Chiffres d’un projet de méthanisation à la ferme en France

Parc à bétail, photo Frédéric Douard

Principales caractéristiques de l’unité
Substrats entrant

  • 7 000 m3 par an dont : 5 000 m3 de déjections animales,
  • 1 500 m3 de résidus de cultures,
  • 500 m3 de déchets industriel

Moteur de cogénération de 110 kWe, qui permet de produire

  • 880 MWh d’électricité par an (soit la consommation de 290 foyers),
  • 1 000 MWh de chaleur.

Montage financier

  • Investissement total : 830 000 €
  • Scénario de référence : 110 000 €
  • Bénéfice du projet par rapport au scénario de référence sur les 5 premières années de fonctionnement : 197 000 €

Aide publique maximale :

  • Assiette de l’aide (après déduction du scénario de référence et des bénéfices des 5 premières années d’exploitation) = 523 000 €
  • Aide publique maximale (80 % de l’assiette) = 419 000 €, soit 50 % de l’investissement total.
  • Cette aide permet d’atteindre un temps de retour brut de 6 ans.

Taux d’aides publiques (encadrement communautaire)

  • Selon les lignes directrices concernant les aides d’Etat à la protection de l’environnement du
    1er avril 2008, le montant de l’aide publique peut monter jusqu’à 80% de l’assiette.
  • L’assiette est calculée selon le modèle :
    Assiette de l’aide = dépenses éligibles – coût du scénario de référence – bénéfices du projet
    par rapport au scénario de référence sur les 5 premières années d’exploitation
  • Le coût du scénario de référence correspond aux coûts du moteur de cogénération et du
    raccordement électrique.
  • Les aides sont versées par l’ADEME, et éventuellement par d’autres partenaires financiers
    publics.
  • Les taux d’aides publiques maximaux correspondent, selon la nature des projets, à une
    fourchette de 40 à 60 % des investissements.
  • Ces aides seront calculées de façon à permettre un temps de retour brut de 6 ans.
  • Le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer envisage
    actuellement une réévaluation à la hausse du tarif d’achat de l’électricité issue de la
    valorisation de biogaz. Dans ce cas, le montant total des aides nécessaires pour atteindre
    un temps de retour brut de 6 ans serait inférieur aux taux actuels.

Impact de la méthanisation sur la pression azotée :

La méthanisation ne diminue pas la quantité d’azote total contenu dans les déjections
animales. Cependant le digestat obtenu a un azote plus disponible pour les plantes que les
lisiers et fumiers bruts. Ainsi, la méthanisation peut contribuer à diminuer les quantités d’azote épandues (et donc les fuites dans les cours d’eau) par trois mécanismes :

  • Pour satisfaire aux besoins en azote d’un champ, la quantité de digestat qui doit être épandue est inférieure à la quantité de déjections animales brutes. Ainsi la fertilisation d’un ha de prairie (besoin de 100 kg d’azote disponible) par du digestat plutôt que par des déjections animales brutes permet de diminuer de 70 kg l’apport d’azote (car il ne faut épandre que 29 tonnes de digestat par hectare, au lieu de 45 tonnes de déjections brutes)
  • Le digestat produit peut se substituer aux engrais minéraux plus facilement que des déjections animales, et donc diminuer la quantité d’azote épandue sur le bassin versant. Ainsi dans l’exemple donné l’épandage de digestat permettrait d’éviter l’épandage de 12 000 kg d’azote sous forme d’ammonitrate, ce qui correspond à la fertilisation moyenne de 120 ha de prairie.
  • L’utilisation d’une partie de la chaleur issue de la valorisation du biogaz permet de sécher et d’exporter du digestat en dehors du bassin versant, contribuant à diminuer la quantité totale d’azote sur ce bassin versant

Source : ADEME Bretagne, 2010