BEMA teste le transport maritime pour ré-équilibrer l’offre régionale de bois-énergie

Vraquier de bois-énergie au départ de Lorient, photo BEMA

Comme toutes les filières énergétiques, et même si c’est de manière bien plus atténuée, la filière bois-énergie subit des tensions inédites en France. En effet, depuis la reprise économique post-Covid et la guerre en Ukraine, la demande en bois-énergie est en forte augmentation notamment dans le nord de la France et sur les frontières de l’Est.

Cette augmentation s’explique par une pleine utilisation des chaufferies bois existantes, passant à leur maximum possible d’utilisation pour palier à la flambée bien plus importante du prix du gaz ; par la mise en service de nouvelles chaudières à bois sur la période 2021-2023, abandonnant l’énergie fossile ; par le redémarrage de chaufferies à forte consommation chez des industriels qui étaient momentanément repassé au gaz pour profiter des prix d’avant crise ; mais également par la forte pression des pays de l’Europe du Nord comme la Belgique ou l’Allemagne qui sont aussi en forte demande de bois-énergie face aux pénuries à venir de gaz russe.

BEMA, fournisseur de bois-énergie dans l’Ouest de la France, observe également, après des excédents importants durant plusieurs années, une baisse de la disponibilité de bois-énergie sur ces mêmes zones géographiques, une baisse due à la forte activité de la filière panneaux agglomérés qui s’alimente en partie sur la même ressource.

La conséquence est que cette conjoncture entraine une instabilité tant sur le volume que sur le prix du bois-énergie en Europe du Nord, Grand-Est et Hauts-de-France. Et par le jeu des vases communicants, cette conjoncture perturbe les plans d’approvisionnements des régions Ile-de-France et Normandie.

Afin de réagir à ce déséquilibre, les équipes de la société BEMA se mobilisent depuis six mois pour envoyer du bois-énergie vers le Nord. L’entreprise profite ainsi du fait que la Bretagne fait partie des régions dans lesquelles la ressource est disponible sans perturber les installations en place. C’est aussi une région dans laquelle les acteurs locaux ont des capacités de production disponibles, contrairement aux acteurs des Hauts-de-France. Fin juin 2022, BEMA a donc chargé un bateau de 3615 tonnes de bois-énergie au départ de Lorient pour le Danemark. Le bateau a été chargé au départ de chantiers de déchiquetage situés à moins de 60 km du port de Lorient pour limiter les coûts de transport. L’entreprise tient à indiquer que ce volume a été proposé en premier lieu à ses clients français dans le besoin, mais ceux-ci n’ont malheureusement pas pu de supporter le coût d’un transport routier depuis Lorient.

Chantier de déchiquetage 2022, photo BEMA

Cette initiative a néanmoins permis de :

  • Proposer de nouveaux débouchés pour le marché Breton où la demande peine à se faire sentir. En Bretagne, de puissantes installations sont en projet et la filière doit se préparer à produire de plus grandes quantités,
  • Éviter de réaliser plus de 400 km à 150 camions (distance entre Lorient et acteurs demandeurs de bois-énergie en cette période estivale 2022),
  • Réduire les tensions sur les régions Nord de la France en proposant une solution à la source.

Concernant l’avenir proche de l’approvisionnent en bois-énergie dans les régions Hauts-de-France, Grand-Est et Ile-de-France, la filière bois-énergie s’organise localement pour répondre à cette évolution du marché. La ressource est disponible mais face à ce bouleversement soudain un temps d’adaptation est nécessaire pour acheter des machines supplémentaires (un an de délai de livraison), recruter et former du personnel, et contractualiser des achats de bois en forêt localement.

Les équipes BEMA sont à disposition pour tout complément d’information : +33 240 517 867 –  www.bema-be.fr

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