Le papetier Koehler va convertir sa centrale charbon d’Oberkirch à la biomasse

Vue aérienne de la papeterie d’Oberkirch, photo Koehler

Le groupe papetier Koehler dispose de cinq usines de production en Allemagne à Kehl, Greiz, Weisenbach, Willstätt et à son siège d’Oberkirch. Plus de 2000 employés y produisent du papier spécial. Alors que le groupe a déjà réalisé des investissements importants pour utiliser la biomasse comme combustible renouvelable, comme sur son site de Kehl, en face de Strasbourg avec ses 80 MW à la biomasse, il vient d’annoncer qu’il va convertir entièrement sa centrale énergétique d’Oberkirch, située à 20 km de Strasbourg, à la biomasse dans les années à venir. Cette conversion s’inscrit dans la stratégie de durabilité de Koehler qui s’est fixé pour objectif de produire, d’ici à 2030, une quantité d’électricité à partir de sources renouvelables supérieure à la quantité nécessaire à sa production de papier. Ce passage du charbon à la biomasse va économiser plus de 150 000 tonnes d’émissions de CO2 par an. 

La centrale biomasse de la papeterie Koehler de Kehl, photo Frédéric Douard

Koehler exploite trois machines à papier sur son site d’Oberkirch, y compris les équipements auxiliaires associés. Le processus de traitement et de séchage du papier nécessite de grandes quantités d’énergie, c’est pourquoi l’entreprise a décidé de construire sa propre centrale dès 1943. 1986 vit la construction d’une nouvelle centrale qui a subi plusieurs modifications jusqu’à son stade actuel d’expansion. Au total, la centrale actuelle fournit environ 100 GW/h d’énergie électrique et 330 000 tonnes de vapeur par an pour la production. La chaleur résiduelle produite est également utilisée pour la piscine en plein air d’Oberkirch. Jusqu’à ce jour, le charbon, mais aussi des boues résiduelles de papier, étaient utilisés comme combustibles. Ce sont 21 employés qui conduisent cette centrale 24 heures sur 24, même le week-end.

La promesse Koehler 2030

Koehler s’est engagé il y a plusieurs années à être excédentaire en énergie produite à partir de sources renouvelables d’ici 2030. Dans l’accord de Paris sur le climat de 2015, 190 parties, dont l’Union européenne, se sont engagées à prendre des mesures pour maintenir le réchauffement climatique bien en deçà de 2°C. Les entreprises privées sont expressément appelées à apporter leur contribution en réduisant les émissions.

Avec le même objectif, le gouvernement allemand a rendues plus contraignantes les conditions économiques d’utilisation des combustibles fossiles. C’est pourquoi Koehler mettra en oeuvre ses plans de conversion trois ans plus tôt que prévu.

Fronton de la centrale biomasse de Kehl, photo Frédéric Douard

Mise en service fin 2024

Des bureaux d’études externes ont été consultés lors des travaux de planification de la conversion de la centrale à charbon d’Oberkirch. Treize concepts différents de conversion ont été étudiés et la décision finale a été prise en faveur de la biomasse en raison de son efficacité économique et de son impact minimal sur l’environnement. Koehler va ainsi investir près de 60 millions d’euros à d’Oberkirch pour produire l’énergie nécessaire à la production de papier à partir de plaquettes, de déchets verts et de résidus de scierie originaires de la région.

Frédéric Douard

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