Bordeaux : le réseau de chaleur renouvelable des Hauts de Garonne s’agrandit

Le quartier aux alentours du Rocher de Palmer à Cenon, photo Vincent Dessane

L’agglomération bordelaise compte à ce jours cinq réseaux de chaleur alimentés par la biomasse : les Hauts de Garonne (5,5 MW à la chaufferie bois de Lormont – Les Akènes), le quartier Ginko à Bordeaux (2,9 MW), les quartiers Bacalan et Bassins à flots à Bordeaux (5,5 MW), les hôpitaux Pellegrin et Charles Perrens à Bordeaux (9,5 MW) et l’Université de Bordeaux à Talence (1,5 MW) et la résidence des Aubiers à Bordeaux (2,5 MW). Le réseau de chaleur des Hauts de Garonne quant à lui fait aujourd’hui appel à 77 % d’énergies renouvelables et de récupération pour chauffer 11 500 équivalent-logements des communes de Cenon, Lormont et Floirac. Demain, grâce à sa modernisation et son renouvellement, ce seront 2 800 équivalent-logements supplémentaires qui en bénéficieront.

À compter de début 2021, des travaux programmés sur cinq ans et réalisés dans le cadre d’une délégation de service public de sept ans confiée au groupement Idex et Mixéner ( filiale de la SAEML Bordeaux Métropole Énergies), vont permettre d’améliorer la performance énergétique du réseau existant et de répondre à l’ambition de développement de la chaleur renouvelable de près de 30%.

Une rénovation au service de la performance énergétique

Durant les trois prochaines années, la grande majorité du réseau existant, va être rénovée. Cette rénovation « in situ » utilisera des by-pass flexibles provisoires assurant une continuité de services optimale tout en continuant de valoriser la chaleur issue de l’usine d’incinération des déchets ainsi que la biomasse. Cette méthode permettant d’assurer la continuité de l’exploitation pendant les travaux réduit significativement l’impact en termes de nuisances pour les riverains.

Chaufferie bois des Akènes, photo Atelier Schweitzer Architectes

Le réseau confirme le rôle du digital dans la transformation écologique. Il sera équipé de moyens de détection numériques pour une prise en charge réactive de l’exploitation pendant et après les travaux : installations de sondes d’hygrométrie et de température dans les chambres à vannes pour détecter les fuites en caniveau, mise en place d’une hypervision et de canalisations pré-isolées équipées de système de surveillance.

Ces travaux vont permettre d’améliorer la performance énergétique du réseau, avec un rendement passant de 80 à 89 % et une économie de 17 000 m3 d’eau par an.

Des travaux de développement ambitieux

Afin de permettre à 2800 équivalent-logements supplémentaires de se chauffer grâce à une majorité d’énergies vertes, Bordeaux Métropole a décidé d’étendre le réseau de 6,7 km et 47 nouvelles sous-stations. Avec cet agrandissement, les besoins en chaleur vont augmenter de 28 GWh et la puissance souscrite de 16,4 MW.

Claudine Bichet, Vice-Présidente de Bordeaux Métropole chargée du Climat, de la transition énergétique et de la santé : « Bordeaux Métropole s’engage pour le climat et la qualité de vie de ses habitants. Cette initiative contribue à accélérer le mouvement vers la transition écologique du territoire métropolitain. En réalisant ces travaux de rénovation et d’extension pour son réseau de chaleur Hauts de Garonne, la métropole bordelaise évitera ainsi l’émission de 26 000 tonnes de CO2/an, soit l’équivalent annuel de 15 000 voitures en circulation. »

Les chiffres du réseau de chaleur renouvelable des Hauts de Garonne
Avant travaux Après travaux
26 km de réseau 32 km de réseau
133 sous-stations 180 sous-stations
11 500 équivalent-logements 14 300 équivalent-logements
109 GWh d’énergie verte par an 137 GWh d’énergie verte par an
Part renouvelable : 71% déchets et 6% bois Part renouvelable : 78% déchets et 7% bois
3 500 tonnes de bois par an 5 000 tonnes de bois par an
50 000 tonnes de déchets valorisés par an 60 000 tonnes de déchets valorisés par an

Un modèle de financement novateur et citoyen

Le coût total d’investissement s’élève à 30,7 millions d’euros et sera soutenu par des subventions de l’ADEME et du FEDER.

Ce projet fait l’objet d’un co-investissement participatif à hauteur de 300 K€, rendu possible via la plateforme de crowdlending dédiée aux innovations sociales et solidaires Solylend.

Frédéric Douard