Réseaux de chaleur et énergies renouvelables

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, la France s’est engagée à augmenter sa production d’énergie à partir de sources renouvelables d’ici 2020. Les réseaux de chaleur, mis en place par les collectivités sur leurs territoires, permettent de mobiliser d’importants gisements d’énergie renouvelable difficiles d’accès ou d’exploitation. Ces réseaux devront être développés et modernisés de façon très volontariste au cours des prochaines années : l’objectif fixé pour 2020 est un triplement du nombre de raccordements et du taux d’énergies renouvelables utilisées comme sources de chaleur.

La chaleur représente la moitié de l’énergie consommée en France

La chaleur (chauffage de bâtiments, eau chaude sanitaire, chaleur industrielle et chaleur de cuisson) représente environ la moitié de l’énergie consommée en France chaque année ; à titre de comparaison, le secteur des transports en représente un tiers et l’électricité (hors chauffage) 15%.
A l’heure actuelle, seulement 13% de cette chaleur provient d’énergies renouvelables.

Sources de chaleur du secteur résidentiel-tertiaire, données PPI Chaleur 2009-2020 MEEDDMDGEC

Dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, la France s’est fixé l’objectif d’augmenter de 20 millions de tonnes équivalent-pétrole (Mtep) sa production d’énergies renouvelables, à l’horizon 2020 (à titre de comparaison, la consommation annuelle totale d’énergie en France est de l’ordre de 160 Mtep). Les énergies renouvelables devront ainsi représenter 23% de la production énergétique nationale.
La moitié de ces 20 Mtep devront provenir de la production de chaleur.

Réseaux de chaleur : un levier pour mobiliser les énergies renouvelables

Les réseaux de chaleur (ou chauffages urbains) ont un rôle essentiel à jouer pour atteindre les objectifs de développement de la chaleur renouvelable.
Ces réseaux sont l’expression de la volonté d’une collectivité territoriale de se saisir de l’ensemble des enjeux liés à l’énergie et donc en particulier de ceux qui sont liés à l’usage, à la distribution et à la production de chaleur.
Techniquement, ils permettent d’utiliser des énergies renouvelables difficiles d’accès ou d’exploitation telles que la biomasse sous toutes ses formes, la géothermie profonde et l’incinération des déchets. En outre, compte tenu d’une production centralisée, les réseaux de chaleur permettent de mieux contrôler les émissions polluantes, notamment en cas de combustion de biomasse.
Par ailleurs, en zone urbaine dense où l’habitat est essentiellement collectif, les aménagements individuels tels que l’installation de chauffage au bois, la géothermie superficielle ou encore la pose de panneaux solaires pour la production d’eau chaude sont souvent difficiles, parfois même impossibles.
Les réseaux de chaleur offrent donc un moyen de développer l’utilisation de chaleur renouvelable dans les villes. Ils devront contribuer à l’horizon 2020 au quart de l’effort de production supplémentaire de chaleur renouvelable (+2,5 Mtep).

Place des réseaux de chaleur dans l’augmentation des énergies renouvelable à l’horizon 2020 (en Mtep)

Données sources : PPI Chaleur 2009-2020 – MEEDDM/DGEC

Situation actuelle, situation cible

Aujourd’hui, les 450 réseaux de chaleur qui existent en France desservent environ 2 millions d’équivalents logements, soit un taux de raccordement d’environ 5 à 6%. D’autres pays européens utilisent davantage les réseaux de chaleur : ce taux est par exemple de 75% en Suède et 60% au Danemark ; il est de 14% en Allemagne.

Les réseaux de chaleur français représentent une production totale d’énergie de l’ordre de 0,5 Mtep, et sont alimentés à 70% par des énergies conventionnelles non renouvelables (principalement gaz naturel, fioul et charbon).
Pour atteindre l’objectif d’accroissement du volume d’énergies renouvelables cité précédemment, il est nécessaire de concilier trois dynamiques :
  • l’augmentation du nombre de logements, entreprises et sites publics raccordés à des réseaux de chaleur
  • l’augmentation de la part d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique alimentant les réseaux de chaleur
  • la diminution globale des besoins de chauffage des bâtiments, suite aux réhabilitations thermiques dans l’existant et, à partir de 2012, la construction obligatoire de bâtiments à basse consommation
Les objectifs opérationnels suivants ont ainsi été fixés, à l’horizon 2020 :
  • triplement du nombre de raccordements à des réseaux de chaleur
  • 76% de la chaleur distribuée par les réseaux de chaleur produite à partir d’énergies renouvelables

Source : www.developpement-durable.gouv.fr du 2 juin 2010