Le biofioul, alternative au mazout, distribué en France dès le 1er juillet 2022

Après quatre années de travail collaboratif mené sous l’impulsion de la Fédération Française des Combustibles, Carburants & Chauffage (FF3C) et comme le prévoient les décisions du gouvernement français de janvier 2022 – selon lesquelles les nouveaux équipements de type chaudière sont autorisés en fonctionnement avec un biocombustible liquide tel que le biofioul[i] – le biofioul F30 alimentera les nouvelles chaudières installées sur la base d’un devis engagé à partir du 1er juillet 2022. Les 30% de combustible renouvelable sont constitués d’ester méthylique de colza ou de tournesol.

Avec l’entrée en vigueur ce vendredi 1er juillet 2022 du décret n°2022-8 relatif à la performance environnementale des équipements de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire, l’installation de matériels utilisant à titre principal un combustible émettant plus de 300 g CO2eq/kWh PCI tout au long de son cycle de vie n’est plus autorisée.

En conséquence, si le fioul traditionnel pourra continuer à être utilisé par les utilisateurs déjà équipés, les installations neuves à fioul devront fonctionner désormais avec un biofioul F30, lequel répond à l’exigence du plafond d’émission actuel de 300 g CO2eq/kWh PCI fixé par le décret.

Sous réserve de la publication d’un arrêté ministériel[ii] autorisant sa mise sur le marché, la distribution du biofioul F30 débutera dès le mois de juillet en Alsace, Auvergne-Rhône-Alpes et Ile-de-France. Les 200 premiers distributeurs qui le proposeront seront identifiés sur le site internet www.biofioul.info dès la parution de l’arrêté ministériel. La distribution se poursuivra progressivement pour couvrir l’ensemble du territoire à l’automne 2022.

Concrètement, à partir du 1er juillet :

  • L’installation de chaudières neuves utilisant un combustible liquide[iii] reste autorisée à la condition d’utiliser du biofioul F30, dont le niveau des émissions tout au long du cycle de vie est inférieur à 300g CO2eq/kWh PCI.
  • Les chaudières actuellement en service et installées suivant des devis signés jusqu’au 30 juin 2022 peuvent continuer à fonctionner avec du fioul domestique traditionnel.

Pour Frédéric Plan, Délégué Général de la FF3C : « L’arrivée du biofioul est une alternative pour accélérer la fin du fioul domestique traditionnel à condition que sa fiscalité le rende attractif. En effet, les chaudières en service peuvent être adaptées à l’usage du biofioul notamment à l’occasion d’un changement de brûleur. C’est au législateur d’en prendre l’initiative. Si le gain de consommation d’une chaudière neuve de haute performance énergétique (de 25 à 30 %) permet de gommer son surcoût, ce n’est pas le cas pour les chaudières existantes dont la longévité dépasse les 25 ans. »

Le fioul domestique était jusqu’ici la troisième énergie de chauffage en France. Il équipe toujours plus de 3 millions de logements sur un total de 30 millions, principalement dans des territoires ruraux et périurbains, que les réseaux de chaleur ou le gaz de ville ne desservent souvent pas (Ceren et Ademe, 2017). En France, 25 000 communes ne sont pas raccordées aux réseaux de gaz, ce qui représente, sur l’ensemble du territoire, 13,4 millions de Français, soit 20 % de la population (sources GRDF et Insee, 2018).

En savoir plus sur le biofioul et sur son évolution progressive en F100 : www.biofioul.info

Rappelons enfin que les autres alternatives non électriques et stockables au mazout, et presque déjà 100% renouvelables, sont le bois et le biométhane.

Frédéric Douard

Notes :

  • [ii] Le code de l’énergie conditionne la mise sur le marché de tout produit énergétique à un arrêté ministériel dont la parution est imminente.