Du biofioul de chauffage pour substituer le fioul domestique

Citerne de biofioul, photo FF3C

Le 27 juillet 2020, la ministre française de la Transition écologique, Barbara Pompili, annonçait l’interdiction, à compter du premier janvier 2022, de l’installation de chaudières à fioul et à charbon, utilisant un combustible 100 % fossile dans les bâtiments neufs et de leur remplacement dans l’existant. Suite à cela, la profession des distributeurs d’énergies hors réseaux, représentée par la FF3C, appelle à accélérer la transition vers le biofioul de chauffage et se mobilise pour la mise sur le marché d’un « F30 » en 2022.

Face à l’inquiétude des consommateurs de fioul domestique, le gouvernement a précisé le périmètre de cette mesure, et indiqué qu’à compter du 1er janvier 2022, seules les chaudières au fioul utilisant un combustible 100 % fossile ne seraient plus autorisées, en installation dans le neuf comme en remplacement à l’identique dans l’existant.

Cette interdiction concernerait ainsi uniquement les équipements utilisant un combustible 100 % fossile dont les émissions de CO2 dépasseraient le seuil de 250 g CO2e/ kWh PCI. Les installations de matériels utilisant un biocombustible renouvelable permettant d’atteindre un niveau d’émissions de CO2 inférieur à ce seuil seront, par conséquent, autorisées.

La profession des distributeurs d’énergies hors réseaux reste pleinement mobilisée pour permettre la mise sur le marché du biofioul, un bioliquide de chauffage renouvelable, devant remplacer progressivement le fioul fossile pour, à terme, s’y substituer intégralement.

Dans ce contexte, la FF3C a présenté, à l’occasion d’une rencontre avec la presse professionnelle et agricole le 15 septembre 2020, un plan de déploiement en trois étapes :

  1. La profession pourrait, dès 2022, fournir aux propriétaires de chaudières neuves un biofioul F30 contenant 30 % d’ester méthylique de colza (EMAG – Ester méthylique d’acide gras).
  2. La profession propose en outre, par elle-même, qu’un biofioul F10, contenant 10 % d’EMAG de colza et compatible avec l’ensemble des installations existantes, puisse être généralisé pour remplacer le fioul actuel et ainsi favoriser l’usage d’énergie renouvelable. Cette généralisation suppose une ambition des pouvoirs publics et un calendrier raisonnable.
  3. La part d’énergie renouvelable utilisée par l’ensemble de ces matériels serait alors amenée à croître progressivement pour atteindre 100 % à horizon 2040.

Passer d’une énergie fossile importée à une énergie renouvelable issue des territoires

Jusqu’ici troisième énergie de chauffage en France, le fioul domestique équipe près de quatre millions de logements, dont 3,5 millions de résidences principales. Il concerne des foyers vivant principalement en maisons individuelles, dans des territoires ruraux non desservis par le gaz de ville.

Son utilisation est particulièrement importante dans des zones où les températures hivernales sont basses (façade Est, régions Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, entre autres) et où la substitution par une pompe à chaleur (PAC) est complexe et onéreuse (15 000 euros en moyenne).

Consciente de cette réalité territoriale, la profession travaille depuis près de trois ans à la mise sur le marché d’un biocombustible liquide de chauffage. En collaboration avec la filière agricole du colza et les constructeurs de matériels, elle a développé le biofioul.

La FF3C appelle à accélérer la transition vers le biofioul et ainsi permettre une transition écologique adaptée à la réalité des territoires, non punitive et inclusive, telle que souhaitée par le Président de la République et le Premier ministre.

Selon un sondage OpinionWay mené par téléphone du 5 au 28 août 2020, auprès d’un échantillon de 508 utilisateurs de fioul domestique pour le compte de la FF3C près de 8 consommateurs sur 10 (78 %) se disent prêts à opter pour un biofioul de chauffage, en remplacement du fioul domestique fossile actuellement en usage.

Pour en savoir plus : www.ff3c.org

Frédéric Douard

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