Brest Métropole Océane : un réseau de chaleur alimenté par les déchets

Alimenté à 90% par la chaleur de récupération de l’usine d’incinération des ordures ménagères, le réseau de chaleur de Brest dessert aujourd’hui 14700 équivalents-logements. Présentant un des taux d’émission de gaz à effet de serre parmi les plus faibles de tous les réseaux français, le réseau de Brest fait aujourd’hui l’objet de projets d’évolution importants : triplement du linéaire, doublement de la quantité de chaleur livrée, création d’une chaufferie biomasse.

De 1988 à aujourd’hui

La chaudière à déchets

L’histoire du réseau de chaleur de Brest est intimement liée à celle de l’usine d’incinération des ordures ménagères (UIOM) : les deux installations ont été crées en même temps, en 1988. Dès l’origine, l’UIOM alimente le réseau en chaleur. Aujourd’hui, on parle d’ailleurs d’unité de valorisation énergétique des déchets (UVED), cette activité ayant pris le pas sur l’incinération des ordures ménagères. L’UVED traite les déchets d’un bassin de population de 400000 habitants, soit un volume annuel de 140000 tonnes. Le réseau de chaleur est alimenté à 90% par la chaleur issue de l’incinération de ces déchets, qui est par ailleurs également utilisée pour la production d’électricité. Les 10% restant sont fournis par des chaudières fioul. Le réseau fonctionne sous le régime de la concession (durée 30 ans).

Sources de chaleur
La chaleur produite par l’incinération des déchets (environ 14T de déchets brûlés par heure en moyenne, par le biais de deux fours) est d’abord utilisée pour produire de la vapeur qui alimente la turbine (3MW) pour produire de l’électricité, vendue à EDF. Le reste de vapeur sortant de la turbine est envoyée sur l’échangeur de chaleur.

L’eau sous pression du réseau de chauffage urbain au secondaire de l’échangeur est ainsi chauffée (surchauffée comme dans la majorité des réseaux) à une température maximum de 155°C. Les 180°C de température maximum du réseau, sont obtenu avec l’appoint de deux chaudières au fioul lourd (2 x 10MW). Au primaire de l’échangeur, les condensats issus de l’échange thermique, sont renvoyés dans le circuit d’eau d’alimentation des fours d’incinération.

L’échangeur thermique de l’UVED dispose d’une puissance de 24MW. La chaleur est vendue au concessionnaire du réseau par la SEM qui exploite l’UVED. Les appoints de chaleur sur le réseau se font avec les chaudières fioul lourd du concessionnaire qui en assure à ses frais l’approvisionnement en combustible.

Sur le réseau, quatre chaufferies au fioul domestique d’une puissance totale de 14 MW permettent de délester le réseau en période de pointe.

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