La mobilité électrique ne doit pas occulter la mobilité bas-carbone existante à combustion

Editorial du Bioénergie International n°77 de mars 2022

Station bioGNV de Saumur Energies Vertes, photo Frédéric Douard

Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne a annoncé début 2022 que l’UE avait atteint son objectif à 2020 de 10 % d’énergies renouvelables dans les transports. Cette bonne nouvelle rappelle en même temps que ce secteur continue à dépendre à près de 90 % des combustibles fossiles et à produire un quart des émissions de GES de l’UE. Par conséquent, le remplacement des combustibles fossiles dans les transports par des alternatives renouvelables reste l’une des principales priorités de l’UE.

Ces 10 % d’énergies renouvelables dans les transports sont assurés par les biocarburants, le biométhane et l’électricité renouvelable. Pour la poursuite de cette politique, il serait logique de continuer à soutenir l’ensemble de ces filières complémentaires. Or, l’UE semble ne soutenir que le déploiement de technologies et d’infrastructures électriques pour atteindre la neutralité carbone dans la mobilité d’ici 2050. En parallèle, elle a même proposé l’interdiction des voitures à moteur à combustion à partir de 2035, sauf que cette proposition discrimine d’office toutes les solutions à biocarburants et à gaz verts.

Les moteurs à combustion sont aujourd’hui majoritairement alimentés au diesel et à l’essence. Mais ces technologies, ainsi que toutes les infrastructures de distribution associées, sont cependant compatibles avec l’utilisation de biocarburants et de biométhane. NGVA Europe montre par exemple que plus d’un quart du gaz utilisé dans le transport routier dans l’UE est aujourd’hui renouvelable [1].

Toujours à propos du biométhane, l’association européenne du biogaz rappelle également qu’en termes de performances environnementales, de nombreuses études établissent, selon l’approche du cycle de vie [2], que le biométhane a le meilleur potentiel de décarbonation des transports de toutes les solutions alternatives aux fossiles. Outre les niveaux de réduction du CO2 qui sont égaux ou supérieurs à ceux assurés par la mobilité électrique verte, le biométhane offre en plus, comme les autres biocarburants, des opportunités de déploiement immédiat et contribue à maintenir une industrie automobile forte et indépendante au sein de l’UE. De plus, tous les biocarburants et gaz verts peuvent être utilisés efficacement dans le transport lourd et dans le secteur maritime.

Les données divulguées par Eurostat rappellent donc qu’il n’existe pas de solution unique vers la neutralité carbone. L’électricité verte ne peut pas à elle seule couvrir tous les domaines du transport ni respecter les délais de décarbonation attendus. Il est donc crucial de promouvoir les biocarburants et les gaz verts sur un pied d’égalité avec la mobilité électrique.

Sources :

  1. www.ngva.eu/medias/2510-biocng-in-2020-new-data-proves-rapid-growth-of-biomethane-in-transport/
  2. www.europeanbiogas.eu/acknowledging-the-full-potential-of-biomethane-as-transport-fuel/

Frédéric Douard, rédacteur en chef

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