Le chemin à parcourir vers 100 % de gaz renouvelable reste considérable

Article paru dans le Bioénergie International n°74 de septembre 2021

Unité de méthanisation en Champagne, photo Frédéric Douard

Dans son rapport 2021 sur le biogaz en Europe, l’association Bioenergy Europe indique que l’UE27 compte aujourd’hui près de 19 000 unités de méthanisation dont plus de 700 centrales de biométhane. Le rapport précise également que tout le biogaz européen représentait en 2019 environ 18 milliards de m³ d’équivalent gaz naturel, soit une quantité comparable à la consommation annuelle de gaz de la Belgique, et qui couvre 4 % de la consommation européenne de gaz.

Selon EBA, l’association européenne du biogaz, la production des différents secteurs du biogaz pourrait plus que doubler pour atteindre les 44 milliards de m³ en 2030, soit l’équivalent de 467 TWh. Toujours selon EBA, cette production pourrait quadrupler vers les 100 milliards de m³ d’ici 2050, ce qui équivaudrait à 25 % de consommation actuelle de gaz naturel en Europe. En France, le scénario plus ambitieux réalisé par Solagro pour l’ADEME en 2018, décrit quant à lui les contours d’un mix français de gaz 100 % renouvelable en 2050.

Depuis 1990, la consommation de biogaz a considérablement augmenté en Europe, et partant de très bas, a été multipliée par 25. Cette augmentation a été rendue possible par le développement rapide de technologies efficaces et désormais matures. Parallèlement, le bioGNV (bioGaz Naturel pour Véhicules) et le bioGNL (bioGaz Naturel Liquéfié) sont des marchés extrêmement prometteurs pour la mobilité décarbonée, climatiquement très performants et relativement faciles à mettre en place grâce aux infrastructures existantes du gaz naturel. Malgré cela, en 2019, le biogaz n’a fourni que 1 % de la consommation totale d’énergie intérieure brute de l’UE27 ! Un colossal chemin reste donc à parcourir pour que le gaz devienne 100 % renouvelable.

Afin que cet objectif ne reste pas une promesse non tenue, ou pire un mirage savamment entretenu, il faut aujourd’hui produire du biogaz dans le plus grand nombre possible d’exploitations agricoles, d’industries et de collectivités. Cette pratique doit remplacer partout celles qui laissent s’échapper de grandes quantités de gaz à effet de serre, sans substitution d’énergie fossile, comme notamment le compostage passif dans l’agriculture. Tout ceci, les responsables politiques et économiques doivent le savoir, car leur responsabilité est aujourd’hui engagée aux yeux des générations futures qui ne manqueront pas de les tenir pour coupables d’inaction climatique.

Exhortons maintenant tous les acteurs politiques et économiques, concernés en tant que producteur ou consommateur, à agir à la hauteur des enjeux climatiques, dont les effets dévastateurs ont d’ores-et-déjà commencé à sévir, y compris en Europe.

Frédéric Douard, rédacteur en chef

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