Panorama du développement soutenu de la filière bioGNV en France

La centrale biométhane Methamoly dans la Loire et sa station BioGNV, photo-Frédéric Berthet

Le deuxième panorama du BioGNV publié par l’Association française du gaz naturel pour véhicules (AFGNV), met en lumière le développement soutenu de la filière en France. Fin 2021, on comptait ainsi 255 points de ravitaillement BioGNV/GNV ouverts au public en France, avec deux ouvertures de station par semaine sur l’année. Ce déploiement est bien en avance sur les objectifs fixés par le cadre national pour les carburants alternatifs (CANCA) et par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui visaient 140 stations en 2025 et 330 en 2028. Pour autant, les ambitions de la filière, indispensables à la décarbonation de la mobilité lourde, requièrent aujourd’hui plus de visibilité et un soutien clair de la part des pouvoirs publics.

Un réseau en forte croissance

Avec ses 255 points d’avitaillement répartis sur tout le territoire au 31 décembre 2021, la France est l’un des pays leaders en Europe et offre dès à présent aux poids lourds de nombreuses options pour faire le plein de BioGNV/GNV. Le parc de stations a connu une accélération de son développement en 2021 avec 40 % d’ouvertures en plus par rapport à 2020, à comparer à un taux de croissance de 30 % ces dernières années. Cette dynamique s’accompagne d’un accroissement la part de BioGNV, version renouvelable et locale du GNV (-85 % d’émissions de CO2 en cycle de vie par rapport au gazole). Le BioGNV a représenté en 2021, 19,5 % des ventes globales de BioGNV/GNV, contre 16,7 % en 2019. L’objectif de la filière est d’atteindre 100 % de BioGNV dès 2033.

Avitaillement en bioGNV, image GRDF

« En tant que carburant renouvelable, le BioGNV présente de fortes perspectives de croissance : il a un rôle clé à jouer dans la décarbonation du transport routier lourd, non seulement à moyen terme, mais également de façon structurelle au-delà de 2030 », souligne Anna Whitehouse, présidente de l’AFGNV.

Les véhicules lourds plébiscitent le BioGNV/GNV

La dynamique observée les années précédentes dans les flottes publiques et privées se confirme en 2021 avec une hausse de 30 % des nouveaux véhicules GNV immatriculés. Le transport de passagers et de marchandises accélère sa transition énergétique en choisissant le BioGNV/GNV. La part des nouvelles immatriculations est de 50% pour les bus et 17% pour les autocars, et un poids lourds sur 20 roule désormais au BioGNV/GNV. De nombreuses collectivités optent de plus en plus pour le BioGNV/GNV pour leurs flottes de véhicules lourds, dans un souci d’accélérer leur transition énergétique. En 2021, Antibes, Rennes, Caen, Reims ou encore Rodez ont ainsi fait le choix du BioGNV. A Mulhouse, les bus roulent au BioGNV, issu de la méthanisation des eaux usées ; dans le Grand Poitiers, pionnier en matière de bus roulant au GNV, 18 bus roulent désormais au BioGNV produit localement.

Cars de Megève au BioGNV, photo-Grégory Brandel, GRDF

Ce mouvement s’observe également chez les transporteurs privés. Geodis, spécialiste du transport et de la logistique, détient aujourd’hui une flotte 100 % BioGNV pour ses camions chargés d’assurer les livraisons en centre-ville. Des véhicules qui émettent peu de polluants locaux (NOx, particules, etc.) et bénéficient de la vignette Crit’Air 1 leur permettant de circuler et d’assurer les livraisons dans les Zones à faibles émissions (ZFE).

Nouvelles perspectives : quand le fluvial et le ferroviaire font le choix du BioGNV/GNV

Déjà bien présent sur route, le BioGNV/GNV intéresse de plus en plus les transports fluviaux et ferroviaires. Pour le train, le GNV représente une alternative au gazole. La stratégie nationale bas-carbone fait en effet du GNV l’une de ses priorités pour décarboner le rail qui voit défiler chaque jour 3500 trains à motorisation diesel sur tout le territoire. Immédiatement disponible, le BioGNV/GNV est un carburant vertueux et facile à mettre en place pour la SNCF qui s’est fixé pour objectif de remplacer tous ses trains roulant au gazole d’ici 2035. Les régions Haut-de-France et Nouvelle-Aquitaine ont d’ores et déjà lancé des expérimentations sur le sujet.

Le transport fluvial, bien que deux à quatre fois moins polluant que le secteur routier à la tonne transportée, étudie, lui aussi, de près la question du BioGNV/GNV. Les régions Haut-de-France et Ile-de-France ont par exemple lancé des expérimentations de rétrofit de bateaux au BioGNV. Résultat : 90 % d’émissions de CO2 et 98 % d’émissions de NOx en moins par rapport à un bateau équipé d’un moteur diesel.

2022, année charnière

Cependant, les fortes fluctuations des marchés internationaux du gaz – sur lesquels le prix du BioGNV est indexé – menacent aujourd’hui la dynamique de la filière, alors même que le BioGNV est une énergie incontournable pour décarboner la mobilité lourde en France.

Véhicules au BioGNV, photo Monoprix

Dans ce contexte délicat, l’AFGNV a remis à jour en profondeur son plan filière et tracé une perspective crédible pour décarboner 20 % de la mobilité lourde à l’horizon 2033. Néanmoins, cette ambition suppose un ferme engagement de l’Etat pour assurer un soutien fiscal et un fléchage du biométhane vers la mobilité. Alors que l’Etat a lancé le 1er juin 2022 les travaux pour établir la feuille de route de décarbonation des véhicules lourds, l’AFGNV prépare un ensemble de propositions visant à assurer la place du BioGNV et à lui donner un véritable essor.

>> Télécharger le Panorama du bioGNV en France

Frédéric Douard

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