Durant la crise sanitaire, le bois doit rester la priorité dans les chaufferies biomasse

Le silo à bois de la chaufferie du réseau de chaleur de Vénissieux, photo Frédéric Douard

Si au début du confinement en France, quelques difficultés ponctuelles de livraison de chaufferies bois ont pu été relevées, la filière d’approvisionnement s’est réorganisée en bonne résilience pour faire face à ses obligations de livraison, renforcée par le courrier officiel de la ministre Elisabeth Borne reconnaissant au transport de bois l’autorisation de circuler pendant la période de confinement. Les stocks sont disponibles et distribués, à l’heure actuelle, il n’y a aucun problème de livraison et toutes les chaufferies bois du pays sont en état de fonctionnement habituel.

L’approvisionnement est assuré principalement par la filière forestière, ce qui a permis de compenser la réduction de la disponibilité des autres approvisionnements en biomasse (connexes de scierie, broyats de palettes, bois SSD …) et à une partie de la filière de continuer à bénéficier de rentrées de trésorerie.

La préparation de « l’après » : la filière en ordre de bataille

Si la saison de chauffe 2019-2020 ne suscite aucune crainte, à moyen terme en raison de l’arrêt actuel des chaufferies et du ralentissement des ventes de bois, il est possible de voir apparaître des tensions sur le marché de la saison 2020-2021. Cet effet serait d’autant plus préjudiciable qu’il se ferait dans un probable contexte de bas prix des énergies fossiles, rendant délicate la compétitivité de la solution biomasse pourtant environnementalement plus vertueuse.

En effet, le ralentissement durant la période de confinement de certains marchés comme celui du sciage ou de la construction bois, ne permettent pas la production des co-produits destinés au bois-énergie. Pour parer cette problématique, la filière s’est mise en ordre de bataille, mobilisant l’ensemble des acteurs locaux et, en particulier, des collectivités territoriales.

Des échanges fréquents avec le ministère ont permis d’esquisser les premières pistes d’accompagnement d’un plan de relance ambitieux, notamment autour de la replantation nécessaire et de la lutte contre les forêts dépérissantes, attaquées (comme les scolytes dans le grand Est) ou en déshérence, en respectant les mesures sanitaires essentielles à la protection des salariés. La fédération nationale des communes forestières (FNCOFOR) contribue actuellement, avec le ministère en charge de la forêt, à l’écriture du plan de relance national, basé sur la commande publique, la relocalisation des emplois et activités, la valorisation prioritaire de la ressource bois nationale. Ceci implique également une action forte en matière de bois local et de traçabilité.

La vision structurante des collectivités

Ainsi que l’a indiqué la ministre Elisabeth Borne, la crise sanitaire ne doit pas faire oublier la crise environnementale. Les collectivités, aux côtés des acteurs de la filière bois, poursuivent leur engagement afin d’assurer un développement durable des territoires, en renforçant la place du bois-énergie, en chaufferie dédiée ou en réseaux de chaleur. Face à la tentation de minimiser l’utilisation du bois dans les réseaux de chaleur au profit du gaz, du fait d’un bas prix des marchés, il est essentiel que chacun soit au rendez-vous des engagements environnementaux qui se déclinent d’un point de vue contractuel. La FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) et la FNCOFOR ont rappelé aux collectivités les éléments existants dans les contrats de concession afin d’appuyer le respect de ces engagements en toute sécurité pour les employés. Elles ont également écrit aux principaux exploitants pour s’assurer de la cohérence de tous.

Contacts : www.fnccr.asso.fr et www.fncofor.fr

Frédéric Douard