Le rôle de la bioénergie dans la neutralité climatique en Europe

Editorial du Bioénergie International n78 d’avril 2022

Des millions de citoyens européens dépendent de la bioénergie pour se chauffer, cuisiner, s’éclairer ou se déplacer. De nombreux processus industriels dépendent de la réutilisation des résidus de bois pour fournir de l’énergie à leurs processus. Le cabinet Deloitte a analysé, pour le compte de l’association Bioenergy Europe, le rôle de la bioénergie dans la réalisation de la neutralité climatique en Europe, aujourd’hui et jusqu’à l’horizon 2050, en tenant compte des impacts socio-économiques et environnementaux, avec une attention particulière à son effet sur l’environnement rural, sur l’atténuation des émissions de carbone, sur la santé des forêts et sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique.

Voici ses principales conclusions :

Économie : en 2019, la bioénergie a employé 794 392 ETP dans l’UE27. Son impact sur le PIB était supérieur à celui de secteurs comme la pêche et l’aquaculture ou du coke et des produits pétroliers raffinés, et comparable à celui des mines et carrières. Parallèlement, le rapport précise que les entreprises européennes sont des leaders en matière de développement technologique, de fabrication et de production de bioénergie en représentant 74 % des fournisseurs mondiaux.

Environnement : en 2019, le remplacement des combustibles fossiles par la biomasse a permis d’éviter l’émission de 290 MtCO2éq, soit environ 8 % des émissions de GES de l’UE27. La production de bioénergie a permis de remplacer 132 Mtep de combustibles fossiles, réduisant la dépendance à l’égard des pays étrangers et en favorisant les ressources énergétiques renouvelables nationales.

Approvisionnement : la bioénergie dans l’UE est principalement produite à partir de la biomasse locale, agricole ou forestière, et la dépendance aux importations n’est que de 3,7 %. Le remplacement des énergies fossiles importées par des énergies renouvelables domestiques réduit les risques de difficultés d’approvisionnement résultant du contexte socio-politique des pays étrangers… et l’actualité en témoignage cruellement. Le recours à la bioénergie apporte une stabilité des prix, facteur clé pour la sécurité énergétique. Le coût de la biomasse-énergie s’avère à la fois plus stable dans le temps et moins cher que ceux des énergies fossiles. En outre, une augmentation du prix du gaz naturel entraîne une augmentation du prix de l’électricité, ce qui expose les citoyens à la précarité et l’industrie à la réduction de sa compétitivité.

Perspectives : la consommation intérieure brute de biomasse-énergie serait proche de 220 Mtep en 2050, montrant une augmentation annuelle d’environ 2 % de 2019 à 2050. Cette augmentation annuelle est en réalité inférieure à celle affichée par la bioénergie ces dix dernières années et qui était de 2,6 %. Chaque Mtep supplémentaire de biomasse pour l’énergie engendrerait la création de 261 millions € de PIB et de 5181 ETP. La substitution des combustibles fossiles par la biomasse pourrait éviter l’émission de 487 MtCO2éq pour cette année-là et chaque Mtep supplémentaire de biomasse-énergie pourrait atténuer les émissions de 2,4 MtCO2éq.

Ainsi, le rapport confirme la bioénergie comme une solution très polyvalente, stockable et flexible et qui peut relever les principaux défis de la neutralité climatique d’ici 2050, avec tous les avantages associés en termes d’emplois, d’environnement et de sécurité d’approvisionnement.

>> Lien vers le rapport : bioenergyeurope.org

Frédéric Douard

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