Methasocio, les facteurs humains et sociaux de réussite des projets de méthanisation

Unité de méthanisation territoriale, photo Frédéric Douard

La réussite des projets de méthanisation repose sur des facteurs techniques, économiques, mais aussi humains et sociaux. Le projet Methasocio, réalisée par la Chambre Régionale d’agriculture de Bretagne, l’ESA d’Angers, l’Institut Agro, et financé par l’ADEME, visait à déterminer les principaux facteurs humains et sociaux de réussite des projets de méthanisation, ces facteurs pouvant être internes au collectif portant le projet, ou liés aux relations entre ce collectif, le projet et d’autres acteurs du territoire. Le champ du projet Methasocio couvre les projets de méthanisation territoriale impliquant des agriculteurs et situés dans les régions Bretagne et Pays de la Loire.

Dans un premier temps, des entretiens ont été conduits avec différents acteurs du monde de la méthanisation, afin d’identifier les principaux enjeux et les différents projets en cours dans les deux régions. Neuf projets ont ensuite été étudiés de manière plus approfondie, via des entretiens avec les parties prenantes, des observations de terrain, et une analyse documentaire. Ces neuf projets présentaient une diversité de taille, type de porteur et degré d’implication des agriculteurs.

Le terme de « méthanisation territoriale » recouvre une grande diversité de situations, et le lien au territoire est multiforme. Il repose très souvent sur l’origine des porteurs de projets, l’origine et la destination des effluents et souvent sur la valorisation de l’énergie. Il peut aussi reposer sur l’implication d’entreprises locales, ou de collectivités territoriales. La manière dont le lien est perçu par les différents acteurs traduit la plus ou moins grande adhésion au projet et l’insertion de celui-ci dans le territoire. Ainsi, certains projets sont vus comme une illustration de la vitalité économique du territoire, du dynamisme du tissu agricole, quand d’autres sont perçus comme étrangers à l’identité du territoire, et peuvent susciter des inquiétudes.

Les agriculteurs les plus impliqués dans les projets présentent également des profils spécifiques, et mettent en oeuvre pour la réussite du projet des ressources logistiques (temps), des compétences organisationnelles et relationnelles, et une insertion sociale locale souvent développée. Ces ressources leur permettent de jouer un rôle d’intermédiaire entre différents univers : agricole et industriel, projet et territoire, etc.

Les résultats du projet montrent un certain nombre de points de vigilance lors du montage d’un tel projet, et notamment la nécessité pour les agriculteurs d’entretenir et développer des liens variés sur leur territoire. Une posture de concertation précoce, permettant l’appropriation rapide du projet par l’ensemble des acteurs du territoire, est également souhaitable. A l’avenir, l’identification des critères sur lesquels se basent l’ensemble des acteurs pour définir une unité de méthanisation « souhaitable » ou « acceptable » pourrait faciliter les échanges à l’échelle des territoires.

>> Télécharger le rapport de l’étude

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