structurés pour concilier protection incendie, production forestière, et gestion durable de la forêt.

Le comportement du chêne-liège face au feu

Le chêne-liège est une essence forestière particulièrement adaptée au feu : en cas d’incendie de forêt, il brûle mais il est protégé par son écorce liégeuse, et ne meurt donc pas. Il peut ainsi reconstituer son houppier en quelques années, favorisant la reconstitution de l’écosystème forestier et des habitats associés.

De plus, lorsque les suberaies sont cultivées et entretenues pour la production de liège, notamment grâce au pâturage, elles sont moins sensibles au feu et permettent de constituer des zones d’appui à la lutte contre les feux de forêts pour les services d’incendie et de secours. Il s’agit donc d’une espèce de prédilection pour la constitution de pare-feux arborés.

Entretenir les suberaies

Les suberaies gérées et entretenues par un débroussaillement sylvopastorale et par une extraction régulière de bois-énergie sont moins sensibles au feu que les suberaies emmaquisées. L’existence d’une filière économique de valorisation du liège agit en faveur de la culture et de l’exploitation des subéraies. Autrement dit, avec la structuration d’une filière subéricole française, le risque incendie est diminué par la mise en gestion des forêts. L’utilisation des suberaies comme moyen de prévention des incendies de forêt est donc une solution efficace mais nécessite une planification réfléchie, notamment en ce qui concerne les emplacements des plantations et leur entretien.

Avec le chêne-liège, les campagnes de reboisement initiées par les politiques publiques (Plan de relance, France 2030, Objectif Forêt) pourront ainsi engendrer un triple bénéfice :

  • Augmenter la défense des forêts contre les incendies
  • Récolter le liège et développer le marché et les débouchés français
  • Abriter une biodiversité nouvelle avec une diversification des essences

Le chêne-liège se trouve en France au nord de son aire de répartition naturelle : dans le cadre du réchauffement climatique, il peut désormais être envisagé comme essence de reboisement dans des régions où il est actuellement absent ou présent de façon marginale (Sud-Ouest voire ouest de la France).

Vigilance et gestion : deux actions fondamentales pour limiter les incendies

La gestion des suberaies et d’une manière générale des forêts (aménagement, création de piste pour les secours, débroussaillage…) demeure essentielle pour limiter le risque incendie. En effet, la rapidité d’intervention est fondamentale pour enrayer le plus vite possible un feu de forêt. Les incendies peuvent se propager par des conditions météorologiques extrêmes.

L’été 2022 a ainsi été marqué en France par des mégafeux d’une rare intensité. Le déclenchement de deux grands feux simultanément et la règle des « trois 30 » (plus de 3O degrés, un vent de plus de 30 km/h, moins de 30% d’humidité) ont alors rendus les feux incontrôlables. La vigilance de tous est donc fondamentale pour réduire le nombre d’incendies puisque 9 feux de forêt sur 10 sont d’origine humaine.

Une relance du chêne-liège liée à la politique de lutte contre les incendies

Dans les années 1980, suite à de nombreux incendies en France, les services de l’Etat instaurent une politique d’aménagement de l’espace forestier méditerranéen, qui réhabilite le chêne-liège en mettant à profit son extraordinaire résistance au feu et la ressource que peut représenter le liège pour l’industrie.

Les premières actions de rénovation de suberaies voient alors le jour, actions qui se poursuivent encore aujourd’hui, avec une relance de la production de liège dont nous récoltons désormais les fruits. La lutte contre les incendies est donc une « motivation » supplémentaire qui doit faire du chêne-liège un arbre plébiscité dans les plantations. Associé à un prélèvement régulier de bois-énergie pour ce qui est des essences voisines, il permet de maintenir une forêt méridional plus résiliente au feu.

Contacts :

>> Télécharger le dossier de presse sur le reconquête de liège français

Frédéric Douard